samedi 29 juin 2013

Qui est le plus malin ?

Connaissez-vous l'écrivain espagnol Arturo Perez Reverte ? Je n'ai lu qu'un seul de ses livres. Il est possible qu'un jour, je décide de revenir vers Le club Dumas, polar auquel je n'étais pas parvenu à accrocher quand je l'ai eu entre les mains une première fois. Si j'en parle aujourd'hui sur un blog consacré au cinéma, c'est bien évidemment après avoir vu l'adaptation du roman en film. Les puristes égarés noteront que, sur grand écran, l'oeuvre a un autre nom: elle s'appelle désormais La neuvième porte. L'intrigue, elle, aurait été simplifiée.

Le long-métrage met en scène un dénommé Dean Corso, bibliophile de son état. Plutôt roublard, ce bon connaisseur des ouvrages anciens est un jour contacté par un riche collectionneur, lequel lui confie alors une mission grassement rémunérée. Il s'agit en somme d'authentifier un livre vieux de plusieurs siècles, réputé contenir une énigme susceptible, si elle est résolue, de permettre au téméraire lecteur intéressé... de convoquer le diable en personne ! Se voulant rationnel avant tout et appâté par la perspective de se voir verser une somme d'argent confortable, Dean Corso accepte sans imaginer une seconde prendre le moindre risque. La neuvième porte distille alors le poison de son suspense. Même sans être vraiment sensible à ses aspects ésotériques, je crois qu'on peut aimer ce film pour son ambiance. Pour ma part, je me suis demandé tout du long jusqu'où le scénario allait m'embarquer. Pas de frisson, non, mais une réelle tension. Comme la sensation diffuse que tout pouvait arriver à tout moment.

J'ai lu par ailleurs que quelques-uns de ses admirateurs considéraient Roman Polanski capable de mieux. Probable. J'ai encore en rayon quelques films à voir qui me permettront d'en juger et d'être alors plus loquace sur cette question. Je ne veux pas bouder mon plaisir pour autant. Je n'ai pas du tout eu le sentiment de perdre mon temps devant La neuvième porte. Je salue la prestation de Johnny Depp dans le rôle principal: le comédien me plait décidément davantage dans ses vieux films que dans ses projets plus récents. J'apprécie aussi l'ambigüité qu'Emmanuelle Seigner offre au premier personnage féminin - et même si le scénario n'y est probablement pas étranger. Généralement, quand j'ai envie de revenir au texte après avoir goûté aux images, c'est bon signe. Pour en rester à des considérations cinématographiques, je dirais aussi que j'ai été sensible à la musique de ce film, signée Wojcieh Kilar, un compositeur polonais désormais âgé de 80 ans. À vous de découvrir maintenant qui est le plus malin...

La neuvième porte
Film franco-américain de Roman Polanski (1999)

À en croire certains, il faudrait plutôt découvrir Rosemary's baby pour appréhender un Polanski vraiment flippant. J'y viendrai. Je note en attendant que j'aime les films du maître que d'autres considèrent comme des oeuvres mineures. Pas surpris, en fait: c'était déjà le cas avec The ghost writer. Et, coïncidence amusante, je défends aussi Capitaine Alatriste, l'autre adaptation d'Arturo Perez Reverte qui a déçu une bonne partie de la critique. Et là, j'ai également lu le livre...

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Pour revenir au film d'aujourd'hui...

Je constate que les rédacteurs de "L'oeil sur l'écran" l'ont aimé aussi.

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