jeudi 7 octobre 2021

La preuve par le son

Le cinéma sait pousser des portes qui, habituellement, sont fermées au grand public. C'est le cas dans Boîte noire, un bon film français venu mettre en lumière les missions du Bureau d'enquêtes et d'analyse pour la sécurité de l'aviation civile (BEA). Une bien belle "découverte". Suffisante en tout cas pour une bonne séance dans une salle obscure !

Mathieu Vasseur travaille donc pour le BEA: un peu mis sur la touche après une erreur d'interprétation fâcheuse, il est néanmoins chargé d'écouter les bandes audio de la cabine de pilotage d'un avion de ligne qui s'est crashé dans les Alpes. Et il a une grosse pression: son chef direct a disparu sans donner de nouvelles et le grand patron a prévu d'informer la presse de ses premières conclusions... dans la journée ! On comprend évidemment qu'il y a d'importants intérêts économiques derrière cet empressement, au-delà même d'une hypothétique vérité due aux familles de victimes. Et, dans ce bon scénario, c'est bien là que tout se joue: sous son casque, Mathieu tient peut-être une part de l'avenir de certains des sous-traitants de l'industrie aéronautique. Autant être très clair: je ne vous dis pas que c'est tout à fait crédible. Je dis juste que c'est accrocheur: Boîte noire est un film à suspense réussi, sans doute un peu rocambolesque parfois, mais aux rouages assez complexes pour tenir le spectateur en haleine un bon moment. À la manière des thrillers américains parano des années 70, en fait...

Et le réalisateur lui-même cite Hitchcock et Pakula en références ! C'est bien vu, mais ça n'aurait pas forcément suffi à me convaincre. Si j'ai pris autant de plaisir, c'est également grâce à un casting solide. Au gré de rôles très différents les uns des autres, Pierre Niney brille et confirme qu'il est l'un des meilleurs comédiens de sa génération. Avec lui, de vieux briscards à leur avantage: André Dussollier en boss exigeant et Olivier Rabourdin à la partition longtemps très ambigüe. Impossible de ne pas citer ceux que j'ai découverts en même temps que le film: Sébastien Pouderoux, sociétaire de la Comédie française, et surtout la lumineuse Lou de Laâge - je ne veux pas en dire plus. Sans entrer trop dans les détails, je peux vous dire que Boîte noire est aussi soigné sur la forme: je n'y ai vu aucune réelle fausse note. Compte tenu du sujet, vous serez attentifs au son: là encore, le film fait la preuve d'une belle efficacité et, à l'image du héros, il se peut que vous doutiez alors de ce que vos oreilles ont réellement entendu. Pas besoin d'être un expert, OK ? L'idée serait plutôt de s'en amuser...

Boîte noire
Film français de Yann Gozlan (2021)

Entre Blow out et Sully, un opus digne de ses modèles (supposés). Quelques petits temps morts, mais je me suis bien diverti: mission réussie et donc, bravo aux protagonistes ! Les trois jours du Condor et Conversation secrète sont évoqués, mais... je ne les ai pas vus. Côté suspense, j'ai aimé d'autres films récents: L'heure de la sortie et Jersey affair, par exemple. NB: le son est décisif dans The guilty !

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Un petit rappel...

Yann Gozlan et Pierre Niney avaient déjà collaboré: c'était là encore pour un film à suspense, Un homme idéal. Un peu moins emballant...

Et pour être complet...
Vous pouvez désormais aller lire une chronique de notre amie Pascale.

2 commentaires:

dasola a dit…

Bonsoir Martin, je n'ai pas encore écrit de billet sur ce film mais je l'ai beaucoup aimé : un scénario qui tient la route jusqu'au bout (ce qui n'est pas si courant dans les films français) et des comédiens très à l'aise dans leur rôle. Pierre Niney est vraiment bien. Bonne soirée.

Martin a dit…

Bonjour Dasola. 100% d'accord avec toi. J'ai bien aimé Niney et tous les autres.
J'ai hâte de lire ta chronique. Ce sera quand tu auras fini tes récits de voyage, je suppose.