Le saviez-vous ? Seul un migrant africain sur cinq se rend en Europe. Les autres, eux, se déplacent "juste" vers un autre pays du continent. C'est ce que j'ai appris en découvrant Promis le ciel, un beau film sorti mercredi et d'abord présenté dans la sélection Un certain regard lors du Festival de Cannes 2025. Il mérite clairement votre attention !
Marie, Naney et Jolie habitent sous le même toit. Ces trois femmes d'origine ivoirienne vivent à Tunis et ont recueilli une fillette, Kenza. Pudiquement, on leur a vite expliqué que les proches de la gamine avaient disparu dans un naufrage. La rescapée représente une bouche supplémentaire à nourrir, mais, à quatre ans, elle apporte une gaieté appréciable pour toute la maisonnée. Ce qui adoucit un peu les temps difficiles que traversent les trois adultes, confrontées à des situations sociales pour le moins précaires. Marie est à la tête d'une église évangéliste surveillée de près par les autorités. Sans titre de séjour valable, Naney se débrouille avec le soutien de Foued, un Tunisien plus âgé. Quant à Jolie, elle s'en sort un peu mieux avec des papiers en règle et, étudiante, bénéficie du soutien financier de son père resté à Abidjan. Les trois destins se croisent, en relative harmonie. Très concret, Promis le ciel n'est pas un film plombant pour autant. Ce n'est qu'au moment du générique final que son titre sera expliqué. Emprunté à une chanson de Delgres, il m'a semblé des plus pertinents.
La réalisatrice du film a confié aimer "que cette chanson aux paroles tragiques insuffle de l'énergie, comme nos personnages". Je confirme que nous n'avons pas affaire ici à un long-métrage misérabiliste. Certes, quelques larmes sont versées, mais il n'est JAMAIS question de s'apitoyer sur le sort de pauvres gens, mais plutôt de prendre acte de leur situation et de mieux mesurer leur indéniable combativité. Pour user d'un cliché, je pourrais en somme dire que Promis le ciel leur rend leur dignité. Mais... l'avaient-ils seulement perdue ? Pas sûr. En tout cas, j'ai pris énormément de plaisir à retrouver Aïssa Maïga dans le rôle de Marie, elle que j'aurais plutôt reliée à des prestations comiques. Avec elle, la jeune artiste, actrice et activiste Laetitia Ky et la débutante Debora Lobe Naney forment un trio de grand talent. Quelques hommes complètent ce tableau, que je crois assez réaliste, des conditions de vie des populations subsahariennes en Tunisie. Parmi eux, des Ivoiriens, mais également de nombreux ressortissants sénégalais, congolais et camerounais, qui refuseront d'aller plus loin. C'est donc une réalité que je viens d'appréhender grâce au cinéma. J'essayerai de bien retenir que c'est cela aussi, l'état de notre monde !
Promis le ciel (سماء بلا أرض - Sama' bila 'ard)
Film franco-tunisien d'Erige Sehiri / 2026
Pour info, c'est encore grâce à la joyeuse bande des Fiches du Cinéma que j'ai pu faire la chouette découverte de ce film made in Africa. L'objectivité m'amène d'ailleurs à confirmer que le cinéma tunisien reste (trop) rare sur les Bobines - malgré le choc Les enfants rouges l'an passé. L'Algérie est un peu mieux lotie, le Maroc à un niveau équivalent. Mon index "cinéma du monde" peut guider votre curiosité.
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Je dois vous avouer quelque chose...
Ce beau film, je l'avais déjà vu en décembre - le 16, pour être précis. Il aurait tout à fait pu apparaître entre Lady Nazca et L'agent secret. Mais... je préfère attendre la sortie officielle avant toute publication.
Marie, Naney et Jolie habitent sous le même toit. Ces trois femmes d'origine ivoirienne vivent à Tunis et ont recueilli une fillette, Kenza. Pudiquement, on leur a vite expliqué que les proches de la gamine avaient disparu dans un naufrage. La rescapée représente une bouche supplémentaire à nourrir, mais, à quatre ans, elle apporte une gaieté appréciable pour toute la maisonnée. Ce qui adoucit un peu les temps difficiles que traversent les trois adultes, confrontées à des situations sociales pour le moins précaires. Marie est à la tête d'une église évangéliste surveillée de près par les autorités. Sans titre de séjour valable, Naney se débrouille avec le soutien de Foued, un Tunisien plus âgé. Quant à Jolie, elle s'en sort un peu mieux avec des papiers en règle et, étudiante, bénéficie du soutien financier de son père resté à Abidjan. Les trois destins se croisent, en relative harmonie. Très concret, Promis le ciel n'est pas un film plombant pour autant. Ce n'est qu'au moment du générique final que son titre sera expliqué. Emprunté à une chanson de Delgres, il m'a semblé des plus pertinents.
La réalisatrice du film a confié aimer "que cette chanson aux paroles tragiques insuffle de l'énergie, comme nos personnages". Je confirme que nous n'avons pas affaire ici à un long-métrage misérabiliste. Certes, quelques larmes sont versées, mais il n'est JAMAIS question de s'apitoyer sur le sort de pauvres gens, mais plutôt de prendre acte de leur situation et de mieux mesurer leur indéniable combativité. Pour user d'un cliché, je pourrais en somme dire que Promis le ciel leur rend leur dignité. Mais... l'avaient-ils seulement perdue ? Pas sûr. En tout cas, j'ai pris énormément de plaisir à retrouver Aïssa Maïga dans le rôle de Marie, elle que j'aurais plutôt reliée à des prestations comiques. Avec elle, la jeune artiste, actrice et activiste Laetitia Ky et la débutante Debora Lobe Naney forment un trio de grand talent. Quelques hommes complètent ce tableau, que je crois assez réaliste, des conditions de vie des populations subsahariennes en Tunisie. Parmi eux, des Ivoiriens, mais également de nombreux ressortissants sénégalais, congolais et camerounais, qui refuseront d'aller plus loin. C'est donc une réalité que je viens d'appréhender grâce au cinéma. J'essayerai de bien retenir que c'est cela aussi, l'état de notre monde !
Promis le ciel (سماء بلا أرض - Sama' bila 'ard)
Film franco-tunisien d'Erige Sehiri / 2026
Pour info, c'est encore grâce à la joyeuse bande des Fiches du Cinéma que j'ai pu faire la chouette découverte de ce film made in Africa. L'objectivité m'amène d'ailleurs à confirmer que le cinéma tunisien reste (trop) rare sur les Bobines - malgré le choc Les enfants rouges l'an passé. L'Algérie est un peu mieux lotie, le Maroc à un niveau équivalent. Mon index "cinéma du monde" peut guider votre curiosité.
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Je dois vous avouer quelque chose...
Ce beau film, je l'avais déjà vu en décembre - le 16, pour être précis. Il aurait tout à fait pu apparaître entre Lady Nazca et L'agent secret. Mais... je préfère attendre la sortie officielle avant toute publication.


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