mercredi 8 juin 2016

Vers l'océan

Il se passe un truc avec les déserts. Ces environnements hostiles composent le coeur de plusieurs des films que j'ai vus depuis le début de l'année. Nouvel exemple aujourd'hui avec Tracks, l'histoire vraie d'une jeune Australienne, déterminée à arpenter, en 1977, 3.000 km pour rallier l'Océan Indien. Elle s'appelle - toujours - Robyn Davidson...

Visible depuis au moins deux ans en Australie, ce joli long-métrage est enfin sorti chez nous, d'après moi à la faveur de la notoriété croissante des acteurs principaux, Mia Wasikowska et Adam Driver. Leur duo en mode "je t'aime, moi non plus" fonctionne bien et donne semble-t-il une vision assez respectueuse de la relation particulière qui unissait l'aventurière et Rick Smolan, journaliste photographe américain, appointé par le National Geographic - je vous laisserai chercher par vous-mêmes les détails de cette histoire. Tracks est l'un de ces films qui donne envie de prendre quelques affaires et de partir sur les routes. Le scénario prend tout de même le temps d'expliquer que le voyage de Robyn Davidson n'était pas tout à fait improvisé. Motivée, déterminée mais pas folle, la jeune femme avait effectué plusieurs petits boulots pour financer son grand départ vers l'inconnu. En prime, il lui aura quand même fallu une bonne dose... de courage !

J'ai appris du coup qu'outre des lapins et des kangourous, le continent austral accueillait des camélidés par milliers. Arrivés avec les colons du 19ème siècle, certaines de ces bêtes de somme ont su s'acclimater aux conditions locales: leurs descendants vivent désormais à l'état sauvage, d'autres faisant le bonheur des éleveurs, pour le transport ou pour leur viande. Comme Tracks le rappelle, c'est avec son chien et quatre dromadaires que Robyn Davidson partit un beau matin. Impossible de reprocher au film son esthétique, illustration - fidèle - de la beauté des paysages traversés et des périls croisés en chemin. Le film a le mérite de ne pas diviniser son héroïne, faisant état aussi de sa relative asociabilité - qui lui tient lieu de protection, toutefois. Si le long-métrage a un défaut, ce serait plutôt l'usage un peu balourd de flashbacks explicatifs, là où un peu de mystère n'aurait pas nui. Bon... ce (petit) bémol ne me fera assurément pas renier mon plaisir.

Tracks
Film australien de John Curran (2014)

Un long-métrage très honorable, donc, même s'il n'a pas le lyrisme d'un film de Peter Weir - cf. le superbe Pique-nique à Hanging Rock. Beaucoup font la comparaison avec Into the wild, référence (ultime ?) du film sur un personnage solitaire en face-à-face avec la nature. J'aime autant ne pas spoiler, mais le parallèle ne tient pas vraiment. J'ajoute toutefois que, dans les deux cas, on en prend plein les yeux ! 

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