samedi 13 avril 2019

Reconstruction

Une précision: je vais vous parler aujourd'hui d'un film que j'ai vu deux fois en quatre jours. Au travers des oliviers s'est quasi-imposé dans mon agenda cinéphile: la bibliothèque où je me rends parfois l'avait programmé un samedi matin et on m'a proposé de le présenter. Pour être franc, il m'a semblé bien plus "accessible" la seconde fois...

Logique: entre les deux séances, j'avais cherché des informations. Sans trahir de secret important, je peux donc vous dire que ce film est le troisième d'affilée tourné par Abbas Kiarostami dans le village de Koker, situé au nord de l'Iran. Quatre ans auparavant, la région avait subi un tremblement de terre, dont les graves conséquences matérielles sont encore - et volontairement - très visibles à l'écran. Sur cette terre meurtrie, Au travers des oliviers raconte un tournage compliqué: il s'avère en fait que c'est celui du précédent long-métrage du réalisateur. Mais il ne s'agit pas seulement d'une mise en abyme audacieuse: inspiré du réel, le scénario crée une fiction, donne à voir les réalités contrastées d'un pays et nous offre le portrait touchant d'une jeunesse livrée à elle-même. C'est à la fois intense et fascinant.

Évidemment, loin de nos habitudes européennes, on peut perdre pied devant les chassés-croisés de ce récit complexe. Mon expérience personnelle ? Je me suis d'abord senti attentif à suivre les péripéties du plateau de tournage reconstitué et me suis donc d'abord intéressé au film dans le film. Ce n'est véritablement qu'à la deuxième vision que j'ai été conquis par les personnages - ce beau duo fille/garçon incapable de se parler comme deux post-adolescents "ordinaires". Impossible d'affirmer le contraire: je n'ai pas été ému tout de suite. Au travers des oliviers a fini par me plaire comme une porte ouverte sur un monde que je connais mal et à partir du moment où j'ai perçu toute l'empathie dont témoigne l'homme placé derrière la caméra. Finalement, je me trouve tout à fait satisfait de l'avoir vu... et revu !

Au travers des oliviers
Film iranien d'Abbas Kiarostami (1994)

J'émets quelques réserves, mais mon bilan est globalement positif. Cette approche presque néoréaliste a bel et bien fini par me séduire. Cela me donne envie de revoir Le goût de la cerise, le film suivant du cinéaste (et l'une des deux Palmes d'or du millésime 1997). Auriez-vous un autre Kiarostami à me suggérer ? Un simple constat d'évidence: ce cinéma d'Iran me reste encore très largement inconnu !

2 commentaires:

  1. Hélas le cinéma de Kiarostami m'échappe. J'avais vu le goût de la cerise... l'ennui au cinéma.
    C'est trop énigmatique pour mon esprit simple. Et détesté Copie conforme qui avait été encensé.

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  2. Je comprends. Il est franchement "hermétique" au premier regard.
    En revanche, c'est un auteur, comme on dit. Une vraie personnalité de cinéma.

    On a bien sûr le droit de ne pas apprécier !

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