Une question pour commencer: existe-t-il un meilleur artisan du cinéma social que Ken Loach ? Le cinéaste anglais fête aujourd'hui ses 90 ans. Pour l'occasion, j'ai tenu à vous parler de son dernier film: The Old Oak. Ce "vieux chêne" est un pub dans lequel se retrouvent d'anciens mineurs d'un village du nord de l'Angleterre - de pauvres gens, bien évidemment.
Le film commence par quelques photos noir et blanc illustrant l'arrivée soudaine de migrants en provenance de Syrie. Certains des habitants acceptent de les accueillir, sans hésiter, quand d'autres les rejettent avec force, les insultent et les malmènent. On découvre la jeune femme qui prenait les images. Dans une échauffourée, son appareil est cassé...
Pas de doute: on est bel et bien chez Ken Loach, éternel porte-parole des opprimés. Je l'appelle affectueusement le vieux lion britannique. Comme toujours, il navigue sur une ligne de crête, où son idéalisme forcené côtoie du pessimisme et parfois un peu de misérabilisme. J'imagine qu'en moins de deux heures, il est difficile de faire un film très nuancé. Le scénario de The Old Oak déploie de tels archétypes qu'il semble parfois ne s'adresser qu'aux convaincus de sa (noble) cause. Les acteurs, eux, sont irréprochables, et le duo Dave Turner - Ebla Mari affiche de fait une vraie belle complémentarité, lui comme restaurateur bourru au coeur tendre, elle en exilée fragile, humble et combattive. Dépourvu de véritable surprise, le film laissera passer un petit souffle d'espérance en nous parlant d'empathie et de possibles réconciliations. Il nous assure qu'un repas pris ensemble peut faire beaucoup de bien. Naïf ? Peut-être. Mais par les temps qui courent, plutôt salutaire, aussi !
The Old Oak
Film britannique de Ken Loach / 2023
Toute une cohorte de seconds rôles rend de fait ce film incarné, sincère et attachant. Je continue de penser que Ken Loach est le cinéaste idéal pour ce type de propos, mais d'autres opus tels que Fisherman's friends ou Pride me laissent penser qu'il aura aussi quelques dignes héritiers. Resterait à choisir (ou pas) entre les drames et les feel good movies. Autre horizon possible: la Belgique des frères Dardenne et de Rosetta...
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NB: le cinéaste était en France il y a peu...
Lors d'un passage à Cannes, le réalisateur a remercié le public français pour son soutien constant. Il a cité Martin Luther King: "La pire chose n’est pas la violence des méchants, mais le silence des gens de bien". Vous pourrez retrouver ses propos dans un compte-rendu de Télérama...
Et j'y ajoute les liens de mes p'tits camarades...
"L'oeil sur l'écran" a mentionné le film, de même que Pascale et Dasola.
Le film commence par quelques photos noir et blanc illustrant l'arrivée soudaine de migrants en provenance de Syrie. Certains des habitants acceptent de les accueillir, sans hésiter, quand d'autres les rejettent avec force, les insultent et les malmènent. On découvre la jeune femme qui prenait les images. Dans une échauffourée, son appareil est cassé...
Pas de doute: on est bel et bien chez Ken Loach, éternel porte-parole des opprimés. Je l'appelle affectueusement le vieux lion britannique. Comme toujours, il navigue sur une ligne de crête, où son idéalisme forcené côtoie du pessimisme et parfois un peu de misérabilisme. J'imagine qu'en moins de deux heures, il est difficile de faire un film très nuancé. Le scénario de The Old Oak déploie de tels archétypes qu'il semble parfois ne s'adresser qu'aux convaincus de sa (noble) cause. Les acteurs, eux, sont irréprochables, et le duo Dave Turner - Ebla Mari affiche de fait une vraie belle complémentarité, lui comme restaurateur bourru au coeur tendre, elle en exilée fragile, humble et combattive. Dépourvu de véritable surprise, le film laissera passer un petit souffle d'espérance en nous parlant d'empathie et de possibles réconciliations. Il nous assure qu'un repas pris ensemble peut faire beaucoup de bien. Naïf ? Peut-être. Mais par les temps qui courent, plutôt salutaire, aussi !
The Old Oak
Film britannique de Ken Loach / 2023
Toute une cohorte de seconds rôles rend de fait ce film incarné, sincère et attachant. Je continue de penser que Ken Loach est le cinéaste idéal pour ce type de propos, mais d'autres opus tels que Fisherman's friends ou Pride me laissent penser qu'il aura aussi quelques dignes héritiers. Resterait à choisir (ou pas) entre les drames et les feel good movies. Autre horizon possible: la Belgique des frères Dardenne et de Rosetta...
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NB: le cinéaste était en France il y a peu...
Lors d'un passage à Cannes, le réalisateur a remercié le public français pour son soutien constant. Il a cité Martin Luther King: "La pire chose n’est pas la violence des méchants, mais le silence des gens de bien". Vous pourrez retrouver ses propos dans un compte-rendu de Télérama...
Et j'y ajoute les liens de mes p'tits camarades...
"L'oeil sur l'écran" a mentionné le film, de même que Pascale et Dasola.

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