dimanche 6 décembre 2009

C'était pour rire ?

Initialement, je ne sais plus vraiment ce qui m'a donné envie de voir Man on the moon. Peu importe. Ce que je peux dire, maintenant que c'est fait, c'est que je ne le regrette pas. Jim Carrey a fait d'autres films beaucoup plus connus, mais si vous souhaitez passer un bon moment devant une belle prestation d'acteur, je peux facilement vous recommander celui-là. Il raconte l'histoire (vraie) d'un Américain: Andy Kaufman. Dans les années 70, l'intéressé est repéré dans un spectacle de café-théâtre, pour la manière habile dont il prend le public à contre-pied. Arrivé sur scène dans la peau d'un émigré lituanien, il en ressort après avoir livré une imitation parfaite... d'Elvis Presley ! Le début d'une longue et étrange carrière.

Les plus curieux d'entre vous peuvent visiter la très complète page Wikipedia consacrée à Andy Kaufman. Je vous conseillerai toutefois de voir le film avant, car la plupart des choses que vous y lirez figurent également dans Man on the moon. Ce serait bien dommage de se gâcher le plaisir de découvrir tout ça en images, d'autant qu'encore une fois, l'humoriste américain s'est surtout fait connaître par sa manière inimitable de surprendre ses plus fidèles spectateurs. Il serait toutefois injuste de résumer le long métrage à une enfilade de sketches. C'est bien plus que ça et très clairement une oeuvre beaucoup plus profonde que son thème ne pourrait le laisser supposer. Le tout m'a parfois fait penser à Que le spectacle commence, la Palme d'or du Festival de Cannes 1980, chroniquée ici le 30 octobre l'année dernière. Une vie d'artiste pas toujours drôle.

Une chose est sûre: par la manière dont il a choisi de nous présenter cet incroyable personnage, Milos Forman est parvenu à me toucher. Clin d'oeil historique: après Mozart dans Amadeus, le réalisateur s'intéresse en fait à son deuxième génie mort à 35 ans ! Oui, je crois qu'on peut dire que le talent de Kaufman a quelque chose de génial. Reste une question: à l'image du compositeur autrichien, savait-il l'être ? S'en rendait-il seulement compte ? Ce que j'ai pu lire ici et là tend à laisser penser que non: le véritable Andy affirmait ne pas savoir raconter de blagues et être avant tout capable de manipuler les réactions d'autrui. 25 ans ont passé depuis sa disparition. Canular ultime: d'aucuns suggèrent qu'il n'est pas réellement mort en 1984. Qu'il soit vivant ou pas, dans Man on the moon, Jim Carrey lui rend en tout cas un très bel hommage, en l'incarnant à la quasi-perfection. Voilà indubitablement l'une de mes plus belles découvertes de l'année !

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