Je fais partie de ceux qui trouvent que Klaus Kinski est un acteur vraiment fascinant à observer. Aussi bleu que fou, son propre regard transperce l'écran et le rend crédible dans les rôles les plus étonnants. Celui de Cobra Verde, par exemple, ce titre reprenant en fait le surnom d'un éleveur brésilien du 19ème siècle. Un adepte de la traite négrière !
Peu avant 1800, Francisco Félix De Souza (Manoel Da Silva, dans le film) quitte son ranch du Nordeste, la météo ayant décimé son troupeau. Faute de mieux, il devient bandit, puis orpailleur, et enfin intendant pour le compte du propriétaire d'une exploitation de cannes à sucre. Cette fonction, il ne l'occupe que quelques mois, le temps de coucher avec les trois filles - adolescentes ! - de son patron, déterminé à sévir...
On trouve alors un "arrangement": l'importun est envoyé au Dahomey. Dans ce pays qu'on appelle désormais Bénin, il pactise avec le roi local afin d'échanger quelques armes à feu et d'autres produits d'importation contre des centaines d'hommes et de femmes en âge de travailler (dur). Lesquels seront donc mis à disposition des cultivateurs sud-américains. Que dire ? Ce film n'est peut-être bien qu'une représentation partiale des faits historiques, mais c'est aussi une véritable plongée dans l'abîme coloniale. En Afrique, Francisco découvre que plusieurs potentats locaux s'opposent et, menaçants, le contraignent de facto à choisir un camp. Conséquence: Cobra Verde marque la naissance d'un chef militaire. D'énormes moyens humains sont déployés dans des décors gigantesques qui nous embarquent dans une grande aventure entre hommes violents. Cela dit, vous verrez que les femmes n'en sont pas tout à fait exclues. La guerre en ferait presque même... des combattants comme les autres.
Cobra Verde
Film allemand et ghanéen de Werner Herzog / 1987
Le nom du réalisateur donne une idée de la démesure de ce projet cinématographique, où j'avoue m'être un peu perdu de prime abord. L'esclavage n'y est pas abordé comme dans Furcy né libre, ce beau film dont j'ai parlé il y a quelques semaines, mais sa brutalité extrême apparaît très banale pour la plupart des protagonistes. C'en est glaçant ! Et la fin, pathétique, renverse presque celle de Ni chaînes ni maîtres...
----------
Vous n'avez peut-être pas tout vu...
C'est le septième film de Werner Herzog que j'évoque sur les Bobines. Klaus Kinski en a tourné cinq sous la direction de son compatriote :
► Aguirre, la colère de Dieu (1972),
► Nosferatu, fantôme de la nuit (1979),
► Woyzeck (1979),
► Fitzcarraldo (1982),
► ... et donc Cobra Verde (1987).
En prime, le réalisateur fait aussi écho à leur intense relation de travail dans un documentaire : Ennemis intimes (1999). J'espère le voir aussi...
Peu avant 1800, Francisco Félix De Souza (Manoel Da Silva, dans le film) quitte son ranch du Nordeste, la météo ayant décimé son troupeau. Faute de mieux, il devient bandit, puis orpailleur, et enfin intendant pour le compte du propriétaire d'une exploitation de cannes à sucre. Cette fonction, il ne l'occupe que quelques mois, le temps de coucher avec les trois filles - adolescentes ! - de son patron, déterminé à sévir...
On trouve alors un "arrangement": l'importun est envoyé au Dahomey. Dans ce pays qu'on appelle désormais Bénin, il pactise avec le roi local afin d'échanger quelques armes à feu et d'autres produits d'importation contre des centaines d'hommes et de femmes en âge de travailler (dur). Lesquels seront donc mis à disposition des cultivateurs sud-américains. Que dire ? Ce film n'est peut-être bien qu'une représentation partiale des faits historiques, mais c'est aussi une véritable plongée dans l'abîme coloniale. En Afrique, Francisco découvre que plusieurs potentats locaux s'opposent et, menaçants, le contraignent de facto à choisir un camp. Conséquence: Cobra Verde marque la naissance d'un chef militaire. D'énormes moyens humains sont déployés dans des décors gigantesques qui nous embarquent dans une grande aventure entre hommes violents. Cela dit, vous verrez que les femmes n'en sont pas tout à fait exclues. La guerre en ferait presque même... des combattants comme les autres.
Cobra Verde
Film allemand et ghanéen de Werner Herzog / 1987
Le nom du réalisateur donne une idée de la démesure de ce projet cinématographique, où j'avoue m'être un peu perdu de prime abord. L'esclavage n'y est pas abordé comme dans Furcy né libre, ce beau film dont j'ai parlé il y a quelques semaines, mais sa brutalité extrême apparaît très banale pour la plupart des protagonistes. C'en est glaçant ! Et la fin, pathétique, renverse presque celle de Ni chaînes ni maîtres...
----------
Vous n'avez peut-être pas tout vu...
C'est le septième film de Werner Herzog que j'évoque sur les Bobines. Klaus Kinski en a tourné cinq sous la direction de son compatriote :
► Aguirre, la colère de Dieu (1972),
► Nosferatu, fantôme de la nuit (1979),
► Woyzeck (1979),
► Fitzcarraldo (1982),
► ... et donc Cobra Verde (1987).
En prime, le réalisateur fait aussi écho à leur intense relation de travail dans un documentaire : Ennemis intimes (1999). J'espère le voir aussi...

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire