samedi 19 février 2022

Naufragés...

Ce n'était pas prémédité, mais il se trouve que j'ai vu deux films italiens coup sur coup, un vendredi et un samedi. La comparaison s'arrête là: le second - intitulé Le continent des hommes poissons - n'avait rien à voir avec le premier (cf. la chronique d'hier). J'ai profité d'un festival dédié au cinéma de genre pour le voir sur un vrai écran !

Souvent à la lisière du nanar, Le continent des hommes poissons s'intéresse aux passagers d'un voilier qui fait naufrage sur une île inconnue, aux environs du début du siècle dernier. L'un des survivants risque gros: militaire, il avait été chargé de superviser un transfert de criminels condamnés vers le bagne de Cayenne... et il semble être l'ultime représentant de l'autorité dite légitime, face à un groupe d'ex-futurs taulards potentiellement prêts à l'éliminer. Le scénario l'ayant cependant choisi comme héros, il reprend bien vite l'ascendant sur les dernières brebis galeuses qui avaient imaginé en découdre. Ouf ? Pas sûr, parce que, même après avoir rencontré une jolie fille dénuée d'animosité à son égard, il va se frotter à d'autres dangers imprévus, à l'image de ceux qu'invente le simili-dictateur moustachu arrivé avant lui sur la terre tout-sauf-promise. J'en ai assez dit ! Malgré ses défauts, ce truc pourrait plaire aux esprits "aventureux"...

S'il est difficile de faire abstraction de son look de production fauchée, on peut éventuellement convenir (et souligner) que le film arrive dans la lignée d'une certaine tradition du cinéma d'action. Arrivée tardive, c'est évident, à l'heure où les studios américains commençaient à produire du blockbuster XXL destiné à un public international. N'empêche ! Si Le continent des hommes poissons garde un certain pouvoir de séduction, c'est bien qu'il parle de choses relativement émoustillantes pour les jeunes de son temps: de lieux inexplorés, de chasse au trésor et de monstres, par exemple. Le tout enrobé d'une romance entre un homme épris de justice et une blonde pas assez forte pour se sauver elle-même. Cette damsel in distress digne d'un vieux conte de fées est jouée par Barbara Bach, connue pour avoir été James Bond girl et être restée Madame Ringo Starr. Chères lectrices, après cette pique macho, je veux aussi me moquer d'un homme: le grand Joseph Cotten, venu cachetonner dans un rôle presque indigne de lui - et ce sans la plus petite vergogne apparente !

Le continent des hommes poissons
Film italien de Sergio Martino (1979)

Je n'ai pas vu assez de nanars pour faire un classement, mais le fait est que ça se marrait bien, dans la salle où j'ai découvert ce machin ! Mes trois étoiles et demie sont généreuses, mais n'ont d'autre visée que de témoigner de la relative réussite du film... "dans son genre". Pour la chasse au trésor englouti, autant (re)voir Les grands fonds. Ou alors Le ruffian, qui jouit d'ailleurs d'une petite touche italienne...

6 commentaires:

  1. Rien que le titre est un chef-d'oeuvre en lui-même.

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  2. N'est-ce pas ? Le continent français voit plus grand que l'île italienne.
    Oui, car il faut signaler que le titre original est "L'isola degli uomini pesce" !

    NB: j'aime beaucoup l'affiche de pur film d'exploitation, aussi...

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  3. Je ne connais pas ce film, mais cela me fait penser à "L'étrange créature du lac noir" de Jack Arnold, datant de 1954.
    Les acteurs américains, qui, comme Joseph Cotten, venaient cachetonner à cette époque dans le cinéma de genre italien, contribuaient à faire vivre ce dernier. C'était une bonne chose, bien que la présence de ces stars dans ces productions nous surprenne aujourd'hui.

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  4. "L'étrange créature du lac noir": un film que je regarderai un jour.
    Pour Joseph Cotten, vous avez raison. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle...

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  5. Pauvre Joseph Cotten, perdu sur ce continent du cinéma bis. J'ai un souvenir assez calamiteux de ce film, et pourtant je suis assez client du genre. Pas le meilleur de Martino.
    A voir pour Barbara surtout.

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  6. Je l'ai pris comme un simple divertissement, ce film, et c'est "passé".
    Cela étant (re)dit, si tu as de meilleurs films dudit Martino à conseiller, je prends !

    Barbara ne m'a pas séduit. C'est peut-être parce qu'en général, je préfère les brunes...

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