Il est d'usage, en France, de considérer les films comme des oeuvres. Quand il signe le scénario, on dit du réalisateur qu'il est "un auteur". D'où mon intérêt particulier pour les premiers films d'un(e) cinéaste. J'aime découvrir de nouvelles têtes et tout autant remonter le temps avec celles qui me sont déjà familières. Ce que je vais faire aujourd'hui.
Paul Thomas Anderson n'a pas encore 26 ans quand son premier film débarque sur les écrans cannois en mai 1996, un gros trimestre à peine après sa projection au Festival de Sundance. Il doit encore batailler avec ses producteurs pour imposer sa vision... et je crois comprendre que la version de Double mise que j'ai vue n'est pas un director's cut. Désolé pour PTA: malgré cela, j'ai apprécié cette séance de rattrapage. L'histoire ? C'est celle de John, un type paumé, qui cherche une somme importante pour, dit-il, offrir de dignes funérailles à sa mère. Son deuil croise la route d'un dénommé Sydney, qui, le voyant si désemparé devant un diner, lui offre un café, une cigarette, mais aussi son aide. Deux ans plus tard, cet étonnant mentor a fait de son protégé un joueur de casino professionnel (après un "arrangement" pour l'enterrement). L'une des belles qualités du film, c'est qu'il reste longtemps mystérieux. Un seul exemple: pourquoi Sydney soutient-il John ? À vous de deviner...
Bâtir des hypothèses est d'autant plus ludique que le long-métrage s'illustre également par la qualité de son casting. J'ai aimé ce beau duo principal formé avec Philip Baker Hall et John C. Reilly, d'une sobriété admirable et tout à fait convaincants. J'ai aussi aimé voir cette actrice quelque peu oubliée aujourd'hui, Gwyneth Paltrow, 24 ans, dans un rôle venant encore confirmer un tout début de carrière plutôt prometteur. Pas question d'oublier le quatrième larron: un Samuel L. Jackson parfait dans un registre pour lui assez familier, me semble-t-il. Je tiens à dire que, film d'auteur en germe, Double mise est aussi un film d'acteurs. C'est en fait l'atmosphère qui s'en dégage qui m'a séduit en premier lieu. Une atmosphère de film noir à l'ancienne, sans esbroufe ni tapage, loin de ce que Hollywood produit à la chaîne pour le rayon des blockbusters. Depuis, Paul Thomas Anderson a fait du chemin - jusqu'à obtenir l'Oscar en mars de cette année. J'attends presque impatiemment son prochain !
Double mise (Hard eight)
Film américain de Paul Thomas Anderson / 1996
Une surprise ? Non, mais disons plutôt une très agréable confirmation. Elle vient renforcer mon intention de m'offrir une intégrale Anderson. Pour l'aspect casinotier, on n'est pas sur La Baie des Anges... et il faut que je revoie la référence signée Martin Scorsese. Bientôt, peut-être. Quelque chose ici m'évoque en fait la mise en scène des frères Coen quand elle n'est pas folle (Sang pour sang, The barber...). C'est classe !
Paul Thomas Anderson n'a pas encore 26 ans quand son premier film débarque sur les écrans cannois en mai 1996, un gros trimestre à peine après sa projection au Festival de Sundance. Il doit encore batailler avec ses producteurs pour imposer sa vision... et je crois comprendre que la version de Double mise que j'ai vue n'est pas un director's cut. Désolé pour PTA: malgré cela, j'ai apprécié cette séance de rattrapage. L'histoire ? C'est celle de John, un type paumé, qui cherche une somme importante pour, dit-il, offrir de dignes funérailles à sa mère. Son deuil croise la route d'un dénommé Sydney, qui, le voyant si désemparé devant un diner, lui offre un café, une cigarette, mais aussi son aide. Deux ans plus tard, cet étonnant mentor a fait de son protégé un joueur de casino professionnel (après un "arrangement" pour l'enterrement). L'une des belles qualités du film, c'est qu'il reste longtemps mystérieux. Un seul exemple: pourquoi Sydney soutient-il John ? À vous de deviner...
Bâtir des hypothèses est d'autant plus ludique que le long-métrage s'illustre également par la qualité de son casting. J'ai aimé ce beau duo principal formé avec Philip Baker Hall et John C. Reilly, d'une sobriété admirable et tout à fait convaincants. J'ai aussi aimé voir cette actrice quelque peu oubliée aujourd'hui, Gwyneth Paltrow, 24 ans, dans un rôle venant encore confirmer un tout début de carrière plutôt prometteur. Pas question d'oublier le quatrième larron: un Samuel L. Jackson parfait dans un registre pour lui assez familier, me semble-t-il. Je tiens à dire que, film d'auteur en germe, Double mise est aussi un film d'acteurs. C'est en fait l'atmosphère qui s'en dégage qui m'a séduit en premier lieu. Une atmosphère de film noir à l'ancienne, sans esbroufe ni tapage, loin de ce que Hollywood produit à la chaîne pour le rayon des blockbusters. Depuis, Paul Thomas Anderson a fait du chemin - jusqu'à obtenir l'Oscar en mars de cette année. J'attends presque impatiemment son prochain !
Double mise (Hard eight)
Film américain de Paul Thomas Anderson / 1996
Une surprise ? Non, mais disons plutôt une très agréable confirmation. Elle vient renforcer mon intention de m'offrir une intégrale Anderson. Pour l'aspect casinotier, on n'est pas sur La Baie des Anges... et il faut que je revoie la référence signée Martin Scorsese. Bientôt, peut-être. Quelque chose ici m'évoque en fait la mise en scène des frères Coen quand elle n'est pas folle (Sang pour sang, The barber...). C'est classe !
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