La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen le dit clairement dans son article 1: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits". Signée en 1789, de quels hommes parle-t-elle, au juste ? C'est l'une des questions que soulève un film récent: Furcy né libre. L'histoire d'un homme qui, au 19ème siècle, a combattu pour ses droits !
1817. Après la mort de sa mère, ledit Furcy découvre des documents officiels qui établissent qu'ancienne esclave, elle avait été affranchie depuis longtemps. Son fils serait dès lors, lui aussi, un homme libre. C'est bien d'ailleurs ce que lui confirme le tribunal qu'il a lui-même saisi pour faire entendre raison à son soi-disant propriétaire, Joseph Lory, riche propriétaire terrien sur l'Île de la Réunion (alors appelée Bourbon). Débouté, ce vil personnage fait cependant appel, ce qui conduit Furcy en prison, avant le jugement, pour avoir fui la propriété de son maître. Il sera rapidement déporté à Maurice pour travailler dans l'exploitation de cannes à sucre d'autres membres de la très influente famille Lory. Cette destinée, Furcy né libre la raconte en prenant d'emblée le parti de la victime, qui ne devra qu'à sa colère et à son acharnement à vivre de voir enfin, presque trente ans plus tard, son droit à être libre pleinement reconnu. Le propos du film est sans aucun doute politique. Je vous confirme que le scénario oublie certains aspects de la réalité historique et s'autorise quelques entorses. Un problème ? À vous de voir.
1817. Après la mort de sa mère, ledit Furcy découvre des documents officiels qui établissent qu'ancienne esclave, elle avait été affranchie depuis longtemps. Son fils serait dès lors, lui aussi, un homme libre. C'est bien d'ailleurs ce que lui confirme le tribunal qu'il a lui-même saisi pour faire entendre raison à son soi-disant propriétaire, Joseph Lory, riche propriétaire terrien sur l'Île de la Réunion (alors appelée Bourbon). Débouté, ce vil personnage fait cependant appel, ce qui conduit Furcy en prison, avant le jugement, pour avoir fui la propriété de son maître. Il sera rapidement déporté à Maurice pour travailler dans l'exploitation de cannes à sucre d'autres membres de la très influente famille Lory. Cette destinée, Furcy né libre la raconte en prenant d'emblée le parti de la victime, qui ne devra qu'à sa colère et à son acharnement à vivre de voir enfin, presque trente ans plus tard, son droit à être libre pleinement reconnu. Le propos du film est sans aucun doute politique. Je vous confirme que le scénario oublie certains aspects de la réalité historique et s'autorise quelques entorses. Un problème ? À vous de voir.
Tout dépend en fait de ce que vous attendez d'un tel long-métrage. Documenté, celui-ci est assez complexe pour ne pas être qualifié d'outil de propagande - ce que j'ai toutefois pu lire sous une autre chronique. J'y vois plutôt le constat édifiant que la France, souvent présentée comme le pays des Lumières, peut également être abordée par sa face sombre et voir alors son grand prestige non pas effacé, mais amoindri. Vous jugerez (et me rétorquerez peut-être) que c'est une pure évidence qu'il n'est pas nécessaire de rappeler, fut-ce dans les salles de cinéma. Pour ma part, je pense précisément... le contraire: le septième art reste un formidable vecteur de diffusion de la connaissance du monde. Furcy né libre a beaucoup d'atouts pour lui: c'est un film à l'esthétique irréprochable, bien écrit et très bien interprété. Je tiens à souligner que Makita Samba excelle en tête d'affiche, jusque dans ses silences. Vous le trouverez bien entouré, avec des visages connus: Ana Girardot, Romain Duris, Vincent Macaigne, Philippe Torreton... et j'en passe. C'était mon premier film français au cinéma en 2026: un très bon choix !
Furcy né libre
Film français d'Abd Al Malik / 2026
Je vous laisse vous dépatouiller avec les nombreuses sources historiques pour évaluer le degré précis de véracité de cet opus, également promu comme l'adaptation libre de L'affaire de l'esclave Furcy, une biographie de Mohammed Aïssaoui (Gallimard - 2010). Je reviendrai sur l'esclavage avec d'autres films et, sans délai, vous conseille Ni chaînes ni maîtres. Côté asservissement militaire, Rebelle met lui aussi une grande claque !
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Un dernier mot sur la musique...
Également rappeur, le réalisateur du film a su porter une attention particulière à sa bande-originale. Un chant réunionnais de Danyel Waro ouvre le long-métrage, tandis qu'un long flow le termine. L'occasion idéale de rester assis et jusqu'à la toute dernière seconde du générique.
Et qu'en est-il de l'accueil sur la blogosphère ?
Pour le savoir, je vous laisse consulter - au moins ! - le blog de Pascale.


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