lundi 31 mars 2025

Un père, ses impairs

Le 18 février, en apprenant sa mort, j'ai réalisé que Gene Hackman avait atteint l'âge de 95 ans. Il avait annoncé la fin de sa carrière depuis longtemps: c'était en 2004, après un ultime long-métrage. Quelques jours après sa disparition, j'ai revu La famille Tenenbaum. J'avais TOUT oublié de ce film. Or, sa fin lui ferait un bel hommage...

Royal Tenenbaum est un drôle de type, fumeur, menteur et infidèle. Sa femme Etheline (la magnifique Anjelica Huston) ont donc décidé d'une rupture, sans pour autant signer les papiers d'un divorce officiel. Royal doit expliquer la situation aux trois enfants du couple. Tous ont déjà un talent affirmé: Chas, l'aîné, pour la haute finance, Margot, la fille adoptée, pour l'écriture, et Richie, le petit dernier, pour le tennis. Je vous laisse découvrir ce qu'ils en font exactement. Une info en plus, tout de même: quand Royal quitte la grande maison familiale, il part pour 22 ans et le don supposé de chacun des mômes finit par disparaître avec lui. Cette triste tendance s'inversera-t-elle lorsque, sans le moindre sou vaillant, il cherchera à revenir en grâce auprès des siens ? C'est bien tout l'enjeu de ce scénario loufoque. Enfin, pas seulement: La famille Tenenbaum n'évite aucune situation tragique. Mais la fantaisie domine: c'est naturel, chez Wes Anderson !

Le cinéaste dandy signait ici la troisième de ses onze réalisations. Attendu cette année avec un nouvel opus, son style caractéristique fait d'images ultra-colorées et de plans relativement symétriques semble de fait avoir été affirmé dès ses toutes premières créations. Ces bonbonnières (comme les appelle une amie à moi, hello Céline !) peuvent sans doute lasser ceux qui les ont fréquentées dès le début. La famille Tenenbaum s'avère cependant un joli petit film... familial et ouvert en tout cas à un large public - à partir des ados, disons. Autre caractéristique très "andersonnienne": un casting de prestige. Quand les enfants ont grandi, ils sont ainsi incarnés par un trio chic et choc: j'ai nommé Ben Stiller, Gwyneth Paltrow et Luke Wilson. Fidèles du réalisateur ou non, on retrouve aussi d'autres grands noms du cinéma US: Owen Wilson, également crédité comme coscénariste, Bill Murray, Danny Glover et même Alec Baldwin... en narrateur ! Comme pour honorer leur travail, le film a permis à Gene Hackman d'obtenir plusieurs prix d'interprétation aux États-Unis. Il les mérite...

La famille Tenenbaum
Film américain de Wes Anderson (2001)

Au sujet de la smala dysfonctionnelle, c'est peut-être ce que le cinéma américain a de plus aigre-doux à offrir à nos mirettes européennes. Du même cinéaste, je préfère (légèrement) Moonrise Kingdom. L'aborder par ses animés - Fantastic Mr. Fox et L'île aux chiens - n'est pas forcément une mauvaise idée: un petit retour d'enfance. Ensuite, on pourra chercher des liens chez Spielberg, Zemeckis, etc...

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Un regard sur ce qu'en pensent les autres ?

Avec joie: vous pourriez notamment rebondir chez "L'oeil sur l'écran" !

3 commentaires:

Pascale a dit…

Je ne me souviens plus de ce film sauf que je m'y étais pas mal ennuyée.
Mais j'étais moins ouverte à la loufoquerie il y a un quart de siècle.

Gene Hackman avait dit qu'il tournerait encore si le film se tournait chez lui dans sa maison. Il n'aimait rien tant que sa tranquillité.

Martin a dit…

Je l'avais vu à sa sortie, moi aussi, et je n'en avais AUCUN souvenir, si ce n'est celui de l'ennui.
Comme quoi, à la revoyure, mon jugement a évolué dans un sens positif. Le style Anderson reste très particulier.

Je ne connaissais pas cette anecdote sur Gene (merci !). J'imagine "Impitoyable" dans son salon...

Pascale a dit…

Je suis d'accord que les jugements peuvent évoluer. J'ai revu un film Francis Ford Coppola que j'avais encensé à sa sortie. J'ai revu un pur navet !!!

J'aurais voulu retrouver la phrase de Gene mais j'ai eu beau chercher... C'est dommage car c'était drôle et une élégante façon de leur dire : allez vous faire voir.