lundi 17 octobre 2016

Mauvais sorts

Vous connaissez sans doute mon intérêt pour les films en costumes. C'est avec quelques mois de retard, mais malgré tout dans une salle de cinéma, que j'ai eu dernièrement l'occasion de voir The witch. Avec un grand soin apporté à la photo, ce long-métrage nous ramène dans l'Amérique du début du 17ème siècle. Une très sombre période...

Nous remontons le temps avec William, Katherine et leurs enfants. Quand le film démarre, cette famille déjà nombreuse est chassée d'une ville fortifiée par les autorités. On ne saura jamais vraiment pourquoi, mais on pourra deviner qu'elle a été jugée trop intégriste dans ses pratiques religieuses. Finalement installé dans une ferme plantée en lisière de forêt et au beau milieu de nulle part, le groupe verra bientôt le plus jeune de ses membres - un bébé - disparaître ! J'imagine qu'il y a quelques anglophones parmi vous, qui auront cerné aussitôt le fin mot de l'histoire. Aux autres, j'indique que The witch signifie La sorcière. Une créature du Mal serait-elle tapie dans l'ombre en attendant de passer à l'attaque ? Ça, je ne vous le préciserai pas. Parce qu'une grande partie de l'intérêt du film tient dans la réponse...

Cela dit, cette histoire a quelque chose de déroutant: le mystère qu'elle propose est épais et nous embarque parfois vers des situations inattendues. Est-ce que tout cela fait peur ? Un peu, mais pas trop. Surtout, n'allez pas conclure que je m'en suis trouvé frustré ! L'essentiel du plaisir que j'ai pris devant ces images tient précisément à la qualité visuelle du long-métrage: pour peu bien sûr qu'on adhère au sujet et à condition évidemment d'accepter cet univers, on revient cinq siècles en arrière, sans la moindre difficulté. Les couleurs désaturées de The witch font merveille pour la crédibilité du film. Autre réussite: celle de la musique, rare, mais toujours bien utilisée. De même, parmi les comédiens, je n'ai pas ressenti de fausse note. Les jeunes acteurs sont au contraire assez remarquables d'implication et portent haut des personnages que je suppose difficiles à incarner. Oui, un bon moment que cette séance de rattrapage sur écran géant !

The witch
Film américain de Robert Eggers (2016)

À la fin du film, un carton précise qu'il s'inspire de légendes et d'écrits historiques de la Nouvelle Angleterre. C'est une fort belle réussite. Dans un style plus "ludique", vous prendrez peut-être un plaisir équivalent devant Sleepy Hollow, l'un des tous premiers Tim Burton malaimés. Le film d'aujourd'hui m'a également rappelé Carrie au bal du diable. Ce qui est drôle, c'est qu'on dit que Stephen King l'a aimé !

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Y a-t-il d'autres amateurs dans la salle ?
Euh... il n'y a que chez Dasola que j'ai trouvé à lire un autre avis.

6 commentaires:

  1. Si, si, j'en ai lu d'autres, des commentaires positifs, sur la blogosphère. Et je suis bien contente car toi aussi tu confirmes. J'ai donc hâte de voir ce film !

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  2. Je suis sûr qu'il y a d'autres commentaires positifs sur ce film (et heureusement !). Lorsque je cite d'autres avis en fin de chronique, c'est que je les ai préalablement piochés chez ceux qui, comme toi, publient des commentaires "chez moi" et dont, du coup, je visite le blog avec une certaine assiduité.

    Je ne sais pas si ce film te plairait, Chonchon, mais il ne ressemble pas à beaucoup d'autres que je connais.

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  3. Ta chronique m'a donnée envie de le voir et je l'ai vu ! Et bien dis donc, je ne m'attendais pas à cela. Beaucoup de référence, y compris dans la peinture. Ah il faut voir comment la peinture L'Angélus de Jean-François Millet est détournée, excellent ! Il y a aussi quelques thèmes (et plans) qu'on retrouve dans Carrie au bal du diable, avec Thomasin qui devient une femme impure car menstruée pour la première fois. Elle devient une femme potentiellement dangereuse, qui peut séduire le fils, le père, que la mère veut éloigner du domicile. Tout ce rapport entre sexualité et religion, image de la femme. Un film très réussi qui m'a surprise, tant je ne m'attendais pas à cela. On a perdu l'habitude de voir des films aussi intelligents dans le genre et qui fourmillent de références. Par contre, il risque de décevoir ceux qui recherchent à avoir peur, même si quelques plans sur la sorcière sont bien fichu tout de même.

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  4. Ah ah ! Film surprenant, n'est-ce pas ? Je n'ai pas vu l'ensemble des références que tu pointes, mais ta culture artistique et picturale est plus importante que la mienne... merci, donc, d'en parler !

    C'est vrai qu'en ce sens, le film est d'une intelligence rare. Il va bien au-delà en tout cas des effets habituels du cinéma-qui-fait-peur. Il est probable en effet que ceux qui ne sont venus chercher que des frissons seront un peu déçus. Ce qui est donné à voir reste plaisant. J'apprécie tout particulièrement le côté très sec de ce récit, qui ne se disperse pas en intrigues secondaires.

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  5. Oui j'aurais aimé voir et je n'ai pas vu. Et tu donnes envie !

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  6. Partie remise, très chère. Ravi d'avoir titillé ton envie de rattrapage !

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