mardi 20 janvier 2026

Pleins feux sur Pandora

Sorti le 17 décembre, il avait, en deux semaines, atteint cinq millions d'entrées en France et déjà dépassé le milliard de dollars de recettes dans le monde ! Il est confirmé qu'Avatar - De feu et de cendres offre un nouveau grand succès public à James Cameron, seize ans après le premier volet de la saga. C'était gagné d'avance. Peut-être...

À contre-courant, je vais dire tout de suite que le sujet lui-même pourrait bien finir par me lasser, si LES DEUX autres suites attendues maintiennent le cap - la première est envisagée pour Noël 2029. Résumons: sur la planète Pandora, des extraterrestres bienveillants subissent les assauts de militaires humains sans le moindre scrupule. L'un de ces G. I. a rallié la cause des Na'vi et adopté leurs attributs physiques: une haute taille élancée et une sémillante couleur bleue. Sous cette apparence, il a aussi fondé une famille - recomposée - avec une femme de la tribu et endossé les responsabilités d'un chef de clan. Ce que son camp d'origine voit comme de la haute trahison...

Bref, c'est la guerre, encore et toujours: déclarée dans une forêt luxuriante, elle s'était d'ores et déjà étendue à une communauté vivant au bord de l'eau (c'était dans le deuxième épisode, en 2022). Elle est à présent marquée par l'apparition d'une antagoniste nouvelle parmi les Na'vi, créature féminine fascinée par la puissance du feu. Soyons clairs: plus que jamais, Avatar - De feu et de cendres ressemble à une vision "modernisée" des très sanglants combats qui, aux 18ème et 19ème siècles, opposèrent les Amérindiens aux colons venus d'Europe et causèrent plusieurs dizaines de milliers de morts. De mauvais souvenirs remontés à la surface par temps de trumpisme.

À l'écran, le spectacle est assuré: il dure même trois heures et quart ! 197 minutes exactement que j'ai passées derrière des lunettes 3D rendues obligatoires par la version du film choisie par "mon" cinéma. Habituellement, je m'en passe, classant ce supplément de technologie parmi les gadgets inutiles. OK... je dois bien reconnaître aujourd'hui que James Cameron l'utilise comme un outil créatif et le maîtrise parfaitement - non content de l'avoir relancé, en quelque sorte. Objectivement, le nouveau voyage qu'il nous propose sur Pandora mérite toute votre considération: grâce à une profondeur de champ inégalée, on peut se croire véritablement débarqué dans un monde inconnu. L'animation est à la fois très fluide et très belle: un grand kif visuel ! J'imagine que cela concrétise les rêves d'enfant du créateur...

Avatar - De feu et de cendres m'a rappelé la remarquable exposition que j'avais découverte à la Cinémathèque française (Paris) fin 2024. Elle m'avait entre autres donné à réfléchir sur le possible caractère écologique de la geste cameronienne: oui, elle montre des hommes cupides et une nature sauvage menacée, mais s'appuie sur un arsenal technique contemporain que je suppose particulièrement énergivore. Autant ne pas être dupe de ce paradoxe... pour assumer son plaisir. Pas de doute: j'ai bien choisi ma dernière séance du millésime 2025. Ne pas reconnaître les acteurs - dont Oona Chaplin, nouvelle venue - m'importe peu, finalement: je n'étais pas venu pour leurs prouesses. Fortune faite, ils seront sans doute mieux utilisés dans d'autres films futurs (je surveille les meilleurs: Kate Winslet, Sigourney Weaver...). En tant que spectateur, on peut aussi se passer de ce cinéma XXXXL. Rien ne dit qu'il soit le parfait modèle de ce que sera... notre avenir !

Avatar - De feu et de cendres
(Avatar - Fire and ash)
Film américain de James Cameron / 2025
Dans le genre, je ne crois pas connaître de film encore plus poussé ! Cela dit, mes quatre étoiles arrondissent ma note spontanée, l'aspect spectaculaire de cet énôôôrme long-métrage compensant un scénario relativement ordinaire et masquant deux-trois faiblesses narratives. Abyss est et demeure mon Cameron préféré (jusqu'à nouvel ordre). Et, au rayon "aventures spatiales", je resterai sur la case Star wars...

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Vous en voulez encore ?

Gourmands ! Vous pouvez donc filer chez Pascale et Princécranoir. Mais aussi relire mes propres chroniques sur l'épisode 1 et l'épisode 2.

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