samedi 14 février 2026

Cet éternel amour

Pauvre orfraie ! Vous le savez peut-être: le nom de cet oiseau rapace est utilisé pour qualifier les cris de ceux qui se montrent scandalisés dans diverses circonstances (et souvent pour de simples broutilles). Inutile de se formaliser: je tiens, moi, à célébrer la Saint-Valentin. Amoureux sincères et "de pacotille", cette chronique vous est dédiée !


Voici d'abord... Les amants de Vérone
Un film français d'André Cayatte / 1949
Rappelons-le pour commencer: dans la pièce Roméo et Juliette (1597) du très illustre Shakespeare, deux adolescents vivent leur passion amoureuse sans se soucier de la rivalité qui oppose leurs familles. Cette tragédie est au coeur du film, qui n'en est pas une adaptation littérale. C'est par hasard - et sur un plateau de tournage - qu'Angelo rencontre Giorgia. Le coup de foudre est instantané et réciproque. Lui, souffleur de verre, orphelin et entouré de très joyeux drilles. Elle, fille d'une famille nostalgique du fascisme dont elle compte s'affranchir, avant que son père la vende à un vil maître-chanteur. Cruel, le destin les fait se découvrir et s'aimer, mais il les brisera. Histoire "en décalage" et parallèle du grand classique shakespearien. De facture classique, le film est vraiment d'une très grande beauté. En cause: les décors et les dialogues signés Jacques Prévert, ciselés. Cerise sur le gâteau: un casting de haut vol, même si certains acteurs comme Pierre Brasseur ou Louis Salou sont un peu - trop - cabotins. Pas grave: je n'ai eu d'yeux que pour Anouk Aimée et Serge Reggiani !

En bonus: un autre avis est en ligne sur le blog de "L'oeil sur l'écran".

---

Et je veux parler aussi de... Roméo et Juliette
Un film britannico-italien de Franco Zeffirelli / 1968
Difficile de départager les deux nationalités de ce long-métrage. Doit-on dire Romeo and Juliet ? Romeo e Giulietta ? Ou les deux ? Qu'importe: c'est une adaptation fidèle de la source shakespearienne. Elle est sortie du lot à l'époque pour une raison particulière: le choix de confier les rôles-titres à de très jeunes comédiens, Olivia Hussey née en avril 1951 et Leonard Whiting un peu plus tôt, en juin 1950. Deux très beaux ados, au talent encore en germe, mais prometteur. Leur complicité à l'écran les rend en tout cas parfaitement crédibles et - ce qui est bien entendu l'essentiel - particulièrement touchants. J'en suis venu à considérer l'histoire des deux amoureux maudits comme un hymne à la jeunesse. En contrepoint, la réconciliation finale des Montaigu et Capulet ressemble franchement à un geste désespéré, arrivé beaucoup trop tardivement pour guérir les coeurs. Spectateurs, on se consolera quand même avec de solides arguments techniques: le film nous offre en effet une flamboyante reconstitution de la Vérone médiévale... et une magnifique partition de Nino Rota. Du tapage, disent certains. Digne du grand William, jurent d'autres. Amateurs de grand cinéma classique, n'ayez plus d'hésitation: foncez !

En bonus: vous pouvez de nouveau lire un avis de "L'oeil sur l'écran".

----------
Et pour finir, que vous soyez amoureux ou non...

Je vous invite à évoquer vos préférences du côté des films d'amour. Et peut-être que je reparlerai d'autres versions de Roméo et Juliette !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire