lundi 14 août 2023

Indyspensable ?

"Les vrais héros ont forcément une petite part d'immortalité". J'avoue que cela manque de modestie, mais... j'attaque donc cette chronique avec une auto-citation, issue du billet que j'avais consacré (en 2008 !) au quatrième volet cinématographique des aventures d'Indiana Jones. Une bonne façon, je crois, d'introduire mon propos sur le cinquième...

Rappel: ce personnage d'archéologue aventurier a rencontré le public dans les années 80, avec un premier film dès 1981, puis deux autres sortis en 1984 et 1989. Il aurait pu n'y avoir que cette trilogie. Finalement, Steven Spielberg, le réalisateur de ces trois épisodes originels, se laissa convaincre par son ami producteur George Lucas d'en tourner un de plus en 2008 - lui aussi aurait pu être le dernier. Quinze ans (et un semi-échec plus tard), les deux larrons "historiques" sont toujours liés à la production, mais la réalisation d'Indiana Jones et le cadran de la destinée revient à un troisième: James Mangold. Les puristes peuvent respirer: Harrison Ford est à nouveau l'acteur principal et, désormais octogénaire, il joue sur la corde nostalgique sans aucun état d'âme apparent. Un début de satisfaction (pour moi) !
 
Qui s'empare du personnage d'Indiana Jones fait face à des codes. Concrètement, on ne peut pas tout se permettre avec un archétype aussi puissant. Cela tombe bien: grâce aux technologies numériques modernes, le film peut nous faire revenir en 1944 et offrir au héros une nouvelle confrontation avec ses ennemis habituels, les Nazis. C'est l'occasion d'une scène d'ouverture mémorable: une demi-heure d'action échevelée qui permet de poser les enjeux de ce qui arrive ensuite, pendant deux bonnes heures encore (et censément en 1969). Je dois vous le dire: Indiana Jones et le cadran de la destinée m'aura d'abord déconcerté, du fait de la profusion d'effets spéciaux. Question d'habitude, sans doute: je gardais en mémoire les images de la décennie 80 et le cinéma a beaucoup évolué depuis. Dont acte...

Heureusement pour moi, j'ai fini par m'habituer... et j'ai été content de retrouver Indy à l'âge mûr, professeur d'université presque retraité et divorcé, ne suscitant plus guère d'intérêt parmi ses étudiant(e)s. Très logiquement, c'est justement à cet instant précis que le scénario introduit un nouveau personnage dans la saga: Helena, présentée comme la filleule de l'aventurier. On comprend vite que ce dernier négligeait son rôle de parrain depuis longtemps, mais vous auriez tort de croire que je vais révéler les raisons de ce fameux désintérêt. Simplement, sachez-le: Indiana Jones et le cadran de la destinée gagne beaucoup avec l'apparition de cette protagoniste féminine inattendue. Y compris une certaine modernité, tout à fait bienvenue. Rien de très audacieux, ni de très appuyé, mais un vrai souffle inédit.

À mes yeux, c'est bien là que réside la réussite de ce nouveau film. Tout en montrant du respect pour les figures imposées mises en place il y a maintenant plus de quarante ans, il y apporte quelque chose d'assez riche pour proposer mieux qu'une banale suite de plus. Apparemment, le succès public n'est pas franchement au rendez-vous aux États-Unis ! De quoi peut-être éviter une déclinaison ultime autour de la nouvelle héroïne, qui n'aurait rien de bien nécessaire. Indiana Jones et le cadran de la destinée peut valoir pour lui-même pour les spectateurs néophytes de 2023... et il peut aussi tenir lieu d'agréable conclusion à la légende pour tous les autres, déjà initiés. C'est pourquoi il est de fait inutile d'aller encore plus loin, à mon avis. Même si j'admets mon plaisir face à ce type de sagas "à l'ancienne"...

Indiana Jones et le cadran de la destinée
Film américain de James Mangold (2023)

Vous l'aurez compris: j'ai vraiment apprécié ce cinquième épisode. Sans être le blockbuster le plus original du monde, cet opus m'a séduit et offert le spectacle attendu, à quelques détails - numériques - près. Je vous rappelle que j'avais déjà chroniqué les épisodes 1, 2, 3 et 4. Vous pourriez également remonter le temps avec Le secret des Incas. Ou préférer l'ersatz Allan Quatermain et le dernier des Tomb raider !

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D'autres points de vue, ailleurs ?

Je vous renvoie à ceux de Pascale, Dasola, Princécranoir et Benjamin. NB: vous en saurez plus sur le méchant (incarné par Mads Mikkelsen). Et/ou sur la prestation de l'actrice principale, Phoebe Waller-Bridge...

4 commentaires:

  1. Bon, tu connais mon sentiment sur ce film dyspensable. J'ai eu le tort de me repasser "les Aventuriers..." juste avant, et la comparaison ne plaide pas en faveur du plus récent. Encore que, le meilleur de ce film réside dans les scènes qui nous replongent dans le passé. Et si finalement c'était vraiment mieux avant ?

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  2. Bonjour Martin, personnellement, je n'ai vraiment pas boudé mon plaisir. J'ai même oublié qu'Harrison Ford avait 80. Les effets spéciaux font des miracles. Bonne après-midi.

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  3. @Princécranoir:

    Oui, je le connais, ton sentiment ! Il m'a d'ailleurs inspiré le titre de la chronique. Et je peux admettre avec toi que "Les aventuriers de l'arche perdue" est un meilleur film. Mais il y a dans ce constat une forme de nostalgie que les jeunes générations auront sans doute du mal à comprendre...

    C'était mieux avant, le cinéma ? Je ne suis pas sûr. Mais cela nous convenait peut-être mieux aux enfants et ados que nous étions.

    Bon, et puis, je n'attendais pas que Mangold fasse mieux (ou même aussi bien) que Spielberg !

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  4. @Dasola:

    Nous sommes sur la même longueur d'ondes. Même si j'espère que ces effets spéciaux rajeunissants ne vont pas aller jusqu'à devenir la nouvelle norme du cinéma de divertissement...

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