dimanche 29 mai 2016

Amour et gaspacho

Parce que j'aime certains de ses films récents, je me dis qu'il serait intéressant de connaître les oeuvres des débuts de Pedro Almodovar. Sans remonter jusqu'aux origines (1974 !), j'ai vu récemment un film ancien au titre mémorable: Femmes au bord de la crise de nerfs. Sincèrement, avant de le regarder, je n'en savais rien - ou presque...

Je suis donc tombé (avec un relatif plaisir) sur un vaudeville. Plombé d'abord par la VF, j'ai finalement réussi  à me concentrer sur le récit. Son héroïne, Pepa, est doubleuse cinéma, amoureuse d'Ivan, doubleur lui aussi. Seulement voilà, quand il lui faut dire des mots d'amour absolu sur d'autres images que celles de sa vie, Pepa ne parvient plus à retenir ses larmes, puisqu'Ivan vient en réalité de la plaquer. Pourquoi ? Ou plutôt pour qui ? C'est ce que la jeune femme tient absolument à découvrir, la vengeance lui paraissant la meilleure façon d'effacer son désespoir. Reste que le titre du film n'est pas au pluriel pour rien: Femmes au bord de la crise de nerfs est un kaléidoscope féminin, où le destin des unes et des autres se croise pour le meilleur peut-être, mais surtout pour le rire. Almodovar a choisi de s'amuser !

Pour le coup, c'est plutôt réussi: notre bon ami Pedro a déjà compris qu'une bonne comédie repose d'abord sur le rythme et fait avancer son scénario sans réel temps mort. Les amateurs retrouveront ici quelques visages connus, dont Carmen Maura et Rossy de Palma parmi ces dames, mais aussi Antonio Banderas chez les garçons. Après, OK... vous dire que je me suis esclaffé, ce serait exagéré. L'objectivité m'amène à vous assurer que je ne me suis pas ennuyé. Femmes au bord de la crise de nerfs est un bon film, pas un chef d'oeuvre. Son côté irrévérencieux le rend sympathique, mais l'audace dont il témoigne était sans doute plus nette dans l'Espagne de 1988 qu'en France, 28 ans plus tard. Autre petit bémol: la mise en scène reste assez théâtrale. Bon... je n'ai pas envie de chipoter pour si peu.

Femmes au bord de la crise de nerfs
Film espagnol de Pedro Almodovar (1988)

Plusieurs fois récompensé aux Goya, le film jouit d'une réputation internationale très correcte: il fut nommé à l'Oscar et reçut un accueil bienveillant aux Festivals de Venise et Berlin. Dans ce que je connais de la filmo de son auteur, je préfère toutefois des oeuvres à suspense comme La piel que habito ou dramatiques (cf. Étreintes brisées). Maintenant, si les vaudevilles vous font rire, aucune raison d'hésiter !

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Théâtre, vous avez dit théâtre ?
Le film serait en fait l'adaptation libre d'une pièce, La voix humaine. Une histoire de rupture sortie, en 1930, de la plume de Jean Cocteau.

Si vous en voulez en savoir davantage...
Une autre chronique n'attend que vous du côté de "L'oeil sur l'écran".

4 commentaires:

ChonchonAelezig a dit…

Complètement fou, ce film !

tinalakiller a dit…

Etrangement, malgré tout l'amour que j'ai pour pas mal de films d'Almodovar, je ne suis pas plus fan que ça de celui-ci, pourtant un de ses plus connus! Ca m'a fatiguée...

Martin a dit…

@Chonchon:

Tout à fait ! Des situations qu'on pourrait retrouver dans la vraie vie, mais avec une bonne couche supplémentaire de n'importe quoi ! Le procédé lui-même m'est assez sympathique, je dois dire.

Martin a dit…

@Tina:

Je serais assez d'accord pour dire qu'on n'est pas très loin de l'hystérie, par moments. Il n'y a guère de temps mort pour souffler un peu et tous les personnages ne sont pas forcément très sympa.