samedi 18 juin 2022

La visite du démon

Le dictionnaire des genres et mouvements que je possède dit du film d'horreur - je le cite - qu'il "donne à voir au spectateur une violence physique qui provoque en lui un puissant sentiment de répulsion". Aucun doute: sorti en 1973, L'exorciste entre dans cette catégorie. J'avais envie de le découvrir comme précurseur ou disons classique...

C'est fait ! Et je ne le regrette pas ! Je suis né... un an et un jour après sa première sortie sur les écrans américains, d'où un décalage certain avec ce que d'autres spectateurs auront ressenti à l'époque. J'aimerais commencer cette chronique en saluant l'excellent casting qui a été réuni pour nous terrifier. En tête d'affiche, le duo féminin composé par Ellen Burstyn et Linda Blair impressionne fortement. Juste derrière, je retiens Jason Miller et le très grand Max von Sidow dans le rôle de deux prêtres, dissemblables. Lee J. Cobb, en flic dépassé et pourtant insistant, est très bien, lui aussi. Efficacité garantie: le film a connu des suites, mais n'a pas besoin d'un remake.

L'intrigue est simple: une femme, Chris MacNeil, exerce la profession d'actrice et tente d'organiser sa vie avec sa fille Regan, 12-13 ans. Elle le fait seule comme parente, puisque le papa a pris des distances. Quelques domestiques ont la garde de la demoiselle, mais la mère surmenée s'inquiète un peu et s'imaginerait volontiers responsable des sautes d'humeur de la pré-adolescente. Des sautes d'humeur inédites, de fait, mais de plus en plus sérieuses - et fréquentes. Chris, qui consulte, entend dire que le cas de Regan est commun. Mais comme rien ne s'améliore, les analyses médicales se succèdent. Vous aurez déjà compris à la lecture du titre que la vérité est ailleurs. Partant de là, L'exorciste reste un film éprouvant, qui ne cède rien aux "bonnes moeurs" et m'a interrogé sur les limites des convictions humaines. Je crois que c'est pour ce radicalisme-là que je l'ai trouvé si fascinant ! Peut-être que les diamants noirs ne ternissent jamais...

L'exorciste
Film américain de William Friedkin (1973)

Au beau milieu d'une décennie féconde pour le cinéma du genre horrifique, cet opus se pose comme référence (quasi-)incontournable. C'est en tout cas comme tel que je l'ai apprécié et qu'il m'a régalé. L'année suivante, ce sera au tour de Massacre à la tronçonneuse d'introduire la peur dans les salles sidérées. Je garde une "affection" particulière pour le giallo italien et surtout le très baroque Suspiria...

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Et pour retrouver le film diablement efficace du jour...

Vous verrez: Pascale en parle à l'occasion d'un beau portrait chinois personnel et Ideyvonne pour mettre en avant l'aspect maquillage. Vincent, lui, confirme son statut d'oeuvre-culte de la décennie 1970. Princécranoir et Benjamin, enfin, en livrent une chronique "normale" !

2 commentaires:

  1. Un choc et un traumatisme.
    Un modèle du genre même si je ne suis pas très spécialiste de ce genre (spécialiste d'aucun d'ailleurs). Quand je l'ai vu j'ai vécu 3 semaines de difficultés à m'endormir. J'étais pensionnaire et mon lit ressemblait à celui de Regan en version une place. AFFREUX.
    Je me souviens de ces répliques : là haut tu vas mourir et ta mère suce des queues en enfer.
    Linda Blair était incroyable. Incroyable aussi que ce film ait quasiment mis fin à sa carrière.
    Le jeune curé me plaisait beaucoup.

    Je vais revoir l'article que tu évoques. Beaucoup de photos ont disparu, ça ne ressemble plus à rien. Encore bravo pour tes expéditions spéléo chez moi. Quel foutoir parfois !

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  2. Je crois que j'aime ça, la spéléo, en fait. C'est toujours sympa, de comparer.
    Évidemment, je peux croire que le film t'a traumatisée et que tu n'as pas envie de le revoir.

    Linda Blair est impressionnante sous son maquillage. Elle a dû être marquée par le film, elle aussi !

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