mercredi 6 juin 2012

Le choix de Lena

Une chronique de Martin

Lena est la jeune secrétaire d'un grand patron espagnol. Elle devient son amante par opportunisme, espérant profiter de son carnet d'adresses pour trouver un médecin capable de soigner son père. Quelques années passent et le couple s'est installé dans la routine. Montée dans l'ascenseur social, Lena rêve de devenir comédienne.

J'avais renoncé à découvrir Étreintes brisées au cinéma, la lecture d'une critique ayant cassé mon élan vers un film alors présenté comme la plus "auto-référencée" des oeuvres de Pedro Almodovar. Son passage récent sur Arte m'a permis de l'appréhender enfin. Décidément, je deviens un grand fan de la chaîne franco-allemande !

Comme d'habitude à la télé, il n'y a que l'absence de VO qui m'a chagriné. Étreintes brisées s'inscrit toutefois comme l'un des temps forts de mes explorations cinéphiles. Comme son titre l'évoque clairement, le film évoque des amours contrariées. Le mari de Lena espère retenir sa femme, mais n'y parvient pas. Cette dernière s'évade dans les bras d'un autre sur les plateaux de cinéma, butant toutefois sur la sombre réalité de la jalousie au moment de lâcher prise. Et d'autres personnages encore composent la mosaïque subtile de ce drame intimiste. J'ai dénoué l'écheveau petit à petit, le coeur serré. Une vraie tension traverse le long-métrage de part en part. Quelque chose de beau et de douloureux à la fois.

Je veux simplement vous conseiller de laisser le temps au temps. C'est très progressivement que le scénario développe ses arguments dramatiques. Pedro Almodovar en appelle à quelques grands anciens pour offrir une mise en scène de toute beauté. Les images composées par l'Espagnol sont magnifiques, habitées par la grâce d'acteurs inspirés. C'est de fait l'une des très bonnes raisons de voir le film: outre la star Penelope Cruz, dont la justesse de jeu surligne la beauté envoûtante, Étreintes brisées offre de goûter aux talents multiples d'une distribution ibérique de haut vol. Il était revenu bredouille du Festival de Cannes 2009, à la surprise me semble-t-il d'une partie de la profession. Il m'a plu de le voir hors-contexte. Gardez si possible une boîte de Kleenex à portée de main...

Étreintes brisées
Film espagnol de Pedro Almodovar (2009)
Qu'on m'épargne les rétrospectives: j'ai encore bien trop de lacunes dans la filmographie du cinéaste castillan pour juger l'oeuvre d'aujourd'hui à l'aune de ses devancières. Ce que je peux souligner cependant, c'est que j'avais moins aimé Parle avec elle, le seul autre de ses longs-métrages présentés ici. Patience: je ferai la chronique d'un troisième très prochainement. J'ai aussi d'innombrables trésors à découvrir avec le cinéma espagnol. À noter cette fois un clin d'oeil à Luis Bunuel et à Belle de jour, autre film que je vous recommande.

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Des avis complémentaires...
Que Pascale, rédactrice de "Sur la route du cinéma", accepte désormais de me pardonner: contrairement à ce que j'avais affirmé dans un premier temps, sa chronique peut toujours être consultée. Celles du duo de "L'oeil sur l'écran" sont tout aussi enthousiastes. Bref, chez mes confrères de blog aussi, le film suscite l'admiration.

1 commentaire:

Pascale a dit…

Comment ça elle n'est plus consultable ???

http://www.surlarouteducinema.com/archive/2009/06/02/etreintes-brisees-de-pedro-almodovar.html

ça c'est du cinéma comme dirait papa...