samedi 18 avril 2026

Au secours du Soleil

C'est grâce à Georges Méliès et sept ans seulement après sa naissance que le cinéma nous a permis de faire un premier voyage vers l'espace. Le héros de Projet Dernière Chance, lui, y est chargé d'une mission cruciale: comprendre ce qui fait que le Soleil perd de son intensité énergétique, au point que la vie sur Terre soit menacée à (court) terme.

Détaché de l'apesanteur, le sémillant Ryan Gosling paraît moins sérieux que dans d'autres films en revêtant la combinaison du potentiel sauveur de l'humanité. Il a l'air de bien s'amuser à retranscrire la facette humoristique de son personnage. Il faut bien dire que ce Ryland Grace n'est pas véritablement un astronaute comme les autres: on peut dire qu'il n'est même pas un astronaute... tout court. Ce jeune scientifique donnait des cours quand on est venu le solliciter pour ses connaissances en biologie moléculaire. Or, il est amnésique quand il se réveille soudain après une lonnnnnnngue nuit, arrivé à onze années-lumière de la Terre. Les autres partis avec lui gisent à ses côtés, morts: il se retrouve seul. La suite, je vous conseille de la découvrir au cinéma. Un ami à moi qualifie le film de "pépite" et, sans m'emballer autant, je vous confirme que j'ai passé un très bon moment (NB: le film dure deux heures 36). Projet Dernière Chance est tiré d'un livre d'Andy Weir, un romancier américain né en 1972 et connu comme spécialiste de la science-fiction. Ce que le film nous montre de son univers est très réussi dans ce genre !

Sachez-le: je pars du principe que le mieux est de ne pas en révéler davantage pour vous laisser quelques surprises lors de la projection. Votre capacité d'émerveillement ne mérite sûrement pas d'être altérée par une quelconque révélation précoce. Bon... l'image choisie ci-dessus suggère toutefois que le propos de Projet Dernière Chance repose aussi sur l'idée de coopération. Je vous assure qu'aucune guerre des mondes n'est au programme et que, dans l'ensemble, le ton du film est positif. D'aucuns l'interpréteront sans doute comme une sorte de plaidoyer écologique inversé pour une planète menacée d'un grand coup de froid. Oui et pourquoi pas, d'ailleurs ? Même le cinéma dit de divertissement peut très bien et légitimement apporter une contribution à ces débats essentiels - il est certain qu'il consomme lui-même beaucoup d'énergie. Franchement, je n'ai pas envie de chercher un second degré de lecture dans ce long-métrage que j'ai d'abord apprécié comme un blockbuster intelligent. Je rejoins même une autre amie qui l'a trouvé "étonnant". Une info d'ordre technique: certaines salles le diffusent au format IMAX.

Projet Dernière Chance
(Project Hail Mary)
Film américain de Phil Lord et Christopher Miller / 2026
Ne pas le prendre trop au sérieux: il est d'abord calibré pour le fun. Cela dit, vous avez bien sûr le droit de préférer (re)voir Ryan Gosling dans l'uniforme de Neil Armstrong, conquérant de la Lune (First man). Je vous avoue que je préfère le détachement du personnage principal de Seul sur Mars - du même auteur au départ. Et je remonte volontiers jusqu'à Spielberg, pour un raccord avec Rencontres du troisième type !

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Pour ne rien négliger...
Je souligne qu'un rôle - important - revient à l'Allemande Sandra Hüller. Il faudra que je reparle de la carrière internationale de cette actrice vue dans Toni Erdmann, La zone d'intérêtAnatomie d'une chute, etc.

Et pour aller plus loin...

Vous pouvez dès à présent (ou à nouveau) lire la chronique de Pascale. Autre option: découvrir celle de Benjamin. Ou, mieux encore, les deux !

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