Je ne pensais pas revenir si vite en Afrique, mais je dois bien admettre que Cotton Queen m'y invitait sans attendre. Ce premier long-métrage d'une cinéaste soudanaise compte une longue liste de producteurs internationaux, mais je vais choisir de n'évoquer que le seul Soudan. Même si, pour des motifs de sécurité, le film a été tourné... en Égypte !
C'est de toute façon sur les bords du Nil que cette histoire commence. Nous découvrons aussitôt plusieurs jeunes femmes souriantes, au travail dans une exploitation cotonnière. L'une d'elles, Nafisa, est la petite-fille de la propriétaire, une grand-mère qui, sévère, exige un comportement exemplaire de sa part. Il n'est pas question, par exemple, de se baigner dans le fleuve au terme d'une longue journée de récolte, sous prétexte qu'il a fait chaud. Al-Sit trouve cette attitude d'autant moins admissible que ladite baignade s'effectue en groupe et sous le regard d'un homme. Elle n'a de fait aucun état d'âme à imposer à toutes et tous son autorité morale, une légende affirmant qu'elle a tenu tête à des colonisateurs anglais qui, jadis, convoitaient ses terres. Bientôt, une autre menace apparaît en la personne d'un dénommé Nadir, adepte des rendements agricoles optimisés et promoteur de la culture de coton transgénique. Vous l'aurez compris: dans Cotton Queen, il sera question de résistance. J'ai entendu dire que le scénario, par complaisance, livrait un message calibré pour les Occidentaux. Et je n'ai pas du tout eu cette impression !
C'est de toute façon sur les bords du Nil que cette histoire commence. Nous découvrons aussitôt plusieurs jeunes femmes souriantes, au travail dans une exploitation cotonnière. L'une d'elles, Nafisa, est la petite-fille de la propriétaire, une grand-mère qui, sévère, exige un comportement exemplaire de sa part. Il n'est pas question, par exemple, de se baigner dans le fleuve au terme d'une longue journée de récolte, sous prétexte qu'il a fait chaud. Al-Sit trouve cette attitude d'autant moins admissible que ladite baignade s'effectue en groupe et sous le regard d'un homme. Elle n'a de fait aucun état d'âme à imposer à toutes et tous son autorité morale, une légende affirmant qu'elle a tenu tête à des colonisateurs anglais qui, jadis, convoitaient ses terres. Bientôt, une autre menace apparaît en la personne d'un dénommé Nadir, adepte des rendements agricoles optimisés et promoteur de la culture de coton transgénique. Vous l'aurez compris: dans Cotton Queen, il sera question de résistance. J'ai entendu dire que le scénario, par complaisance, livrait un message calibré pour les Occidentaux. Et je n'ai pas du tout eu cette impression !
Plutôt qu'à notre mauvaise conscience, il est fait appel à notre curiosité et à notre pure capacité d'émerveillement. Quelque chose dans ce film relève de la fable: c'est d'autant plus clair qu'un personnage (d'ange ?) se présente en rêve à la jeune héroïne et semble inspirer sa manière d'être. Par ailleurs, le récit aborde très frontalement des sujets majeurs et très concrets en Afrique, tels que l'excision ou les mariages forcés. Évidemment, dans un Soudan encore et toujours ravagé par la guerre civile, on peut aisément supposer que le nombre de spectateurs "locaux" potentiels restera extrêmement restreint. À nous qui avons la chance d'accéder à ce cinéma-là, je ne recommande qu'une chose: en profiter. Oui, Cotton Queen est une oeuvre rare et, de ce fait même, précieuse. Elle avait d'abord été présentée à la Semaine de la critique de la Mostra vénitienne, l'année dernière - sans toutefois y recevoir le moindre prix. D'autres festivals s'en sont emparés et lui ont offert quelques trophées. Bon... OK, cela n'est certes pas une raison suffisante pour la découvrir. Que puis-je ajouter ? Qu'elle sera d'autant plus belle... sur grand écran !
Cotton Queen (تصنيف العمل - Malikat al-Qutn)
Film soudanais de Suzannah Mirghani / 2026
Le point d'exclamation que j'ai utilisé à la fin de chaque paragraphe vous confirme que j'ai beaucoup aimé cette découverte venue d'un pays méconnu. Le seul petit bémol, c'est qu'elle ne m'a pas vraiment surpris. Vous voulez rester en Afrique ? En Éthiopie, Lamb pourrait vous plaire. Ou alors, en Somalie, vous visiterez Le village aux portes du paradis. Deux opportunités - parmi d'autres - pour mieux apprécier notre monde.


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