samedi 31 octobre 2026

Une femme fatale ?

Autant l'admettre d'emblée: oui, le scénario de Il faut tuer Birgitt Haas paraît parfois tout à fait invraisemblable. C'est une explication possible pour comprendre pourquoi ce film ne s'impose pas comme un classique du cinéma français (en dépit du duo Philippe Noiret - Jean Rochefort). Cette production franco-allemande n'est pas inintéressante pour autant.

Entre les vedettes françaises, j'ai apprécié le jeu de la comédienne allemande Lisa Kreuzer, ex-épouse et égérie d'un certain Wim Wenders. Comme vous l'avez sûrement compris, la Birgitt Haas du titre, c'est elle. Un personnage d'ancienne terroriste, fictif, mais en fait plutôt proche de ce qu'aurait pu être une jeune activiste de la Fraction Armée Rouge. Au début du film, un chef-espion français reçoit l'ordre de la retrouver et de l'abattre, sur une requête... des services secrets d'outre-Rhin. L'exécutant, peu enclin à de tels "dépannages", doit cependant s'y plier. Il délègue la sale besogne et, prudent, décide de superviser l'opération. Ce qui laisse toutefois une place non négligeable aux rebondissements...

Une fois les principaux protagonistes présentés, le puzzle qu'est le film commence logiquement à se mettre en place... et d'abord d'une façon presque ludique. Rochefort apparaît ainsi comme la victime collatérale probable des barbouzeries d'un Noiret ambigu et peut-être moins retors qu'il n'y paraît - ce dont je vous laisserai libre de juger, bien entendu. Des personnages secondaires apparaissent petit à petit dans le champ de la caméra et, tout à coup, on réalise qu'ils participent à l'intrigue. Résultat: un jeu sur les faux semblants et un suspense très appréciable. Austère, la photo du film contribue efficacement à une atmosphère poisseuse, la superbe musique de Philippe Sarde ajoutant une touche romanesque bienvenue. De quoi s'offrir un chouette moment de cinéma. J'insiste: malgré sa patine rétro, cette histoire vaut vraiment le détour !

Il faut tuer Birgitt Haas
Film franco-allemand de Laurent Heynemann / 1981

Un long-métrage vintage qui aura tôt fait de renvoyer James Bond 007 au placard ou, à tout le moins, dans le lot des blockbusters bourrins. Vous êtes prévenus: ici, l'espionnage n'a absolument RIEN de glamour. L'héritier de ce style ? Je dirais Éric Rochant (Les patriotes et Möbius). Chez nos amis d'Amérique, j'avais bien aimé Un homme très recherché. L'an dernier, je m'étais en revanche totalement noyé dans The insider...

----------
Sur les Bobines, pas de secret à cacher ou de source à protéger...

Je vous suggère donc de (re)lire aussi la chronique de "L'oeil sur l'écran".

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire