mardi 20 mars 2018

La bonne éducation

D'abord, une petite précision historique: de 1350 à 1939, la Thaïlande portait le nom de Royaume de Siam. Le film dont je veux vous parler aujourd'hui nous ramène en 1862, sous le règne de Rama IV Mongkut. Anna et le roi évoque l'histoire (vraie) d'une Anglaise venue en Asie pour donner des cours aux enfants du souverain. La grande aventure !

Le récit de sa vie apparaît comme une source d'inspiration récurrente pour les scénaristes: rien qu'au cinéma, on en compte trois versions différentes ! La première, Anna et le roi de Siam, sortie en 1946, reposait sur le duo Irene Dunne / Rex Harrison. La plus connue s'appelle Le roi et moi (1956): en partie musicale, elle met en scène un tandem constitué de Deborah Kerr et Yul Brynner. Je vous épargne la comédie musicale, la série télé et le dessin animé: c'est fin 1999 que Jodie Foster reprend le personnage d'Anna Leonowens, chargée de leçons de modernité à la cour du roi Chow Yun-Fat. Il va sans dire que l'aura glamour des deux acteurs joue sur la réussite du film. Vraiment prévisible dans son déroulé, ce dernier reste un spectacle très agréable... pour qui veut bien se laisser aller à la contemplation !

C'est vrai que, dans cette posture, on peut avoir l'impression parfois d'avoir ouvert un beau livre d'images. De très importants moyens semblent avoir été investis dans la reconstitution: les décors naturels sont très convaincants et les costumes absolument somptueux. Indiscutablement, Anna et le roi est d'abord un plaisir pour les yeux. L'esprit n'arrive qu'au second plan: le portrait de femme est passionné et sincère, sans doute, mais manque d'un peu de consistance. Disons plutôt, ainsi que je l'ai mentionné plus haut, que tout ce qui passe devant notre regard occidental est relativement facile à anticiper ! Franchement, c'est ce qui est le plus regrettable car ce que l'on voit demeure malgré tout plaisant, bien que balisé sur le fond et la forme. Est-ce que ça vous plaira ? Je le crois, mais je vous laisse seuls juges.

Anna et le roi
Film américain d'Andy Tennant (1999)

Un prof européen au service d'un monarque asiatique ? Je pense inévitablement à un autre film que j'adore: Le dernier empereur. Meilleure, l'oeuvre de Bernardo Bertolucci ne doit pas vous empêcher de donner sa chance au pur produit hollywoodien présenté aujourd'hui. Le décorum vous séduit ? Du côté de la Chine ancienne, vous pourriez trouver votre compte avec L'empereur et l'assassin. À vous de voir !

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Vous voulez lire une autre critique du film ?

Pas de problème: aujourd'hui, je vous renvoie vers "L'oeil sur l'écran".

6 commentaires:

  1. Hey Martin. Vu le film avec Deborah Kerr et Yul Brynner. Agréable. Mais alors... y a longtemps.

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  2. J'ai vu aussi Deborah et Yul : très kitsch dans mon souvenir. Les costumes de Yul étaient sexys:-)))
    Celui avec Jodie et Chow Yun est encore plus hollywoodien.
    C'est gentillet, coloré et sans la moindre surprise.

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  3. @Eeguab:

    Pour tout te dire, c'est parce que ma chère maman avait vu le Kerr / Brynner récemment que j'ai revu le Foster / Yun-Fat... avec elle. Chouette moment familial.

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  4. @Pascale:

    D'accord avec toi. Mon côté "fleur bleue" s'accommode bien de ce genre de films, de temps en temps.

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    1. Oui moi aussi. Je me suis surprise récemment lors d'un zapping frénétique de passer plus d'un quart d'heure devant Sissi. Oui je pousse très loin l'extrémisme... La voix incroyable de Romy, ses robes, ses cheveux et les couleurs flashys de la Bavière... c'était DÉMENT.
      En parcourant sa bio on sait que Sissi était anorexique, égoïste, exclusivement préoccupée par son physique et n'aurait eu aucune influence politique. Elle n'a pas non plus vécu la belle histoire d'amour du film. Son Franz la trompait systématiquement.
      Désolée pour le hors sujet (passionnant).

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  5. Je me suis promis qu'un jour, je regarderai "Sissi". En entier.
    Effectivement, le personnage historique n'était pas du tout conforme à l'imagerie du film.

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