dimanche 19 juillet 2009

Le dernier gros coup

Allez, encore un film en noir et blanc aujourd'hui. Dans la longue liste de ceux auxquels la Fnac m'a permis de donner une chance, je peux ajouter Du rififi chez les hommes, de l'Américain Jules Dassin. L'histoire d'un gangster qui sort de prison et reprend aussitôt contact avec un autre, plus jeune que lui. Il se monte donc très rapidement un dernier gros coup, le braquage nocturne d'une grande bijouterie parisienne. L'affaire s'organise avec deux associés italiens recrutés pour leurs supposées compétences complémentaires. Je n'en dirai pas beaucoup plus pour ne pas vous gâcher la surprise, si ce n'est simplement que l'intrigue connaît son lot de rebondissements et enfin que la tonalité du long métrage est très noire, presque désespérée même, d'un certain point de vue. Stop ! Maintenant, je vous laisse voir par vous-mêmes ce que j'entends par là... et si vous confirmez. Franchement, il y a en tout cas du plaisir à prendre ! Je suis ravi d'avoir la chance de découvrir ce genre de films, réédité sur DVD !

Du rififi chez les hommes est une fort agréable surprise. Ne m'étant appuyé sur aucune référence particulière au moment de l'emprunter, j'ai été vraiment satisfait d'avoir porté mon choix sur cette oeuvre millésimée 1955. Repère découvert plus tard: c'est en fait également le premier roman d'Auguste Le Breton à avoir été adapté au cinéma, avant que ne le soient notamment Razzia sur la chnouf ou Le clan des Siciliens, sans doute plus illustres. Bref. Il y a dans ce scénario quelque chose de très noir, je l'ai déjà dit. Entendez par là que c'est vraiment un film de gangsters à l'ancienne, avec des codes, autant de manières de procéder qui peuvent sembler décalées 54 ans (!) plus tard. Au final, l'association de malfaiteurs n'a que peu de points communs avec celle d'un Ocean's eleven, pour ne citer qu'un exemple récent. Il n'en reste pas moins que ses protagonistes ont vraiment "de la gueule" et qu'on se laisse donc facilement attraper par leurs aventures incertaines. Action, suspense, situations crédibles et dialogues ciselés: beaucoup de qualités là-dedans.

Le travail de Jules Dassin derrière la caméra n'est pas la dernière. Pour la petite histoire, c'est la première fois que le réalisateur américain traverse l'Atlantique et, après un séjour à Londres, pose ses valises à Paris, fuyant l'oppression du maccarthysme. Son fils Joe a alors 17 ans et ne chante pas encore. Bonne inspiration cinématographique, pourtant: Du rififi chez les hommes lui vaut l'immédiate reconnaissance de la profession et, tout de suite, un Prix de la mise en scène au festival de Cannes. C'est d'autant plus remarquable qu'il est aussi, caché sous un pseudo, bien présent parmi les acteurs, dans le rôle - important parce que décisif - d'un des deux braqueurs... italiens. Ensuite, il partira tourner en Grèce, où il épousera d'ailleurs Mélina Merkouri, artiste et future ministre de la Culture. Autant d'anecdotes dont vous pourrez facilement prendre une connaissance plus détaillée sur Internet, via Wikipedia par exemple. Tout cela m'éloigne un peu du film: (re)marquée, entre autres, par une longue scène sans dialogues, cette découverte m'a donc réellement enthousiasmé. Je vous la recommande vivement. Elle m'a aussi donné très envie d'en voir d'autres du même cinéaste. Pour conclure, ce constat: elle arrive pile au milieu de la filmographie de son auteur, qui réalisa douze autres films avant, et en tourna douze autres après, de 1941 à 1980. Un vaste champ des possibles...

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