mercredi 24 septembre 2014

En pleine lumière

J'aimais bien Robin Williams, l'un des clowns tristes du cinéma américain, mort le 11 août dernier. Si j'ai préféré ne pas en reparler plus tôt, c'est que je n'ai pas le réflexe nécrologique - sauf exception. J'ai toutefois pensé au comédien l'autre jour, en regardant Insomnia. Sous ce titre, vous connaissez peut-être le thriller qu'il avait tourné sous la direction de Christopher Nolan, avec Al Pacino, sorti en 2002. C'était un remake. J'évoque aujourd'hui le film initial, européen...

Norvège, années 90s. Le corps d'une jeune femme a été retrouvé dans une décharge. Deux enquêteurs sont arrivés de Suède pour venir en aide aux équipes locales et coincer le tueur. La police fait diffuser un message télévisé pour laisser croire qu'elle cherche encore le sac de la victime, pensant que l'assassin, soucieux de faire disparaître toute trace compromettante, se montrera là où elle l'a récupéré. L'idée est bonne, mais le dispositif tourne mal: le criminel est repéré lors d'une planque, mais l'un des inspecteurs commet une erreur impardonnable lors de la tentative d'arrestation. Je vous laisse découvrir la suite - promis, je n'ai parlé que des premières minutes. Insomnia est un thriller noir, très noir, tout à fait implacable. Sûrement pas spectaculaire, mais d'une froideur des plus efficaces.

Un crime, de la noirceur, du suspense: vous vous demandez peut-être comment j'ai titré ma chronique. Je fais référence à un élément scénaristique majeur: lors de l'enquête, le soleil ne se couche jamais sur la Norvège. Pas habitué à affronter le jour permanent, le flic chargé du gros des investigations supporte très mal ce contexte météorologique. D'où le paradoxe: alors que tout est éclairé, il y voit de moins en moins clair. Un scénario malin, inventif: c'est la qualité première d'Insomnia. L'interprétation fiévreuse de Stellan Skarsgärd dans le rôle principal en est un autre. Il paraîtrait qu'en version originale, le film joue aussi sur les incompréhensions linguistiques entre le norvégien et le suédois. Nous, les francophones, devrons nous contenter du récit sans fioriture. C'est déjà bien, soyez-en sûr.

Insomnia
Film norvégien d'Erik Skjoldbjaerg (1997)

J'aime l'aspect sale et granuleux du générique de début ! Il permet d'entrer directement dans le vif du sujet: c'est une très bonne chose pour affronter ce thriller dans les meilleures conditions. Objectivement, mis à part une BO sympa, la forme reste ordinaire. Vrai coup de coeur cependant pour ce petit film nordique, troussé avec intelligence, du type Millénium - en version suédoise, bien sûr !

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Maintenant, en attendant que je revoie la version US...

Vous pouvez la retrouver sur "Mon cinéma, jour après jour".

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