lundi 9 octobre 2017

Cécile deux fois

Sa présence à l'écran ne suffit pas toujours à m'attirer vers un film. C'est un fait, pourtant: je suis souvent ravi de voir Cécile de France. Celle qu'on appelle parfois la plus française des actrices belges pétille d'après moi d'une énergie peu commune, qui en fait une comédienne sympa dans la (jolie) peau d'une fille ordinaire. La preuve par deux...

La belle saison
Film français de Catherine Corsini (2015)
Ce premier long-métrage nous propose de retourner dans la France des années 70. Delphine (Izïa Higelin) est une fille de la campagne restée vivre chez ses parents, sans mari ni enfant. Pour s'émanciper un peu de ce carcan trop serré, elle file faire des études à Paris. Bientôt, elle y rencontre Carole (Cécile de France, oui !), militante active des droits de la femme... dont elle tombe vite amoureuse. Peut-être parce qu'il y a une femme derrière la caméra, ce film relativement académique se montre assez subtil pour qu'on s'attache aux personnages. L'arrière-plan n'est pas négligé, mais tout est sage. Homosexualité exceptée, on est plus près de Mademoiselle Chambon que de La vie d'Adèle. Cela dit, le tout est loin de m'avoir déplu. "Bonus" appréciable: les présences de Noémie Lvovsky et Kévin Azaïs.

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Vous voulez d'autres avis ?
Je vous renvoie très volontiers vers les blogs de Pascale et Dasola.

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Quand j'étais chanteur
Film français de Xavier Giannoli (2006)
Je l'indique d'emblée: j'ai pris plaisir à remonter le temps pour revoir ce long-métrage que j'avais découvert en salles, à l'époque. L'histoire est plutôt ordinaire: Marion, agent immobilier et jeune maman célibataire, fait la connaissance d'Alain, chanteur - un peu has been - des cabarets de province et des bals populaires. Elle trouve sa drague un peu lourdingue, mais couche pourtant avec lui dès le premier soir. C'est la rencontre de deux solitudes que nous sommes invités à voir avec ce récit pudique, d'une belle sensibilité. Cécile de France délivre une prestation solide, entre confiance apparente et désarroi profond. Gérard Depardieu est à l'unisson: leur couple improbable fonctionne ! L'occasion aussi de réentendre les standards de la chanson française des années 60/70, sur une note plus mélancolique qu'avec Podium... 

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Là aussi, vous voulez d'autres avis ?
Pascale pourra encore répondre à cette attente, de même que Lui.

dimanche 8 octobre 2017

Un regard sur la Corse

Autant vous le signaler tout de suite: je ne connais pas grand-chose aux histoires corses. D'ailleurs, je ne suis même jamais allé sur l'île ! En ouverture de la saison de mon association, j'ai vu Une vie violente sans vraiment savoir à quoi m'en tenir, même si ce titre apporte déjà une idée sur le scénario. Idée que j'ai confrontée à la vérité du film...

Pour nous parler des guerres de gangs qui ont sévi en Corse à la fin des années 1990 et au début des années 2000, Une vie violente choisit de nous placer aux côtés d'un jeune homme de bonne famille. D'allure assez banale, ce dernier a interrompu des études supérieures sur le Continent. Pour rendre service à un ami, il a transporté un sac d'armes, ce qui l'a rapidement conduit en prison. Sensibilisé aux idées indépendantistes pendant son séjour sous les verrous, il est devenu un leader influent après sa sortie, avec les risques que cela comporte pour sa propre existence ou celle de ses proches. Vous serez gentils de vous renseigner pour séparer la pure fiction et la réalité possible...

Ce que je sais, c'est que le film s'inspire pour partie de personnages historiques. Faut-il le considérer comme un témoignage ? Pas certain. Le réalisateur, lui-même corse, revendique ouvertement l'importance que revêt pour lui le fait d'évoquer l'histoire de l'île. Avec des amis actifs dans d'autres disciplines, il juge même "nécessaire" de raconter ce qui le trouble, le choque, le terrifie, le révolte. "J'essaye de le faire avec le cinéma auquel je crois", a-t-il expliqué, parlant de "dignité cinématographique". Une vie violente raconte "ce qui (le) hante". Cela n'aura comblé qu'une petite partie de mes lacunes insulaires. Seul notre débat d'après-projection m'aura au fond permis d'apprendre qu'au-delà de sa stricte volonté d'indépendance, le maquis corse restait à l'époque divisé quant à l'idéologie politique sous-jacente. C'est surtout pour la qualité du "spectacle" que j'ai apprécié ce film complexe. Un habile montage le coupe de toute dérive vers l'outrance.

Une vie violente
Film français de Thierry de Peretti (2017)

Certains sont allés chercher Le parrain comme point de comparaison possible. Mouais... un lien avec Chouf me paraîtrait plus pertinent. Thierry de Peretti, lui, se reconnaît en Lav Diaz, Brillante Mendoza, Edward Yang, Hou Hsiao-hsien ou Navad Lapid. Bonnes références ! La suite ? Mystère. Après ce film et Les apaches, son tout premier sorti en 2013, il voudrait, dit-on, dépasser le sujet de l'identité corse.

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Pas sûr que ce second long-métrage le lui permette...
Je vous encourage toutefois à lire l'opinion (très mitigée) de Pascale.

vendredi 6 octobre 2017

Et la parole fut...

C'est décidé: pour un temps au moins, mes chroniques du 6 du mois seront consacrées à la grande histoire du cinéma. L'idée est de fêter des anniversaires "ronds". Aujourd'hui, j'ai de la chance: j'arrive pile sur une date décisive, celle des 90 ans du film Le chanteur de jazz...

Le 6 octobre 1927, sans forcément s'en rendre compte, Alan Crosland révolutionne l'art du cinéma... par la parole ! Son film est considéré aujourd'hui comme le premier long-métrage parlant. J'en reparlerai probablement un jour, mais avant cela, j'ai découvert que le trait était un peu forcé: sonore, Le chanteur de jazz demeure entrecoupé de cartons de dialogues... dans la plus pure tradition du cinéma muet.

N'empêche ! Al Jonson, l'acteur principal, entonne quelques chansons et une partie de son texte est parlé, même si la séquence en question s'avère très courte - la technologie restant bien entendu fort éloignée des procédés auxquels nous sommes désormais plus qu'habitués. Malgré tout, comme la suite le prouve, le parlant prend vite le dessus. Ce qui ne se fait d'ailleurs pas sans effet secondaire pour l'industrie...

Les tous nouveaux instruments exigent évidemment des techniciens compétents pour les utiliser. Les cinéastes eux-mêmes sont obligés d'adapter leurs méthodes, pour éviter l'apparition soudaine d'objets incongrus dans l'axe de leur caméra ! il faudra aussi que je me décide à vous parler de ces actrices et acteurs professionnels que cet aspect du progrès a laissés sur le carreau. Le cinéma est parfois très cruel...

Bref... bien qu'il ne soit pas un film-culte, Le chanteur de jazz a su traverser les époques et constitue un tournant de l'histoire du cinéma. Sa ligne de texte figure de ce fait parmi les 100 meilleures répliques du septième art américain, telles qu'elles ont été définies par un jury de 1.500 personnes, réunies à l'initiative de l'American Film Institute. Gravée à jamais, vous pourrez donc l'y trouver, à la 71ème position...

Si j'étais à votre place, je ne jetterai assurément pas le cinéma muet aux orties sous prétexte de "non-modernité". Le seul fait qu'un artiste de la trempe de Charlie Chaplin ait fait le choix de rester sans voix longtemps après l'apparition du parlant permet d'apprécier les deux. Finalement, il est regrettable qu'ils n'aient pu (ou plutôt su) coexister. Mes connaissances, encore très limitées, alimentent ma curiosité spontanée à l'égard des très vieux films et me donnent une occasion de rappeler que le septième art n'est public que depuis la fin de 1895. Ce n'est certes pas son seul fondement, mais cette nouvelle rubrique historique me permettra sûrement de revenir au cinéma des origines.

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En attendant, je suis curieux de votre point de vue...

Avez-vous vu Le chanteur de jazz ? Si oui, l'avez vous apprécié ? Comment jugez-vous les vieux films de ce genre ? Vos commentaires érudits et/ou profanes m’inspireront peut-être d'autres chroniques...

mercredi 4 octobre 2017

Derniers chemins

Vous le connaissez sûrement: un proverbe affirme que les voyages forment la jeunesse. J'ignore si son équivalent existe dans la langue brésilienne, mais l'adage illustre parfaitement le propos d'un beau film apparu récemment sur les écrans de France: Gabriel et la montagne. Un long-métrage brésilien, donc, mais qui nous emmène en Afrique...

Pour que vous compreniez, il faut d'abord que je vous dise deux mots sur le vrai Gabriel Buchmann. Admis dans une prestigieuse université américaine, ce jeune Brésilien s'était décidé, en 2008 ou 2009, à faire d'abord un tour du monde pour observer la pauvreté du plus près possible. Passé en Asie et notamment en Inde, il était déjà parti depuis dix mois et avait presque terminé son périple quand son corps sans vie fut retrouvé sur les flancs du Sapitwa, une haute montagne du Malawi. Au mépris du danger et bien que prévenu par son guide des risques encourus, il avait essayé d'en atteindre le sommet, seul. Rassurez-vous, je n'ai rien trahi ! Je n'ai parlé que du début du film...

Après cinq minutes d'une belle introduction, Gabriel et la montagne n'est au fond qu'un flashback sur les derniers jours d'un homme déterminé. On le découvre d'abord bien intégré au sein d'une famille kényane, désireux de se fondre parmi les Maasaï. Un peu "extrême" peut-être compte tenu de son intensité, cette volonté rend Gabriel sympathique, malgré tout, a fortiori quand, tout sourire, il prend acte des grosses différences culturelles qui existent entre ses hôtes et lui. Pour schématiser, j'ai presque envie de dire que, sur le continent noir, il est alors un digne ambassadeur des Blancs. Le long-métrage tiendra toujours à nous le présenter ainsi, à la fois humble et fasciné.

Cela étant, le scénario connaîtra ici et là quelques petites inflexions. Pas question de tout vous raconter, mais vous le constaterez sûrement: programmées à l'avance, les retrouvailles du personnage avec sa petite amie brésilienne, venue passer quelques jours avec lui pour des vacances, jetteront un léger voile sur sa philanthropie supposée. Deux ou trois scènes un peu tendues dévoileront un pan ambigu de sa démarche: lui qui se faisait fort de ne surtout pas agir comme un vulgaire touriste aura pourtant une attitude d'enfant gâté quand il affrontera des déceptions et d'autres imprévus frustrants. Bon... Gabriel et la montagne n'est pas néo-colonialiste pour autant !

Contrairement à ce que j'ai pu lire dans une critique, je crois même que le réalisateur est sincère quand il dit qu'il a accompli ce travail pour rendre hommage à un vieil ami trop tôt disparu. J'ai été sensible au fait que, ce faisant, il nous offre des images d'Afrique rarissimes dans le cinéma "occidental", du Kenya au Malawi, donc, en passant aussi par la Tanzanie et la Zambie. Autre caractéristique remarquable de cet épatant long-métrage: la plupart des acteurs... n'en sont pas. À l'écran et en voix off, on découvre ainsi les hommes et les femmes que Gabriel Buchmann a côtoyés et que la production a retrouvés ! Les images qui défilent sous nos yeux n'en sont que plus touchantes...

Gabriel et la montagne
Film brésilien de Fellipe Barbosa (2017)
Pour info, le film est arrivé jusqu'en France en étant diffusé d'abord lors de la Semaine de la critique du dernier Festival de Cannes. Beaucoup l'ont comparé à Into the wild. Hum... je nuance en relevant que Gabriel n'a pas l'intention de se couper du monde. Au contraire ! Reste qu'il fait effectivement une sacrée rencontre avec la nature. Envie d'une expédition qui finit bien ? Tracks devrait vous convenir...

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Une précision...

Je trouve que les photos ne rendent pas compte de la beauté du film.

Et pour un autre regard sur cette "aventure"...
Je vous conseille d'aller lire aussi les chroniques de Pascale et Strum.

mardi 3 octobre 2017

Benoît dédoublé

Il y a un petit mois, je vous ai parlé de mon idée de présenter parfois des films groupés en diptyques "thématiques". Vous vous souvenez ? Je vous en propose un aujourd'hui, consacré à Benoît Poelvoorde. L'occasion de retrouver l'acteur belge dans un long-métrage sorti récemment, mais aussi de revenir sur l'un de ses rôles déjà anciens...

7 jours pas plus
Film français de Héctor Cabello Reyes (2017)

Pas besoin de se poser mille questions sur le scénario: cette sortie récente est un remake d'un film argentin, El Chino. Du coup, l'histoire est la même: un quincailler, vieux garçon, voit débarquer dans sa vie un jeune sans-papiers indien à la recherche de son oncle expatrié. Notre époque difficile aurait pu en faire le prétexte à un drame social profond, voire à une oeuvre politique forte sur le sort des migrants. Rien de tel ici: nous restons dans le registre de la gentille comédie familiale, où les bons sentiments finissent toujours par l'emporter. Poelvoorde fait son numéro habituel, aux côtés d'une Alexandra Lamy guillerette et de la révélation Pitobash Tripathy dans son premier film français ! Bien sûr, c'est très prévisible et sans conséquence aucune. Trop naïf pour être vrai, certes, mais il n'est pas interdit de sourire...

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Une petite précision pour les fans...

Vous trouverez également une mention du film sur le blog de Dasola.

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Les deux mondes
Film français de Daniel Cohen (2007)

Comédie toujours, mais dans un autre registre. Poelvoorde y incarne un restaurateur d'oeuvres d'art, dépourvu de tout sens des affaires. Le grain de sable scénaristique vient cette fois d'une idée originale vraiment farfelue: un jour, notre héros est aspiré par son canapé (!) et se trouve propulsé dans un monde étrange. Là, d'autres hommes d'apparence primitive le prennent pour leur dieu. Du coup, le bougre acquiert un grand pouvoir, mais également... la lourde responsabilité de libérer son peuple de la menace que constitue un être malfaisant du voisinage (joué par Augustin Legrand, l'enfant de Don Quichotte). S'ensuivront diverses péripéties, dans la "vraie vie" ou la dimension parallèle. Tout cela n'est évidemment pas sérieux, mais on s'en fiche un peu: en le prenant au 36ème degré, le film reste très "acceptable".

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Et pour les fans toujours...

J'ai retrouvé une ancienne chronique du film du côté de chez Pascale.

lundi 2 octobre 2017

Voleur malgré lui

Le précédent ne sortira en France qu'en janvier prochain: à 81 ans sonnés et révolus, Woody Allen prépare actuellement son 48ème film ! Je continue d'explorer sa filmographie dans le désordre et me suis arrêté dernièrement sur Le sortilège du scorpion de jade. Il y tient encore le rôle principal, aux côtés de Charlize Theron et Helen Hunt...

Cette fois, comme il le fait de temps à autre, le petit binoclard entraîne son monde dans le passé, direction les années 40. L'Amérique n'étant pas encore entrée en guerre, Hitler et Mussolini servent juste - une fois chacun - d'exemple pour définir le caractère féminin. Bref... tout ça pour dire que Woody joue les experts d'assurance, spécialistes des enquêtes pour démasquer les fraudes ! L'arrivée d'une nouvelle directrice à la tête de sa compagnie sème soudain le chaos au coeur d'une vie rangée, beaucoup trop ordinaire. L'irruption d'un mage hypnotiseur n'arrangera rien: l'homme honnête deviendra voleur, ce qui nous conduira à quelques autres péripéties...

Surprise: Allen est très dur avec Le sortilège du scorpion de jade. D'après lui, ce serait "un travail de sagouin". Et il va même plus loin ! "Le plus humiliant, c'est que j'y suis moi-même très mauvais. Ce film est une catastrophe dont je suis entièrement responsable", juge-t-il. Qu'il me soit permis d'affirmer que je ne suis pas d'accord: j'ai vu d'autres productions plus inspirées, mais celle-là n'est pas honteuse. Elle est classique et sans surprise, c'est vrai, et je ne vois pas comment vous pourriez donc vous réconcilier avec l'acteur-réalisateur new-yorkais si vous êtes fâchés avec lui. Ce n'est pas le cas ? Parfait ! Quelque chose me dit que le film pourrait vous offrir un moment sympa. Encore une fois, ce n'est pas le plus original, mais la recette fonctionne. Et il n'est certes pas interdit d'en rire, encore et encore...

Le sortilège du scorpion de jade
Film américain de Woody Allen (2001)

J'ai parlé de ces dames, mais les nostalgiques des frères Blues noteront aussi que Dan Aykroyd joue ici un rôle important. Je reviens sur l'idée que ce n'est pas le meilleur opus allenien, mais je maintiens que cela reste un divertissement tout à fait acceptable à mes yeux. Peut-être pas à la hauteur d'un classique comme Manhattan, d'accord. Mais pas si loin de Maudite Aphrodite, voire de Comédie érotique...

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Un dernier mot pour les inconditionnels...

Le film fait également l'objet d'une chronique de "L'oeil sur l'écran".

19h30... une petite modification tardive...
J'avais initialement évoqué "Le sortilège du serpent de jade". Personne n'a relevé. Correction faite, le film retrouve le bon animal !

samedi 30 septembre 2017

Movie Challenge - Étape 3

J'en ai parlé pour la première fois fin janvier. J'ai ensuite joué le jeu jusqu'à proposer deux bilans intermédiaires, le 31 mars et le 30 juin. Pour l'heure, je n'ai pas encore terminé le Movie Challenge, ce défi ludiquo-cinématographique initié par Tina et son amie Lily. Je crois qu'il me faudra être rusé pour en venir à bout dans le délai imparti...

À toutes fins utiles, je vous laisse relire mes premières explications. Voici la liste des objectifs que j'ai atteints lors du trimestre écoulé...
14. Un film que j'aime bien secrètement,
Cible émouvante

17. Un film engagé,
120 battements par minute

20. Un film qui m'a fait pleurer de rire,
A serious man

21. Un film d'un réalisateur que j'adore,
Ce qui nous lie

28. Un film ayant obtenu un Oscar,
Twenty feet from stardom

33. Un film avec un mariage,
Ava

36. Un film que je veux voir depuis des années sans occasion,
Jeux dangereux

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Voici également l'ensemble des dernières cases que je dois cocher...
4. Un film sorti l'année de mes dix ans,
5. Un film avec un acteur ou une actrice que je déteste,
7. Un film qui se passe dans le milieu sportif,
8. Un film de procès,

13. Un film qui a marqué mon enfance ou mon adolescence,
19. Un film qui m'a fait pleurer,
26. Un film que mon père adore,
40. Un film qui n'est pas sorti en salles en France.

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Et maintenant ?
Je ne le touche pas encore, mais je vois le bout de ce long tunnel cinéphile. Mieux, j'ai quelques petites idées pour boucher les trous ! Promis, comme je l'avais déjà annoncé, je publierai ma liste complète dès que j'aurai terminé. Je mise une fois de plus sur votre patience...

jeudi 28 septembre 2017

Fiers et déterminés

Vous en avez sans doute entendu parler: lui-même ancien militant d'Act Up, Robin Campillo évoque ses souvenirs dans 120 battements par minute. Ce très bon travail n'est pas exactement la biographie filmée de certains de ses ex-compagnons de lutte, mais il s'inspire clairement d'hommes et de femmes "réels". En changeant les noms...

Une précision pour celles et ceux d'entre vous qui l'ignoreraient encore ou auraient pu l'oublier: émanation associative de la communauté homosexuelle, créée à la toute fin des années 80, Act Up vise à faire entendre la parole des personnes séropositives dans la sphère publique, au-delà des cabinets médicaux. Pour cela, ses membres décident ensemble d'actions à mener, très souvent spectaculaires. D'ailleurs, dès le début de 120 battements..., la caméra s'infiltre dans les coulisses de l'une des nombreuses opérations coup-de-poing présentées tout au long du métrage. Mais je voudrais dire également que, comme l'illustre ma première image, le film est empli d'énergie !

Parmi les choses que j'ai appréciées, il y a aussi le fait que le récit s'appuie sur des têtes inconnues. À savoir qu'exceptée Adèle Haenel que vous aurez, je l'espère, reconnue ci-dessus, les comédien(ne)s choisi(e)s ne sont en rien des stars du grand écran ! Je vous rassure tout de suite: ils sont tous très bons, pour ne pas dire excellents. Compte tenu de leur (relatif) anonymat, il est assez facile et naturel de s'identifier à eux, même en étant peu concerné par les méthodes militantes de leurs personnages. 120 battements... est un film bouillonnant, plein d'une vie impossible à canaliser. Le paradoxe apparent n'en est pas un: le Sida tue, mais ces jeunes le combattent !

Leur fierté et leur détermination nous interpellent et nous invitent évidemment à réfléchir au sens à donner à leurs actes, plus encore qu'à leur engagement. Les choses ont pu évoluer dans le bon sens aujourd'hui, mais à l'époque, la maladie était un tabou, au mieux. Frontalement, le film rappelle qu'elle était encore souvent considérée comme "le cancer des homos", expression alors chargée de mépris. L'intelligence de 120 battements... est de nous montrer un collectif soudé, qui ne classe pas ses membres selon leurs préférences sexuelles ou leur statut sérologique, mais les réunit tous à égalité. Politiquement, on peut aussi y voir une petite leçon de démocratie...

Je ne veux pas tout dévoiler, mais vous pouvez sûrement imaginer que, puisqu'il est question de Sida, il est également question de mort. Je vous le confirme: 120 battements... n'élude pas les conséquences de la maladie. Cela dit, bien que très explicite, il ne nous place jamais dans la position du voyeur: c'est l'un de ses grands mérites. Sachez-le par ailleurs: quelques séquences purement contemplatives secouent assez fort - à partir de très belles idées de cinéma, en fait. Petit à petit, le scénario se resserre autour d'un nombre plus restreint de protagonistes, tout en défendant la force du groupe. Une claque qui peut aider à (r)éveiller les consciences et à prolonger le combat...

120 battements par minute
Film français de Robin Campillo (2017)

Je n'ai pas vu Les nuits fauves, le film français culte, qui évoquait franchement le Sida dès le début des années 90. Je me souviens assez vaguement de Philadelphia, qui, en 1993, valut à Tom Hanks le premier de ses deux Oscars consécutifs. D'autres films plus récents sont aussi passés sans que je m'y arrête (pour l'instant, en tout cas). Celui que je viens de présenter mérite bien plus qu'un simple détour ! 

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J'en profite pour avancer dans mon Movie Challenge...
L'objectif n°17 - "Un film engagé" - me semble atteint aujourd'hui.

Et je termine avec deux petits liens extérieurs...
Ils vous relieront aux chroniques (enthousiastes) de Pascale et Tina.

mercredi 27 septembre 2017

Tromper l'ennemi

Ne tergiversons pas: je n'ai que moyennement aimé Jeux dangereux. Depuis le temps que, chez mes amis blogueurs et autres, j'entendais du bien du cinéma d'Ernst Lubitsch, il fallait quand même me lancer ! Une fois ce grand classique dans mon viseur, je ne l'aurais manqué pour rien au monde. Mais oui, je le confesse: il ne m'a pas emballé...

Le scénario nous emmène en Pologne, un peu avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale. L'une des troupes de théâtre locales répète une pièce, dont le personnage principal est Adolf Hitler ! Quand la Wehrmacht envahit Varsovie, les comédiens se retrouvent interdits de spectacle et n'ont d'autre choix que de retenir un texte beaucoup plus consensuel: le Hamlet de Shakespeare. Ils emploieront bientôt leur talent au service de la Résistance: un rebondissement décisif... que je n'ai même pas vu venir, ce qui m'étonne beaucoup. Jeux dangereux: le titre français du long-métrage se  justifie alors. Je suis persuadé que certain(e)s d'entre vous y prendront du plaisir...

En fait, je crois que je suis victime d'un malentendu: j'ai pris le film pour ce qu'il n'est pas. Je m'attendais véritablement à une comédie débridée. Or, si la subtilité est de mise et si quelques séquences prêtent effectivement à sourire, il n'est pas question de gaudriole ! Disons que, derrière une apparence de légèreté, on nous offre plutôt un suspense digne d'un bon roman d'espionnage que des arguments pour rire de la situation. Attention, les ami(e)s: je ne vous dis pas que cela m'a déplu, mais que, faute d'avoir su repérer d'emblée le fil narratif, il est simplement possible que je me sois un peu perdu. Jeux dangereux méritera sans aucun doute une autre chance, un jour ou l'autre. D'ici là, je vous incite à le voir aussi, pour vous en faire une idée plus juste. Et je ne ferme pas la porte à d'autres Lubitsch...

Jeux dangereux
Film américain d'Ernst Lubitsch (1942)

Malgré les réserves que j'ai émises ci-dessus, l'année de sortie du film me fait dire qu'il est important dans l'histoire du cinéma américain. Maintenant, c'est un fait: pour nous parler de résistance de manière détournée, Le dictateur et Casablanca ont toujours ma préférence. Côté français, non sans audace, je veux citer Les visiteurs du soir. Nés des heures sombres, ces films ont gardé une force peu commune.

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Des précisions pour être complet...

1/ Je passe l'étape n°36 du Movie Challenge: "Un film que je veux voir depuis longtemps sans en avoir l'occasion". Et le bout se rapproche...

2/ Jeux dangereux est aussi connu sous son titre originel, emprunté évidemment à la plus célèbre réplique de Hamlet: To be or not to be.

3/ Le film a connu un remake en 1983: une production... Mel Brooks !

4/ "L'oeil sur l'écran" offre à lire une chronique (positive) de l'original.

mardi 26 septembre 2017

Madrid sanglante

Avis aux amatrices et -teurs: la (relative) vitalité du cinéma espagnol contemporain passerait de plus en plus par le polar ! Serait-ce donc pour surfer sur cette vague supposée que ses distributeurs en France n'ont pas traduit le titre de Que Dios nos perdone ? C'est vrai aussi que ce n'est pas non plus la désignation la plus compliquée qui soit...

Bref... pour dire deux mots de l'intrigue, je voudrais d'abord souligner que le film oppose, de manière assez classique, deux flics associés dans leurs enquêtes, mais franchement très différents l'un de l'autre. Javier Alfaro représente la force brute, capable aussi bien de courir derrière un suspect dans des rues bondées que de "péter les plombs" pour une contrariété quelconque. Luis Velarde, lui, paraît travailler selon des méthodes quasi-inverses, avec une patience et une minutie dans la recherche d'indices confinant à la maniaquerie. Sur ce plan précis, Que Dios nos perdone fait preuve d'efficacité, mais demeure d'une originalité discutable. Ce qui résumerait bien mon avis global...

Oui, j'ai passé un bon moment devant ce thriller au goût gaspacho. Effectivement, j'ai bien accroché à son atmosphère à la fois chaude et poisseuse, l'exact opposé de cette soupe froide des plus agréables lors des longues journées d'été. Non, je n'ai pas vraiment été choqué par l'intrigue principale, qui consiste à suivre l'investigation criminelle menée pour retrouver un serial killer et violeur de grands-mères. Beaucoup ont insisté sur un point: Que Dios nos perdone s'inscrit dans la Madrid de 2011, en pleine montée du mouvement des Indignés et alors que le pape Benoît XVI arrive en visite officielle. J'ai trouvé pour ma part que ce contexte intéressant était un peu sous-exploité. Dommage: il aurait pu pimenter encore ce long-métrage très correct. Dans le genre, j'ai bien vu un film réussi... mais pas un chef d'oeuvre.

Que Dios nos perdone
Film espagnol de Rodrigo Sorogoyen (2016)

La référence la plus évidente - et la plus immédiate - pour s'intéresser au renouveau annoncé du thriller espagnol reste La isla minima. Entre les deux films, des différences existent, d'époque et de cadre géographique, mais un aspect glauque les rapproche sensiblement. Tout cela va bien au-delà du Tesis dont je vous ai parlé récemment. Maintenant, si vous avez d'autres (bons) exemples, je suis preneur...

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Vous voulez d'autres avis sur le film ?

C'est possible: vous pourrez en trouver chez Pascale, Dasola et Tina.