samedi 24 janvier 2026

Une aventure céleste

J'ai eu plusieurs fois l'occasion de vous le signaler depuis l'ouverture de ce blog: l'Italie et le Japon "luttent" pour en être la quatrième force vive, derrière les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. L'année dernière, j'ai vu 12 films italiens, mais c'est devant un neuvième film japonais que j'avais décidé... de franchir le cap de la Saint-Sylvestre !

J'aurai donc enchaîné trois Miyazaki en moins de deux semaines. Celui que je vais vous présenter aujourd'hui n'a été diffusé en France qu'en 2003, mais on fêtera ses quarante ans l'été prochain (le 2 août). Son titre promet déjà un émerveillement: Le château dans le ciel. Information importante: c'est le tout premier opus du studio Ghibli. Inspiré des Voyages de Gulliver, le fameux roman de Jonathan Swift publié fin 1726, il a pour héros un jeune orphelin, Pazu, habitant d'une cité minière. Un jour, stupéfaction: une fillette de son âge tombe littéralement du ciel et se pose dans ses bras, sans dommage. Apparemment, elle s'est endormie tandis qu'un drôle de pouvoir magique a ralenti sa chute. Sheeta - c'est son nom - s'est échappée d'une forteresse volante où une bande de pirates l'avait enfermée ! Vous avez du mal à suivre ? Je peux comprendre: il m'a fallu du temps pour deviner où le scénario avait l'intention de m'emmener, au juste. Le mieux à faire, en la circonstance, c'est sûrement de lâcher prise. C'est un fait: le film devient poétique sitôt qu'il s'élève dans les airs...

Oui, une fois décollé du sol, on oublie presque totalement les batailles homériques que se livraient certains des autres personnages ! Le rêve improbable d'une île légendaire flottant dans les cieux prend forme. Tout ne se passe pas sans heurts, mais l'imagination de Miyazaki nous transporte vers un ailleurs calme et coloré - un paradis oublié. Le château dans le ciel témoigne notamment de l'admiration sincère que le réalisateur japonais voue à l'Europe en général et à notre pays en particulier. C'est en effet en France, dans un petit village de Tarn baptisé Cordes-sur-Ciel, qu'il a su dénicher le modèle de sa création céleste. Avis aux connaisseurs: on retrouve une esthétique similaire dans le dernier épisode du célèbre jeu vidéo Zelda (Nintendo - 2023). Pas besoin toutefois d'être un vrai geek pour tomber sous le charme de cet univers, sublimé par la douce musique du fidèle Joe Hisaishi. Les cinéphiles les plus avisés lui trouveront quelque ressemblance avec celui de Paul Grimault (1905-1994), grand monsieur du cinéma d'animation français. Je compte bien découvrir cette source, un jour !

Le château dans le ciel
(天空の城ラピュタ- Enkū no shiro Rapyuta)
Film japonais de Hayao Miyazaki / 1986
Kiki la petite sorcière, Le vent se lève et maintenant cette perle. Disons-le: ce type de longs-métrages animés est unique en son genre. C'est pourquoi j'ai tant de mal, à chaque fois, à trouver un film comparable - ce qui, je l'admets volontiers, n'a rien d'indispensable. Plus du quart des films japonais présentés sur Mille et une bobines sont des animés. En somme, vous n'aurez... que l'embarras du choix !

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Et si vous voulez disposer d'un autre avis...

Je peux à présent vous inviter à consulter celui de "L'oeil sur l'écran".

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