Je dois admettre que je suis allé vers ce film à reculons. Je ne sais pas pourquoi, mais le fait est que je ne sentais pas trop Gamblin sur ce coup-là. Breitman, elle, me servait même de repoussoir, un peu plus objectivement, dans la mesure où je m'étais vraiment ennuyé devant L'homme de sa vie, deuxième oeuvre de sa filmographie en tant que réalisatrice. N'étant pas allé au cinéma depuis longtemps, je me suis tout de même laissé convaincre par mes parents qui, eux, souhaitaient visiblement laisser sa chance à ce film français. Ils ont bien fait d'insister: j'ai pris du plaisir à découvrir cette histoire, bien plus que je n'avais imaginé de prime abord. Je l'ai déjà dit: c'est pourtant le récit ordinaire de la vie d'une famille ordinaire. Deux aspects font néanmoins de ce film une oeuvre particulière: les émotions y sont bien mélangées sans être complexes et la réalisation apporte un regard nouveau sur une intrigue somme toute classique.Niveau émotions, Le premier jour du reste de ta vie se développe sur toute la gamme. Certaines scènes fonctionnent très bien autour d'un comique de situation, d'autres sont au contraire poignantes dans des moments plus difficiles de la vie des personnages. Ces personnages, je m'y suis vraiment attaché, d'autant plus, peut-être, qu'ils ne sont au fond que cinq et qu'on apprend à bien les connaître. C'est d'ailleurs là qu'à mon sens, l'idée originelle du réalisateur prend toute sa valeur. Pas de linéarité: Bezançon a fait le choix de suivre les Duval sur douze ans et, de ces douze ans, de ne retenir au fond que cinq journées seulement. Chacune d'entre elles est marquante pour l'un des membres de la famille. Expliqué ainsi, cela peut paraître confus. A l'écran, au contraire, c'est limpide et - mieux - cohérent. Cette belle fiction me semble délivrer un message optimiste: par les temps qui courent, je trouve que ça fait du bien.
Au début du film, pourtant, ils ne sont plus que quatre: Momo, Alain, Bruno et Léon sont dans une maternité. Ils attendent l'accouchement de leur copine Sophie. Sophie ? C'est la copine du cinquième larron, Tommasi. Puisqu'on l'apprend dans les cinq premières minutes, je ne trahirai rien de fondamental en dévoilant ici que ledit Tommasi est mort. Le péril jeune est donc avant tout un long flash-back, un retour à l'époque où il était bel et bien vivant, rebelle écorché vif d'une bande de "petits branleurs" (je cite un des personnages secondaires du film). Triste ? Nostalgique ? Pathétique ? Le deuxième long-métrage de Cédric Klapisch est tout ça, mais pas seulement: c'est aussi une oeuvre très drôle, où chacun de nous, quelque soit l'époque où il est allé au lycée, pourrait bien se reconnaître un peu.
Nous sommes alors à Nuremberg, le jour de la Pentecôte 1828. Bientôt, les villageois s'approchent de Kaspar. Constatant sa fatigue et son incapacité à s'exprimer, ils le couchent de nouveau, dans une étable cette fois. Puis, devant son comportement franchement incongru, cherchent (en vain) à comprendre qui il est. Certains sont gentils avec lui, d'autres se moquent de son évidente différence avec cruauté. On l'incarcère à nouveau, jusqu'à ce l'on décide qu'il faut tout de même qu'il contribue à sa subsistance. Kaspar devient véritablement une bête de foire, exhibée sans vergogne. Malgré tout, et petit à petit, son apparente débilité s'estompe doucement grâce aux rares personnes qui prennent soin de lui. Paradoxe intéressant: en certaines circonstances, le fou devient presque sage. Atypique cartésien, il refuse par exemple les leçons de la logique ou les dogmes de la morale chrétienne.
J'ai consulté Wikipédia pour en savoir plus sur Eddie Constantine. Surprise: j'ai découvert qu'il avait repris son rôle de Lemmy Caution dans un nombre impressionnant de films, onze exactement si j'ai bien compté, de La môme vert-de-gris de Bernard Borderie en 1953 à... Allemagne 90 neuf zéro de Jean-Luc Godard en 1991. L'impressionnante filmographie de la star ne s'arrête pas là, mais je vous laisse regarder ça, si d'aventure le sujet vous intéresse. J'y reviendrai peut-être plus tard, s'il s'avère que mes deux autres DVDs d'Eddie Constantine sont aussi des Lemmy Caution. A suivre...
Le pitch lui-même n'invente rien. Morgan Adams, fille de pirate, mène son équipage en bon capitaine. Sa route croise celle de William Shaw, aussi voleur que séducteur. Sans surprise, tout ce beau monde se met en quête de trésor. Le truc, c'est que pour récupérer le butin, évidemment enfoui dans l'épave d'un galion espagnol, il faut d'abord trouver une île inconnue des géographes et, pour cela, assembler les trois morceaux d'une carte. Morgan a bien le premier, va récupérer le deuxième, mais devra se battre avec Dawg, méchant tonton, pour obtenir le troisième. Péripéties et retournements de situation en vue, surtout que la marine royale s'en mêle, bien évidemment !
Présenté ainsi, vous pourriez penser que Noblesse oblige, film anglais daté de 1949, est un film policier teinté d'un sombre suspense. Il n'en est rien ! Assez facile d'accès malgré son âge avancé, ce long métrage des studios Ealing - auteurs également de Tueurs de dames, chroniqué sur ce blog le 15 juin - est plutôt une comédie, d'un humour froid et assez cynique, il est vrai. Tout commence en fait dans une prison, à la veille de l'exécution de Louis. Forcément, on comprend donc aussitôt qu'il a bien mis son machiavélique projet à exécution et, tout aussi rapidement, qu'il est bel et bien devenu duc de Chalfont. Le bourreau lui-même lui donne volontiers du "Votre Grâce". Avant de faire son office ? Non ! N'insistez pas: ça, je ne vous le dirai pas !
Seulement voilà, les cinq prétendus musiciens se servent de leurs instruments d'une bien étrange façon. Leur quintet à cordes n'en est pas un: il s'agirait plutôt qu'une brochette de brigands, prêts à s'assurer la complicité naïve d'une grand-mère pour attaquer un fourgon blindé et repartir avec le magot sans garder une part pour ladite mémé. Tueurs de dames raconte cette drôle d'histoire. J'avais vaguement entendu parler du film récent, sorti sous le titre anglais Ladykillers, signé des frères Coen, avec Tom Hanks dans le rôle du professeur Marcus. J'ai découvert l'original, avec l'incontournable Alec Guiness. Pour ce qui est resté son seul rôle majeur, Kathie Johnson, l'actrice principale, nous offre un petit délice à la sauce british.
Ce que ça raconte ? Le destin d’un docteur, Youri Jivago, issue d’une famille modeste, orphelin adoptée par un couple de bourgeois moscovites à la fin du 19ème siècle. Quelques images de l’enfant et la caméra avance dans le temps, jusqu’à peu près la Première guerre mondiale, puis la Révolution d’octobre (1917, pour rappel). Et nous voilà embarqués pour trois heures de spectacle, au cours desquelles la petite histoire du médecin côtoie la grande de la Russie. Passionnant.