vendredi 1 août 2014

Rockcollection

George Lucas est une créature bizarre. Je suppose que le public français le connaît surtout comme père de l'univers Star Wars, artisan milliardaire de la science-fiction cinéma. C'est oublier qu'il y a une vie avant les Jedis: celle de notre ami américain débute dans les salles obscures en 1971 - j'y reviendrai. En 1973, un deuxième film apparaît ensuite sur les écrans: American graffiti. Et rien n'est futuriste ici...

Si j'ai choisir de donner à ma chronique le titre d'une chanson populaire de Laurent Voulzy, ce n'est pas un hasard: elle aussi compile un certain nombre de standards des années 60-70. Le charme d'American graffiti tient pour beaucoup à une bande-son exceptionnelle, qui réunit en un même ensemble d'innombrables tubes d'époque - étant précisé que l'action est censée se dérouler en 1962. De la fin de la journée au lever du soleil, un groupe de jeunes réfléchit à son avenir: deux d'entre eux se voient quitter leur ville natale pour entrer à l'université. Leurs premières histoires d'amour résisteront-elles à l'éloignement ? Adulte, accepte-t-on ce risque ? Steve, Curt, Terry et les autres se posent la question. Ils traversent donc la nuit en enfants incertains, dans cette Amérique qui s'enlise déjà dans l'infamie vietnamienne. Pas de doute: long-métrage drôle et libre, le second film de George Lucas est aussi un peu nostalgique.

Cinq fois nommé aux Oscars, le film n'en obtint finalement aucun. Quarante ans plus tard, il mérite toutefois le détour, en témoignage d'un temps révolu bien sûr, mais pas seulement. American graffiti mérite aussi qu'on s'y attarde en tant qu'exercice de style. L'intrigue est concentrée en quelques heures seulement: unité de temps, d'action et de lieu, ce serait une tragédie classique, si le ton général n'était pas si frivole et les dialogues porteurs d'une certaine dose d'humour et/ou de dérision. Autre aspect des plus séduisants: le fait qu'une grande majorité des scènes se déroule sur la route, les un(e)s et les autres s'offrant une virée en ville au cours d'une belle soirée d'été. L'esprit de la jeunesse est bien représenté ! Ce qui peut surprendre le public d'aujourd'hui, c'est que le film a été tourné sagement, bien que produit par Francis Ford Coppola: il aurait coûté 777.000 dollars et généré des recettes à hauteur de... 115 millions !

American graffiti
Film américain de George Lucas (1973)

Wikipedia affirme que le long-métrage a servi de source d'inspiration pour la série télé Happy days. C'est ma foi très possible. Je reste toutefois sur la planète cinéma pour vous recommander d'abord d'autres "films de jeunes" plutôt cools: Retour vers le futur, bien sûr, ou La folle journée de Ferris Bueller. À noter que celui d'aujourd'hui marque aussi les vrais débuts d'une future grande star: Harrison Ford.

2 commentaires:

  1. "Ridin' along in my automobile
    My baby beside me at the wheel
    I stole a kiss at the turn of a mile
    My curiosity runnin' wild
    Cruisin' and playin' the radio
    With no particular place to go"

    Chuck Berry a inspiré ce film...

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  2. Je ne l'ai même pas vu ce film ! Une lacune à combler.

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