mercredi 6 mai 2015

Planète interdite

Sans déconner ! Ils devraient le savoir, à force ! Si l'un des héros récurrents du cinéma US passe par là, je lui rappelle: c'est toujours lors de la dernière mission que les choses se dérèglent. Ce qu'on a fait avec talent des dizaines ou des centaines de fois, on le plante lamentablement à l'ultime tentative. Bon, on dirait bien que personne n'avait prévenu Cypher Raige - alias Will Smith - dans After Earth...

Ce film, j'avais pensé un temps aller le voir au cinéma. Son scénario n'invente pas grand-chose: après l'avoir très copieusement polluée pendant des siècles, les hommes ont fini par quitter la Terre. Désormais, tout être humain qui s'aventure sur notre vieille planète est à la merci des Ursas, de grosses et monstrueuses créatures aveugles, mais tueuses aussi, parce que sensibles aux hormones dégagées par les hommes quand ils ont la trouille. Le seul gugusse capable de maîtriser ses émotions et de venir à bout de la menace s'embarque pour une énième opération... et devinez quoi ? Gagné ! Surpris par un champ d'astéroïdes, il ne peut éviter que son vaisseau soit endommagé et se crashe pile-poil au plus mauvais endroit possible. Pire, de tout son équipage, il ne reste que son fils, un cadet inexpérimenté, et lui-même, les deux jambes réduites en miettes. C'est parti pour une mission-survie en milieu hostile. Vous m' suivez ?

Bon, si vous ne l'aviez pas déjà compris à la vue de la photo d'illustration ci-dessus, je dois préciser un truc: After Earth se prend vraiment très au sérieux. Will Smith n'a jamais été moins souriant. Avait-il la pression ? C'est possible. Même s'il a ici fait appel à un duo de scénaristes, c'est lui qui a imaginé l'histoire racontée dans le film. Curieusement, et si tant est que j'aie bien tout compris, il semblerait qu'elle ait été largement simplifiée avant d'être portée à l'écran. Toujours est-il que le film reste très "smithien", puisque c'est le fils de Will, Jaden, qui interprète l'autre rôle principal. Cet état de fait contribue d'ailleurs, je crois, à ce que le long-métrage soit malaimé. Certains n'y ont vu qu'un délire entre Smith, sans aucun respect véritable pour les attentes du spectateur lambda. Je dois admettre que, malgré ses effets spéciaux corrects, cette pseudo-épopée spatiale ne décolle pas très haut. J'y ai pris un (petit) plaisir coupable.

After Earth
Film américain de M. Night Shyamalan (2013)

Le nom du réalisateur vous est familier ? C'est normal. Il est l'auteur aussi du célébrissime Sixième sens - certains cinéphiles aguerris estimant qu'il s'agit même de son dernier (ou unique) bon film. Personnellement, moi, j'ai un faible pour La jeune fille de l'eau. L'évidence, c'est que M. Night Shyamalan a beaucoup déçu. Au rayon science-fiction / anticipation 2013, je vous conseille  plutôt Oblivion.

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D'autres avis sur le film dans le cyberespace ?

Oui ! Celui de Laurent, de "Deuxième séance", est assez négatif. Princécranoir, lui, se montre aussi désabusé et, du coup, cinglant. 

lundi 4 mai 2015

Ce qu'en dit Sylvain George

L'heure est venue de reparler de Vers Madrid - The burning bright. Que je vous explique: j'ai découvert le film lors d'une soirée organisée par mon association de cinéphiles. Certains d'entre nous ont pu dîner avec le réalisateur, Sylvain George, mais ce dernier a aussi accepté de rester après la projection pour une bonne heure de débat. Intéressante séquence dont, en vrac, j'ai retenu quelques extraits...

Quand il est parti en Espagne filmer les manifestants, Sylvain George n'avait pas d'a priori sur leur mouvement. Sa motivation personnelle était simplement de comprendre ce qui était en train de se passer. L'idée d'en faire un film est venue plus tard. Le cinéaste souligne désormais qu'il n'est "pas question de représenter quoi que ce soit". Avoir suivi les Indignés de près n'a pas fait de lui leur ambassadeur.

Dans le même ordre d'esprit, et bien que de très nombreuses facettes du mouvement soient visibles dans le film, Sylvain George rappelle aussi qu'il ne le contient pas tout entier. "J'ai commencé à tourner alors que le mouvement avait déjà commencé... et il s'est poursuivi quand j'ai arrêté". Si j'ai bien compris, le cinéaste apparente son film à un newsreel. Les images lui importent plus que les commentaires.

Sylvain George souligne qu'il a pu travailler en toute indépendance. D'autres que lui l'ont fait simultanément et lui ont proposé d'utiliser leurs propres images - une opportunité qu'il n'a pas saisie. Il a fait plusieurs séjours en Espagne, assez courts, pour tourner des choses différentes. Vers Madrid... montre également quelques courriels échangés avec ses amis ou des manifestants rencontrés à l'occasion.

Comme je l'ai relevé samedi, quelques passages du long-métrage s'intéressent aussi au sort d'un migrant tunisien francophone, Bader. Une forme de contrepoint, qui, d'après le cinéaste, "peut aussi faire écho à d'autres singularités". Le réalisateur précise aussi qu'à travers cet exemple, il a voulu montrer que les mouvements, aussi collectifs soient-ils, ne savaient pas toujours s'ouvrir à toutes les différences.

Hormis les manifestants de la Puerta Del Sol, Vers Madrid... montre plusieurs sans-abris de la capitale espagnole ou les villes fantômes nées de la crise de l'immobilier. Logique ? "Je voulais faire résonner divers éléments entre eux", explique Sylvain George. Il s'agissait aussi pour lui de sortir d'une actualité immédiate trop prégnante. Cette volonté de distanciation justifie aussi le choix du noir et blanc.

Sylvain George tient à ce que son film soit appréhendé comme oeuvre de cinéma à part entière. "Je ne sépare pas politique et esthétique". Il n'est donc pas militant, même s'il a filmé migrants et sans-papiers. Travailler en groupe ? "Ce serait toutefois un autre type de travail. Intéressant, oui, même s'il y en a toujours un pour imposer ses vues". Ici, il a produit, écrit, réalisé, cadré, pris le son, monté et distribué !

Sylvain George indique que, d'après lui, le mouvement des Indignés espagnols a été mal compris, voire méprisé. Il souligne également que, dès le début, il a été stigmatisé et décrédibilisé. Les images montrent en tout cas qu'il a concerné des gens de générations diverses et de nationalités elles-mêmes assez variées. Pas facile donc de remettre en question la vieille idée de la démocratie occidentale...

Vers Madrid... n'a pu avoir qu'une diffusion très limitée en Espagne. La capitale espagnole l'a présenté dans sa cinémathèque. "On étudie désormais ce qu'on peut faire pour le diffuser dans sa version définitive", assure Sylvain George, qui a bouclé trois ans de travail autour de ces images. Lui ne semble pas très optimiste pour la suite. La loi contre les grandes manifestations aurait été durcie depuis... 

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Une petite conclusion personnelle...
Je ne verrais pas un film comme Vers Madrid - The burning bright tous les jours, mais revenir sur ces événements récents via le cinéma était tout à fait enrichissant. Je reste preneur de vos commentaires.

samedi 2 mai 2015

Remise en question

Il y aurait des pages et des pages à écrire sur le thème de la justesse journalistique. Personnellement, je ne parviens pas à trouver crédible l'idée qu'on puisse atteindre une objectivité absolue. Si on prétend raconter le vrai, je crois surtout qu'il est nécessaire d'être honnête intellectuellement et d'accepter que d'autres ressentent les faits différemment. J'y pensais devant Vers Madrid - The burning bright.

Faut-il parler de documentaire ? Je crois que oui. Le film nous conduit en Espagne, au coeur du mouvement des Indignés, né en mai 2011. Devant ces images fortes présentées en noir et blanc, j'ai mieux pris la mesure d'une dynamique basée sur autre chose que la seule colère. Bien sûr, les hommes et les femmes qui ont campé dans la capitale espagnole ont manifesté leur envie de profonds changements économiques, sociaux et politiques. J'ai été, oui, surpris de voir combien leur réflexion était profonde, combien, sur les chauds pavés de la Puerta Del Sol, les débats étaient nombreux et contrastés. Installé dans un certain confort, j'ai du mal à dire si Vers Madrid... tend vers un peu d'optimisme. Je n'ai perçu les choses ainsi, en fait. Sachant que le long-métrage nous montre aussi les charges policières venues déloger les manifestants, il y a tout lieu de s'interroger encore sur les limites admises de la liberté d'expression. Un éternel débat...

Aucune voix off ne vient ici nous orienter vers une réponse particulière. Le constat le plus encourageant que l'on puisse faire devant ces images, c'est qu'il y a encore, dans l'âme du peuple européen, un goût pour le débat public (et, en l'espèce, non-violent). Côté face, malheureusement, il me faut constater qu'à force d'être étudiées et comparées, les idées risquent... de ne plus s'imposer. Vers Madrid... filme non seulement la remise en question d'un ordre établi, mais également la grande fragilité des utopies collectives. L'incroyable force de ce récit, c'est aussi de nous laisser seuls juges des émotions qu'il suscitera en nous. Pour ma part, j'ai été chahuté. Malgré quelques longueurs, le rythme est assez intense, haletant. Parmi les très belles choses à signaler, j'aimerais citer les échappées qu'offre le montage, en nous amenant parfois bien au-delà des sites de manifestations pour montrer alors d'autres facettes de l'Espagne. La petite histoire dans la grande, le film l'évoque aussi en marchant parfois aux côtés d'un migrant nord-africain. Tout cela est détonant !

Vers Madrid - The burning bright
Documentaire français de Sylvain George (2014)

Pas de comparaison aujourd'hui: le film ne ressemble à aucun autre que j'aurais pu voir auparavant. Désolé ! Je vous recommande toutefois de découvrir ces images à l'occasion: elles valent le détour. Pas parce qu'elles sont objectives, non, mais parce qu'elles peuvent susciter le débat. Je n'ai d'ailleurs peut-être pas dit mon dernier mot sur le sujet. C'est promis: lundi, je vais revenir pour vous expliquer...

jeudi 30 avril 2015

Les combattants

La tendance se confirme: film après film, je rapproche le réalisateur australien Peter Weir de mon Panthéon cinématographique. J'ignore s'il a prévu de tourner d'autres longs-métrages, à 70 ans désormais. Remonté 34 ans en arrière grâce à Arte, je suis en tout cas ravi d'avoir enfin pu découvrir Gallipoli. Pour ses admiratrices et -teurs parmi vous, lectrices et -teurs, je signale la présence de Mel Gibson.

Vous l'aviez déjà reconnu, non ? À gauche sur l'image, l'enfant terrible du cinéma des antipodes a 25 ans. Mark Lee, son partenaire, n'en est encore qu'à 23. Qu'importe: leur duo fonctionne vraiment à merveille et nous entraîne aisément dans une histoire terrible. S'il est précisé que le récit de Gallipoli repose sur des personnages fictifs, le film n'en illustre pas moins un épisode de l'histoire de la première guerre mondiale: la bataille des Dardanelles, un rude combat qui a opposé certaines troupes du Commonwealth - en partie australiennes, donc - aux forces armées turques. Peter Weir a placé sa caméra à hauteur d'homme: il est difficile de ne pas être touché par cette génération sacrifiée. Une émotion d'autant plus vive que l'action prend son temps et nous en laisse pour nous attacher aux deux protagonistes principaux. Avec eux, on arpente l'outback australien, on s'entraîne en Egypte et, un beau jour, on embarque vers les côtes de Turquie...

Un petit conseil, maintenant: si vous voulez voir le film, il vaudrait mieux que vous évitiez de courir après les infos sur Internet. Je parle d'expérience: quand j'ai cherché avec quelles belles images illustrer cette modeste chronique, je suis tombé X fois sur le tout dernier plan du long-métrage. OK, on se doute comment ça va finir, mais bon ! Tant qu'à faire, autant le confirmer au rythme que Peter Weir a voulu nous proposer: je suis franchement en admiration devant son style. Gallipoli enchaîne les scènes d'une grande beauté à vitesse grand V. Rien que pour cet esthétisme, il mérite vraiment le détour - beaucoup d'autres réalisateurs plus jeunes pourraient en prendre de la graine. Et puis, bien sûr, il y a le fond, le propos: les soldats apparaissent ici plus en victimes qu'en héros. Que le septième art dénonce l'absurdité de la guerre, ce n'est pas nouveau, je vous le concède. Je dois dire toutefois que c'est un message auquel je suis très sensible. Le fait qu'en l'espèce, il vienne d'Australie, le rend encore plus puissant. L'impression qui s'est imposée en moi, c'est celle de son universalité.

Gallipoli
Film australien de Peter Weir (1981)

Je ne sais pas trop sur quoi conclure. Ce film est sans conteste l'un des meilleurs que j'ai vus sur la première guerre mondiale. Son aura n'atteint pas celle de Les sentiers de la gloire, mais les deux oeuvres feraient un diptyque tout à fait percutant. Dans la filmo de Peter Weir maintenant, Gallipoli annonce Master and commander, qu'il faudrait que je revoie pour en reparler autrement que de mémoire. À suivre...

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Je suis en retard, messieurs dames...

Princécranoir avait déjà parlé du film il y a ... plus de sept ans !

mardi 28 avril 2015

La même histoire

Vous convaincre d'aller voir la version 2015 de Cendrillon, un film tourné en images réelles ? Je ne suis pas certain d'en être capable. Confidence pour confidence, je ne suis même pas sûr d'en avoir envie. Mais bon... me faut-il pour autant pisser tout mon vinaigre ? Je n'en vois pas l'intérêt, même si cette création des studios Disney est plus une redite - et un gros aspirateur à dollars - qu'autre chose.

Marchera ? Marchera pas ? Je n'en sais rien et je m'en fiche. J'ai fait cette sortie cinéma parce que ma maman me rendait visite ce jour-là et qu'elle en avait envie. Elle et moi connaissions déjà l'histoire légendaire de cette pauvre jeune femme martyrisée par sa belle-mère et ses deux infâmes belles-sœurs, mais qui finit par susciter l'amour d'un prince charmant. Ce remake n'est en rien une réécriture. Cendrillon 2015 avec des acteurs est un copier-coller quasi-intégral du dessin animé de 1950. C'est bien évident que, deux générations plus tard, la thématique est un peu poussiéreuse. La non-modernité n'empêche pas de se laisser prendre au petit jeu du conte classique...

C'est entendu: avec le rôle de la méchante, ma chère Cate Blanchett aura sans doute touché le gros lot sans forcer son talent. Le casting dans son ensemble ne produit d'ailleurs aucune étincelle particulière. La jolie Lily James en tête, je crois en fait que tout ce beau monde aura simplement respecté le cahier des charges, ni plus, ni moins. Cendrillon démontre au moins un certain savoir-faire technique. Curieusement, côté effets spéciaux, c'est un peu faiblard, mais il y a de beaux décors et de somptueux costumes - et donc, oui, du travail bien fait. Il me reste à espérer qu'il s'agisse d'un simple film transitionnel, avant d'autres projets plus novateurs et ambitieux. L'histoire a déjà prouvé plusieurs fois que Disney sait aussi rebondir après des créations en demi-teinte. Conclusion: pourvu que ça dure !

Cendrillon
Film américain de Kenneth Branagh (2015)

Je comprends très bien qu'on préfère Cendrillon en version animée. Je vous rappelle aussi qu'il arrive que certains contes traditionnels soient modernisés, à l'image de ce qui s'est fait pour Blanche-Neige et le chasseur notamment, après Blanche-Neige et les sept nains. Maintenant, faut-il vraiment qu'un remake se mette au goût du jour ? Doit-il à l'inverse rester figé ? Pas d'avis final: je juge au cas par cas.

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Une précision pour les fondus du grand écran...

Au cinéma, le film est présenté précédé d'Une fête givrée, un court reprenant les personnages de La reine des neiges. J'y vois également un début de promo du deuxième volet du long, attendu vers... 2018. 

lundi 27 avril 2015

Toujours givrés

Je ne m'attendais pas à ce qu'une chaîne télé diffuse L'âge de glace 4 le soir de Pâques. C'est arrivé, pourtant, et j'ai saisi cette occasion inattendue. Dans l'attente d'un possible cinquième opus, j'ai donc vu les quatre premiers épisodes - le troisième est d'ailleurs sur le blog. Sous-titré La dérive des continents, le dernier en date n'invente rien. Il s'inscrit dans la lignée: c'est sympa... et, de fait, un peu réchauffé.

En deux mots, pour les profanes, L'âge de glace 4 met donc en scène le trio qui nous a été présenté dès 2002: Manny le mammouth, Diego le tigre aux dents de sabre et Sid le paresseux. Film d'animation oblige, les trois rivaux supposés sont bons copains. Le truc intéressant dans leurs nouvelles aventures, c'est qu'ils se retrouvent encore une fois en petit comité. La tectonique des plaques les éloigne en effet de la petite famille qu'ils avaient pu constituer tout au long des précédentes glaciations. Vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Regardez donc le film et tout devrait s'éclairer ! Le scénario d'ensemble est à la portée d'un enfant de 6-8 ans, je pense. Je dirais même qu'on peut voir ce volet indépendamment de ceux qui l'ont précédé. Le concept de base ne change pas, seul le bestiaire évolue...

Concrètement, ici, vous pourrez découvrir un aréopage d'animaux flibustiers, avec un capitaine singe, un éléphant de mer, une tigresse aux dents de sabre (tiens, tiens !), un lapin, un kangourou, un putois et diverses autres petites bestioles. Point important: les connaisseurs auront aussi la joie de retrouver Scrat, l'écureuil qui déclenche systématiquement les catastrophes qui affectent toute la ménagerie. Comme d'habitude, ce grand maladroit sert de fil rouge et revient donc de loin en loin pour de nouvelles gaffes - à la mode du Coyote ennemi du Bip Bip, pour situer un peu le personnage. J'ai passé l'âge de rire aux éclats devant pareil spectacle, mais ça me divertit toujours. L'âge de glace 4 doit être sympa à voir avec des enfants réceptifs. Moi, je l'ai regardé avec ma môman et ma foi... j'assume !

L'âge de glace 4 - La dérive des continents
Film américain de Steve Martino et Mike Thurmeier (2012)

Je me répète: L'âge de glace 3 - Le temps des dinosaures fait l'objet d'une chronique sur ce même blog. Si vous vous intéressez aux films d'animation, vous aurez peut-être déjà noté que cette franchise vient des studios Fox, arbitre possible de la guéguerre Dreamworks / Pixar. Cela dit, pour être honnête avec vous, du côté de la préhistoire cinématographique, j'ai une (petite) préférence pour Les Croods...

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À lire ailleurs...
David ("L'impossible blog ciné") évoque un conflit autour de la version originale. J'ai vu la VF: Gérard Lanvin, Vincent Cassel, Élie Semoun. Dasola, elle, parle du film... que son ami et elle ont beaucoup aimé. 

samedi 25 avril 2015

Légende urbaine

676 films sont sortis en France en 2014. C'est (un peu) plus encore que la moyenne des années précédentes. Ces chiffres importants peuvent expliquer qu'au milieu du flot, plusieurs petites productions naviguent, invisibles pour beaucoup. Je suppose qu'il en sera ainsi cette année de Le Challat de Tunis, apparu chez nous un an environ après sa sortie nationale, en Tunisie, donc. Une "bête" à festivals...

En France, le film a bénéficié du soutien de l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID). Depuis 23 ans, l'organisation regroupe des cinéastes pour favoriser la sortie de "petites" oeuvres comme celle dont je vous parle aujourd'hui. Le Challat de Tunis n'offre de fait que peu de comparaisons possibles avec le tout-venant de ce qui déboule chaque semaine sur nos écrans. Il nous apprend qu'en 2003, dans les rues de la capitale tunisienne, un homme armé d'une lame de rasoir tailladait les fesses des femmes qu'il jugeait impudiques. Une bonne dizaine d'années et une Révolution de Jasmin plus tard, l'anecdote ressort et on s'interroge sur sa réalité (ou non). Ce fameux Challat a-t-il vraiment existé ? Si oui, que faut-il penser de ces agissements ? On s'aperçoit alors avec effroi que la "légende" suscite aussi une certaine forme d'admiration. Que les victimes supposées n'en sont pas toujours et que la vérité est très incertaine.

Le film qui en découle s'apparente à un vrai-faux documentaire. Parfois d'une ironie mordante, il fait rire et frémir à la fois. L'image d'une Tunisie moderne, enfin débarrassée des avatars de la dictature du clan Ben Ali, en prend un sacré coup. La réalisatrice nous égare volontairement dans une pseudo-enquête et n'hésite pas à appuyer précisément là où ça fait le plus mal, avec de nombreux comédiens amateurs. Son (premier) long-métrage a un impact d'autant plus fort que, pour jouer un homme qui prétend être le vrai Challat, elle a fait appel à Jalel Dridi, qui fut suspecté et emprisonné dans cette affaire. Le Challat de Tunis est un kaléidoscope complexe: les clés d'analyse qui nous sont données sont rares et chacun aura sûrement une vision différente de ce qui est conforme à la réalité ou mensonger. Personnellement, en sortant de la salle, j'avais bien des questions restées sans véritable réponse. Mais, vu le film, ça m'a paru logique.

Le Challat de Tunis
Film tunisien de Kaouther Ben Hania (2014)

Je ne vais pas vous en reparler tout de suite, mais le fait est que j'ai en rayon un second film susceptible de faire écho au Printemps tunisien - que j'écris en gras, parce que c'est également son titre. J'ouvre mon blog à un nouveau pays: toutes premières découvertes. Comme je l'ai suggéré plus haut, je crois n'avoir que peu d'éléments de comparaison. Un autre film sur la rumeur pourrait faire l'affaire...

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Pour vous aider à y voir plus clair...
"Chez Sentinelle" publie également son analyse du film d'aujourd'hui.

Pour finir, une anecdote en hors-champ...
Je tenais à souligner qu'on retrouve ici quelques-uns des techniciens césarisés en février avec Timbuktu: le directeur photo Sofian El Fani ou la monteuse Nadia Ben Rachid. L'Afrique est joliment représentée !

vendredi 24 avril 2015

La danse suffit

Après 1.048 films chroniqués, il est grand temps, je crois, d'aborder enfin un genre jusqu'alors négligé sur ce blog: la comédie musicale. Un aveu, d'abord: je n'y connais presque rien - j'ai deux ou trois titres de films en tête, tout au plus. Parmi eux, il y a bien évidemment celui du long-métrage que je vous présente aujourd'hui: Tous en scène. Cyd Charisse et Fred Astaire y interprètent les deux rôles principaux.

Elle a 32 ans, lui 54, mais ça n'est en rien choquant: Gabrielle Gerard et Tony Hunter, leurs personnages, ont eux aussi un écart d'âge conséquent. L'intrigue - légère, ma foi - tourne autour d'une idée extrêmement simple: les difficultés du retour à la scène d'une vedette quelque peu passée de mode. C'est très loin d'être la première fois que Hollywood nous raconte cette histoire-là. Si vous parvenez toutefois à entrer dans la danse, Tous en scène vous plaira sûrement pour autre chose que son originalité toute relative: aussi "vieillots" soient-ils, les passages chorégraphiés restent des plus admirables. Pour être tout à fait honnête avec vous, je reconnaitrai volontiers qu'ils ne m'ont pas tous procuré la même émotion. Il aura suffi toutefois que le duo vedette entame alors un somptueux pas de deux dans un Central Park reconstitué pour que je m'émeuve de concert. Aucun chant à cet instant: la musique et la danse suffisent largement.

Un film comme celui-là, c'est forcément un réservoir d'anecdotes croustillantes. Tous en scène est notamment connu pour avoir offert à Cyd Charisse son tout premier... rôle parlant ! La belle tournait pourtant depuis déjà une dizaine d'années quand elle prit ce virage majeur de sa carrière. Elle avait même déjà joué avec Fred Astaire sept ans auparavant. Ici, ils reproduisent d'ailleurs quelques éléments réels de leur éthique professionnelle, tels que l'aversion de Monsieur pour les partenaires plus grandes (ouf, Mademoiselle reste "basse" !). Considéré comme un standard, le long-métrage reçut un accueil favorable lors de sa sortie. Son scénario, sa musique et ses costumes lui valurent d'être nommé pour trois Oscars - avant de faire chou blanc le soir de la cérémonie. Ce que j'apprécie, moi, dans ce genre de productions, c'est l'impression qu'elles ont dû permettre aux gens de retrouver le sourire après les années de guerre. Et c'est déjà bien !

Tous en scène
Film américain de Vincente Minnelli (1953)

Oups ! J'ai manqué Un Américain à Paris lors de sa récente diffusion sur Arte. Au menu des comédies musicales, l'un de mes objectifs consiste à découvrir un jour My fair lady, avec Audrey Hepburn. Maintenant, d'ici là, il se peut que je revoie Chantons sous la pluie. Je suis attiré aussi par une bizarrerie avec Clint Eastwood, mais oui ! J'arrête là mes pseudo-explications pour ne pas gâcher le suspense...

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Cela étant dit, si vous en voulez encore...

Vous pouvez toujours faire un saut du côté de "L'oeil sur l'écran". Chonchon parle elle aussi du film sur "Mon cinéma, jour après jour". Quant à Ideyvonne, elle nous en montre quelques images de plus.

jeudi 23 avril 2015

Au tour des vieux

Il est possible que la suite soit encore à l'affiche de votre cinéma préféré au moment où vous lirez ces lignes. Je tiens à préciser d'emblée que c'est bien d'Indian palace premier du nom que je vais vous parler aujourd'hui. Sorti en France en mai 2012, ce film britannique a pour héros de dignes représentants du troisième âge. Tous ont accepté de se moquer d'eux-mêmes. Très gentiment, certes.

La première chose qui m'a attiré vers Indian palace ? Sa distribution. Elle regroupe Judi Dench, Maggie Smith, Bill Nighy et Tom Wilkinson. Dev Patel est l'un des jeunes acteurs chargés d'encadrer les "seniors". Ridés ou non, je comptabilisais donc cinq visages connus et appréciés dans d'autres productions. En outre, l'idée de juger des bienfaits supposés du voisinage permanent entre grisonnants dans un pays aussi coloré que l'Inde pouvait augurer une bonne petite comédie. Finalement, sans être malhonnête, le film reste assez plan-plan. J'ignore comment il a été accueilli à Bombay, mais tout en parvenant à me faire sourire, il ne m'a guère surpris. Les situations qu'il choisit de mettre en scène ne sont pas très originales. Ce n'est pas grave...

Pour le reste, j'ai trouvé dans cette chronique ce que j'avais imaginé trouver. Concrètement, le scénario évacue rapidement la question des motivations des uns et des autres pour quitter l'Angleterre. Visiblement, l'intention des auteurs n'était pas de développer le récit dans ses dimensions sociales, ce que les sujets de Sa Royale Majesté font pourtant avec brio quand ils le veulent bien. Non: le principe retenu pour Indian palace est celui des bons sentiments triomphants. Prononcée à deux ou trois reprises, la phrase-clé du film donne le ton sans équivoque. Je cite: "Toutes les histoires finissent par s'arranger. Quand une histoire ne s'arrange pas, c'est qu'elle n'est pas terminée". Je suppose qu'avec ça, vous savez à quoi vous en tenir, non ? J'ajoute juste que, malgré ma réserve, je n'ai pas passé un mauvais moment.

Indian palace
Film britannique de John Madden (2012)

J'ai parlé de Dev Patel: je rappelle à ceux qui l'auraient déjà oublié que le jeune homme était en 2008 le héros de Slumdog millionaire. Je vous laisse vous débrouiller pour reconnaître les aînés ! Je vais sans doute en décourager quelques-uns en soulignant pour conclure que John Madden, le réalisateur, est aussi celui d'un film récompensé d'un Oscar et pourtant peu estimé: j'ai nommé Shakespeare in love.

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Pour finir tout à fait, je reviens en Inde...

L'occasion de lire une bonne critique du film sur "Le blog de Dasola". Une même mansuétude est de mise du côté de "Deuxième séance". Enthousiasme encore et toujours sur "Mon cinéma, jour après jour".

mardi 21 avril 2015

Encore des ados

Vous ne m'en voudrez pas, hein ? C'est à nouveau une histoire d'ados qui sera la thème de ma chronique aujourd'hui. Je suis allé la piocher dans l'immense collection du cinéma indépendant américain. Présenté au Festival de Sundance en 2013, The spectacular now est arrivé dans les salles françaises au tout début de l'année dernière. Je note qu'il y est passé inaperçu, avec seulement... 18 695 tickets vendus !

C'est vraiment dommage, à mon humble avis. The spectacular now n'invente rien, c'est vrai, mais c'est un joli petit film. Son "héros" s'appelle Sutter, a 18 ans et en termine avec les années au lycée. Garçon intelligent mais pas franchement travailleur, notre ami vivote chez sa mère célibataire, sans tellement se soucier de ce qu'il fera ensuite, quand l'heure sera venue d'être admis dans une université quelconque ou de bosser pour de bon, c'est-à-dire chez un patron. Quand le long-métrage commence, et sans l'avoir cherché, Sutter vient de se faire plaquer par sa petite amie. Une colossale beuverie plus tard, il rencontre une autre fille, Aimee, dont il s'éprend vite. L'idée du scénario est de nous démontrer combien cet attachement est sincère, en dépit de la réputation de tombeur du jeune homme...

Du coup, malgré une apparence d'abord très ordinaire, le récit dévoile petit à petit des trésors insoupçonnés. Il n'est pas question ici d'amours frivoles et de sentiments négligés, mais plutôt du portrait sensible de deux jeunes Américains à la recherche d'eux-mêmes. Chacun engagé dans leur quatrième long-métrage, Shailene Woodley et Miles Teller sont incroyablement justes et du coup très touchants. Ados ou adultes, d'autres portent joliment les quelques personnages secondaires: à titre d'exemples, je citerai Brie Larson, en ex nostalgique, ou Kyle Chandler, en papa incapable d'être à la hauteur des attentes de son fils. Autant le dire: The spectacular now joue allégrement la carte du yoyo émotionnel. Rien de très inventif, donc. Cela dit et même répété, la sincérité du propos a suffi à me toucher.

The spectacular now
Film américain de James Ponsoldt (2013)

Les espoirs que j'avais placés sur ce petit film n'ont pas été déçus. Honnêtement, j'aimerais en voir plus souvent de cette qualité. L'Amérique jeune filmée avec acuité, on peut parfois la retrouver chez Gus van Sant (Paranoïd park) et Sofia Coppola (Virgin suicides) notamment. Je précise que le long-métrage dont j'ai parlé aujourd'hui est moins plombant. À (re)voir aussi: Boyhood - de Richard Linklater.

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Lire d'autres avis sur le film du jour ? C'est possible !
L'amie Pascale ("Sur la route du cinéma") en dit du bien, elle aussi. Autre critique positive sur "Le blog de Tinalakiller", plus explicite.