lundi 2 octobre 2017

Voleur malgré lui

Le précédent ne sortira en France qu'en janvier prochain: à 81 ans sonnés et révolus, Woody Allen prépare actuellement son 48ème film ! Je continue d'explorer sa filmographie dans le désordre et me suis arrêté dernièrement sur Le sortilège du scorpion de jade. Il y tient encore le rôle principal, aux côtés de Charlize Theron et Helen Hunt...

Cette fois, comme il le fait de temps à autre, le petit binoclard entraîne son monde dans le passé, direction les années 40. L'Amérique n'étant pas encore entrée en guerre, Hitler et Mussolini servent juste - une fois chacun - d'exemple pour définir le caractère féminin. Bref... tout ça pour dire que Woody joue les experts d'assurance, spécialistes des enquêtes pour démasquer les fraudes ! L'arrivée d'une nouvelle directrice à la tête de sa compagnie sème soudain le chaos au coeur d'une vie rangée, beaucoup trop ordinaire. L'irruption d'un mage hypnotiseur n'arrangera rien: l'homme honnête deviendra voleur, ce qui nous conduira à quelques autres péripéties...

Surprise: Allen est très dur avec Le sortilège du scorpion de jade. D'après lui, ce serait "un travail de sagouin". Et il va même plus loin ! "Le plus humiliant, c'est que j'y suis moi-même très mauvais. Ce film est une catastrophe dont je suis entièrement responsable", juge-t-il. Qu'il me soit permis d'affirmer que je ne suis pas d'accord: j'ai vu d'autres productions plus inspirées, mais celle-là n'est pas honteuse. Elle est classique et sans surprise, c'est vrai, et je ne vois pas comment vous pourriez donc vous réconcilier avec l'acteur-réalisateur new-yorkais si vous êtes fâchés avec lui. Ce n'est pas le cas ? Parfait ! Quelque chose me dit que le film pourrait vous offrir un moment sympa. Encore une fois, ce n'est pas le plus original, mais la recette fonctionne. Et il n'est certes pas interdit d'en rire, encore et encore...

Le sortilège du scorpion de jade
Film américain de Woody Allen (2001)

J'ai parlé de ces dames, mais les nostalgiques des frères Blues noteront aussi que Dan Aykroyd joue ici un rôle important. Je reviens sur l'idée que ce n'est pas le meilleur opus allenien, mais je maintiens que cela reste un divertissement tout à fait acceptable à mes yeux. Peut-être pas à la hauteur d'un classique comme Manhattan, d'accord. Mais pas si loin de Maudite Aphrodite, voire de Comédie érotique...

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Un dernier mot pour les inconditionnels...

Le film fait également l'objet d'une chronique de "L'oeil sur l'écran".

19h30... une petite modification tardive...
J'avais initialement évoqué "Le sortilège du serpent de jade". Personne n'a relevé. Correction faite, le film retrouve le bon animal !

10 commentaires:

Strum a dit…

J'adore Woody mais je suis de son avis ici : c'est un de ses pires films. Le début des années 2000 (Escrocs mais pas trop, Le sortilège, Hollywood ending) c'est vraiment le creux de sa filmographie.

Chez Sentinelle a dit…

Ah comme c'est drôle ! Je n'ai jamais été une grande fan de Woody Allen (décidément trop bavard pour moi) mais j'ai toujours trouvé ce film très agréable à regarder. A l'époque, il m'avait même réconcilié avec le réalisateur. Bon, depuis, j'en ai vu d'autres que j'ai beaucoup aimés aussi.

Pascale a dit…

Je l'ai vu mais n'en ai strictement aucun souvenir. Il y a toute une série de films de Woody qui s'impriment moins que d'autres. Dont celui ci. Mais Woody reste un de mes réalisateurs favoris.

Martin a dit…

@Strum:

Si tu repasses par là, je serais très curieux de connaître ton avis sur ce point, Strum, mais j'ai l'impression que nous sommes plus sévères avec Woody qu'avec d'autres. Je veux dire par là que ses films "moyens" sont tout de même corrects, même s'ils s'oublient vite. Ils pourraient largement suffire à donner un satisfecit à d'autres réalisateurs moins connus. Non ?

En même temps, Allen fait tellement de films qu'il ne peut pas être au top à chaque fois. Je concède volontiers que celui-là n'est pas le meilleur.

Martin a dit…

@Sentinelle:

Peut-être l'as-tu apprécié justement parce que celui-là n'est pas le plus bavard !

Pour ma part, j'ai de bonnes connaissances alleniennes, mais elles sont somme toute récentes, une dizaine d'années tout au plus. Ce n'est pas dans ce film qu'il se montre le plus paisible, mais je le crois fidèle à certains de ses grands thèmes, traités avec (auto-)dérision pour l'occasion. Pas de quoi rester dans les annales, donc, mais pas non plus de quoi bouder son plaisir.

Martin a dit…

@Pascale:

Effectivement, il n'y a pas grand-chose là-dedans qui soit franchement mémorable sur la durée !
Je comprends très bien que ce ne soit pas ce film qui t'ait laissé le maximum de souvenirs.

Nous sommes d'accord sur le fond. Woody n'est pas l'un de mes réalisateurs favoris, mais je le suis avec constance.

Pascale a dit…

Je viens de de voir avant hier Midnight in Paris qu'on m'avait offert a Noël... j'étais sur un nuage. Du mur du grand Woody avec un étonnant Owen Wilson qu'on attendait pas forcément là.

Pascale a dit…

de de voir = de revoir
a Noël = à Noël
du mur = du pur

Vive la Corée libérée!

Martin a dit…

@Pascale 1:

N'hésite pas, la prochaine fois, à parler d'un film sous sa chronique.

J'ai moi aussi vu et apprécié "Midnight in Paris". Ce n'est pas mon préféré parmi les récents.
Il apporte une touche fantastique sympa, mais j'ai préféré "Magic in the moonlight" et "Café society".

Martin a dit…

@Pascale 2:

Le Coréen aura au moins épargné Owen Wilson... c'est déjà ça !
Et, pour revenir légèrement en arrière, c'est vrai qu'on ne l'aurait pas attendu dans ce registre.