samedi 26 mai 2012

Simplement magique

Une chronique de Martin

Je vous ai parlé jeudi dernier d'un film pour lequel je n'ai vraiment aucune objectivité. En voici aujourd'hui un autre: The fisher king.

On me demande parfois: "Martin, quels seraient tes films préférés entre tous ?". Difficile à dire. L'idée même de devoir ainsi hiérarchiser mes préférences et la volonté de graver un classement dans le marbre me sont presque étrangères. Cela dit, j'ai constaté qu'il existe des longs-métrages qui résistent à ma lassitude. Celui d'aujourd'hui me fait toujours le même effet: il m'amuse, m'émeut, me bouleverse, me donne de l'espoir, me rassure et me fait rêver. Mention spéciale pour une scène de ballet, filmée dans une gare...

Ces merveilleuses sensations, elles ne me parviennent pas groupées. Elles arrivent l'une après l'autre, par la grâce d'un superbe scénario, lui-même porté par des dialogues parfaits (en VO... comme en VF !). Le plus beau, je trouve, c'est justement ça, cette progression régulière vers la compréhension de l'intrigue et des personnages. Premier en piste: un animateur radio tout à fait cynique, au moins jusqu'à son improbable rencontre avec un clochard magnifique. Côté féminin, The fisher king met en scène une drôle d'amoureuse transie, gérante d'une boutique de location de VHS, et une employée de bureau on ne peut plus timide. Je crois préférable de vous laisser découvrir seuls les interactions de ce quatuor. Pour reprendre le titre de ma chronique, j'ajouterai juste que Jeff Bridges, Robin Williams, Mercedes Ruehl et Amanda Plummer sont simplement magiques ! C'est dit: leur brillante interprétation me transporte à chaque vision.

Ce dont il est question ? Désolé, je tiens vraiment à rester évasif. J'ai juste envie de vous dire qu'à partir d'un certain altruisme, le film interroge notre conception de la normalité. Il parle aussi d'amour. D'accomplissement et de rédemption, également. Il permet de croire en la possibilité de se relever de la plus dure des épreuves. Il illustre l'idée que nos idéaux nous permettent de vivre, même si la vie, elle, ne nous fait pas de cadeau. Qu'on peut devoir changer et être heureux quand même. The fisher king est résolument optimiste. J'admire le fait qu'il parvienne à délivrer un message si encourageant sans verser dans la romance à l'eau de rose. Il y a aussi des scènes très dures dans ce long-métrage, avec un œil sur ceux qui, au pays du rêve américain, restent sur le bord de la route. Loin de plomber l'ensemble du métrage, ces références à la froide réalité viennent encore l’embellir. Un vrai baume au cœur pour affronter la crise.

The fisher king
Film américain de Terry Gilliam (1991)
Cinq étoiles pour l'ancien Monty Python, qui offre certainement ici son film le plus accessible, le plus universel et le plus humain. Mercedes Ruehl obtint un Oscar pour son rôle, mais j'en aurais volontiers attribué davantage si j'avais eu ce pouvoir. Je crois bien que le long-métrage restera longtemps à mon panthéon personnel. Dans son genre, je ne lui trouve aucun équivalent. Je citerais juste Vol au-dessus de coucou pour l'étude de la folie douce. Et, en allant chercher loin, Diamants sur canapé pour le message d'espoir suscité.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Personnellement, ce film m'a bouleversée ... et m'a fait cogiter sur pas mal de choses...pas forcément négativement ... je n'en dis pas plus car j'ai peur de briser la magie de ce film mais je partage ton commentaire.
Inutile de signer, tu as dû capter qui je suis... je peux juste rajouter qu'on l'a vu ensemble...