jeudi 13 juin 2013

Le poids des mots

Est-ce le côté enjôleur de notre latinité ? Je crois pouvoir affirmer que les mots sont une arme de séduction massive. C'est en tout cas ce que suppose - avec plus de finesse que moi - le film dont je veux vous parler aujourd'hui: Le facteur, de Michael Radford. Un cinéaste britannique pour un film italien, visiblement tourné sur une petite île de la Péninsule. Bien que j'en aie entendu parler en bien, cette oeuvre populaire m'était encore largement inconnue au moment où j'ai lancé le DVD sur ma platine. Chauvin, j'y avais repéré ce bon vieux Noiret...

Le regretté Philippe joue ici le rôle... du poète chilien Pablo Neruda. Exilé en Italie au début des années 50, il loue avec sa femme Matilde une petite maison isolée à flanc de falaise. Le héros du film, c'est plutôt Mario Ruoppolo, l'homme qui lui apporte chaque jour le courrier de ses admirateurs (et surtout -trices) restés au pays. Le facteur n'est qu'un brave type, assez malin pour éviter la carrière de pêcheur embrassée par tous ses aïeux, mais pas beaucoup plus intelligent. Rapidement, une amitié se noue pourtant entre ces deux personnages très différents: Mario tombe amoureux et Pablo seul, songe-t-il, peut lui enseigner les mots qui plaisent aux jolies femmes. Il n'y a pas toujours assez de place dans le coeur des demoiselles pour les garçons timides. Je vous laisse découvrir ce que le film tire de ce postulat.

Ce que je peux dire, c'est que Le facteur a de vraies qualités. Inutile de revenir sur Philippe Noiret: ici comme presque toujours, il entre parfaitement dans la peau de son (très emblématique) personnage. C'est à ses côtés qu'il faut chercher la star du film: Massimo Troisi parvient même à éclipser la très grande beauté de sa partenaire féminine, Maria Grazia Cucinotta. Le destin s'est chargé du reste. Malade du coeur, l'infortuné Massimo est décédé... dès le lendemain de la fin du tournage ! Cet drame donne au long-métrage une aura d'oeuvre mythique, qu'il n'aurait pas forcément dans des circonstances plus joyeuses. Resterait tout de même à apprécier une bande originale très italienne et, bien sûr, le charme de ce pays lové au bord de la Méditerranée. Et là, les mots n'ont plus guère d'importance...

Le facteur
Film italien de Michael Radford (1994)

J'étais à la fac quand le long-métrage est sorti: j'en avais gardé quelques souvenirs épars. Bientôt vingt ans plus tard, son charme paraît un peu désuet, mais il serait peut-être dommage de le laisser complètement de côté, comme le vestige d'un cinéma passé de mode. Amoureux de l'Italie, je vous invite cordialement à consulter ma page "Cinéma du monde" pour découvrir d'autres oeuvres. J'en citerai une qui m'a fort ému: Vincere, sur la femme cachée de Benito Mussolini.

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Si vous souhaitez vous contenter du film d'aujourd'hui...

Vous pouvez lire ce qu'en ont dit mes amis de "L'oeil sur l'écran".

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