J'en suis le premier surpris: voir un film de science-fiction au cinéma m'a donné envie d'en regarder un autre - et si possible, un classique. Après quelques hésitations, j'ai finalement décidé de choisir Solaris. Certains y voient "la réponse soviétique à 2001, l'odyssée de l'espace". C'est à croire qu'en 1972, la guerre des étoiles n'était pas encore finie...
Vous m'objecterez que celle de George Lucas n'avait pas commencé. Bref... c'est vrai, mais de toute manière, Solaris est un film très éloigné des aventures de Luke Skywalker et consorts. Je ne suis pas convaincu que son esprit de sérieux impose pour autant de le comparer aussitôt avec son prédécesseur kubrickien. Je préfère en évaluer les qualités propres et notamment le scénario, inspiré d'un roman publié dès 1961 sous la plume du Polonais Stanislaw Lem (1921-2006). Trois hommes vivent encore dans une station spatiale, mais ce qu'ils y font au juste interroge les décideurs politiques et scientifiques qui les ont missionnés. Un quatrième les rejoint afin de décider si tout cela peut se poursuivre ou si, au contraire, la station doit fermer, faute de résultats probants. Exerçant comme psychologue, ce Kris Kelvin découvre que la planète observée est à 100% recouverte d'un océan, apparenté à un cerveau ! Elle pourrait donc exercer une influence sur le comportement humain...
Je préfère ne pas trop en dire pour vous laisser une petite chance d'appréhender ce film sans a priori d'aucune sorte. On parle parfois d'une oeuvre "exigeante" et ce serait vous mentir que de prétendre ici qu'elle n'est pas difficile à décrypter (ou à tout le moins énigmatique). C'est volontairement que j'illustre mon propos par une seconde image insolite, qui correspond à l'apparition du principal personnage féminin. À vous de découvrir comment cette Khari - alias Ariane, en VF - s'insère dans une distribution essentiellement masculine et le rôle qu'elle joue dans ce drôle d'histoire. Vous devriez ainsi oublier la princesse Leia ! D'ailleurs, pour info, la question du souvenir et de tout ce qu'il apporte est placée au coeur de Solaris, qui est à mes yeux un grand film hanté. Mon vif intérêt pour la figure du fantôme y a trouvé de véritables motifs de satisfaction, même si je ne suis pas certain d'avoir tout compris. Qu'importe, au fond: le mieux est encore de laisser les images et sons exercer leur étrange pouvoir de fascination, quitte à revenir par la suite sur ce qui a pu être écrit à leur sujet. Vous ferez comme vous voudrez...
Solaris (Солярис - Solyaris)
Film soviétique d'Andreï Tarkovski / 1972
Cet opus est sorti sur les écrans moins de trois ans après le premier pas de l'homme sur la Lune: c'est dire combien il est original et inventif. Très sincèrement, il n'a rien d'un objet de propagande anti-américaine ! Revoir 2001, l'odyssée de l'espace demeure toutefois une bonne idée. Autre piste US: celle de l'écolo Silent running, sorti la même année. Bon et sinon, je peux sans doute également vous conseiller ce remake...
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Une précision sur la durée du film...
Celui que j'ai vu durait un peu moins de 2 heures 40, en deux parties. Apparemment, cette version est celle qui avait décroché un Grand Prix spécial du jury du Festival de Cannes (alors présidé par Joseph Losey). La toute première version est plus longue d'une grosse demi-heure. Apparemment, il en existe une troisième plus courte, destinée à la télé.
Vous avez envie de retourner en orbite ?
Super ! Je dédie ce texte à l'amie Sentinelle, une bonne connaisseuse qui, par ses explications, m'avait donné envie de me frotter au film. D'autres avis sont à découvrir du côté de Strum ou de "L'oeil sur l'écran".
Vous m'objecterez que celle de George Lucas n'avait pas commencé. Bref... c'est vrai, mais de toute manière, Solaris est un film très éloigné des aventures de Luke Skywalker et consorts. Je ne suis pas convaincu que son esprit de sérieux impose pour autant de le comparer aussitôt avec son prédécesseur kubrickien. Je préfère en évaluer les qualités propres et notamment le scénario, inspiré d'un roman publié dès 1961 sous la plume du Polonais Stanislaw Lem (1921-2006). Trois hommes vivent encore dans une station spatiale, mais ce qu'ils y font au juste interroge les décideurs politiques et scientifiques qui les ont missionnés. Un quatrième les rejoint afin de décider si tout cela peut se poursuivre ou si, au contraire, la station doit fermer, faute de résultats probants. Exerçant comme psychologue, ce Kris Kelvin découvre que la planète observée est à 100% recouverte d'un océan, apparenté à un cerveau ! Elle pourrait donc exercer une influence sur le comportement humain...
Je préfère ne pas trop en dire pour vous laisser une petite chance d'appréhender ce film sans a priori d'aucune sorte. On parle parfois d'une oeuvre "exigeante" et ce serait vous mentir que de prétendre ici qu'elle n'est pas difficile à décrypter (ou à tout le moins énigmatique). C'est volontairement que j'illustre mon propos par une seconde image insolite, qui correspond à l'apparition du principal personnage féminin. À vous de découvrir comment cette Khari - alias Ariane, en VF - s'insère dans une distribution essentiellement masculine et le rôle qu'elle joue dans ce drôle d'histoire. Vous devriez ainsi oublier la princesse Leia ! D'ailleurs, pour info, la question du souvenir et de tout ce qu'il apporte est placée au coeur de Solaris, qui est à mes yeux un grand film hanté. Mon vif intérêt pour la figure du fantôme y a trouvé de véritables motifs de satisfaction, même si je ne suis pas certain d'avoir tout compris. Qu'importe, au fond: le mieux est encore de laisser les images et sons exercer leur étrange pouvoir de fascination, quitte à revenir par la suite sur ce qui a pu être écrit à leur sujet. Vous ferez comme vous voudrez...
Solaris (Солярис - Solyaris)
Film soviétique d'Andreï Tarkovski / 1972
Cet opus est sorti sur les écrans moins de trois ans après le premier pas de l'homme sur la Lune: c'est dire combien il est original et inventif. Très sincèrement, il n'a rien d'un objet de propagande anti-américaine ! Revoir 2001, l'odyssée de l'espace demeure toutefois une bonne idée. Autre piste US: celle de l'écolo Silent running, sorti la même année. Bon et sinon, je peux sans doute également vous conseiller ce remake...
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Une précision sur la durée du film...
Celui que j'ai vu durait un peu moins de 2 heures 40, en deux parties. Apparemment, cette version est celle qui avait décroché un Grand Prix spécial du jury du Festival de Cannes (alors présidé par Joseph Losey). La toute première version est plus longue d'une grosse demi-heure. Apparemment, il en existe une troisième plus courte, destinée à la télé.
Vous avez envie de retourner en orbite ?
Super ! Je dédie ce texte à l'amie Sentinelle, une bonne connaisseuse qui, par ses explications, m'avait donné envie de me frotter au film. D'autres avis sont à découvrir du côté de Strum ou de "L'oeil sur l'écran".


4 commentaires:
Merci pour la dédicace, cher ami - même si j'ai l'impression d'être un brin plus emballée que toi ;-)
Avec plaisir, chère amie - même s'il est effectivement probable que tu sois plus "emballée".
Pour ma part, j'ai surtout été intéressé. Et parfois fasciné, aussi : c'est un film assez unique.
Que dire de plus ? Je crois que son aridité m'impressionne un peu. Je le trouve très cérébral.
Je suis toutefois content de l'avoir (enfin) vu, a fortiori parce que c'était en version originale russe.
Salut Martin,
Est-ce le "Hail Mary" de Ryan Gosling qui t'a propulsé jusque sur l'orbite de "Solaris" ? Voilà une raison supplémentaire pour que j'aille enfin le voir (au train où vont les choses, ce sera plus sûrement en dvd).
Film que je n'ai vu qu'une fois, en VHS, c'est dire si ça date (pas de l'époque soviétique, je te rassure). Film qu'il me faudrait revoir, surtout qu'une copie attend d'être déballée sur mon étagère à dvd.
Je note que tu as préféré la version Soderbergh. Celle-là, je l'ai vue en salle, après avoir découvert le Tarkovski. Je n'avais pas détesté mais préféré la version russe.
Assurément pas un film de propagande, Tarkovski est d'ailleurs enterré en France. Je suis allé m'incliner sur sa modeste tombe dans le cimetière orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois, à deux pas de celle, magnifique, de Noureev.
Hello Prince. En fait, j'ai longtemps hésité sur le film à regarder après "Projet Dernière Chance" et j'ai trouvé intéressant de clairement changer de registre. Ou, en tout cas, d'époque. Je me suis dit que j'allais m'offrir de découvrir un classique. J'ai alors repensé à Tarkovski et, après avoir envisagé de me lancer dans "L'enfance d'Ivan", j'ai retenu "Solaris" pour me frotter aussi à une autre vision de la conquête spatiale.
Après coup, je n'ai pas préféré la version Soderbergh. Juste considéré qu'elle est plus accessible. Je me dis d'ailleurs que les deux films doivent prendre une toute autre dimension encore sur écran géant - ce dont je n'ai pas encore pu juger. Un jour, peut-être...
Une certitude : "Solaris" ne sera pas mon dernier Tarkovski.
Je veux voir "L'enfance d'Ivan", donc, mais aussi (au moins) "Andreï Roublev".
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