lundi 26 novembre 2012

Si loin de chez lui...

Clin d'oeil - la personne intéressée se reconnaîtra probablement. J'avais depuis longtemps l'envie de revoir E.T. l'extra-terrestre. J'allais avoir huit ans quand le film est sorti en France. Il reste associé à l'un de mes vieux souvenirs d'enfance au cinéma. Je garde en mémoire une sortie avec ma grand-mère, où nous avions dû renoncer à une projection du fait d'une alerte à la bombe. J'ai oublié toutefois si nous étions passés à côté du long-métrage que j'évoque aujourd'hui ou si c'est celui sur lequel nous nous étions rabattus.

L'autre, en tout cas, c'était La guerre des boutons. Peu importe ! Ce qui est très clair, c'est que E.T. l'extra-terrestre reste un grand film pour enfants. Je ne suis pas le seul à le dire: il y a quelques années de cela, le British Film Institute l'a même classé tout au sommet d'une liste d'oeuvres à découvrir avant d'avoir 14 ans. Je précise également aux petits (et grands) qui l'ignorent encore qu'il raconte l'histoire d'Elliott, un jeune Américain. Dans le jardin de la maison qu'il occupe avec son grand frère, sa petite soeur et sa maman redevenue célibataire, le garçonnet découvre une créature étrange. Le public, lui, a une longueur d'avance: il a vu la bestiole descendre d'une soucoupe volante et ne pas parvenir à attraper le vol retour vers Dieu sait où. Il nous est donc donné d'observer deux solitudes qui se rencontrent. Ce deuxième niveau de lecture rend le film agréable aux adultes, même si, oui, il vise d'abord les plus jeunes.

Steven Spielberg avait 36 ans, soit juste un peu moins que mon âge actuel, quand il a réalisé le film. Melissa Mathison, sa scénariste, simplement 32. J'admire le talent dont ils ont fait l'un et l'autre preuve pour retrouver une inspiration digne de la magie de l'enfance. Les sentiments qui animent Elliott évoluent significativement. Apeuré d'abord, le jeune garçon prend doucement confiance, s'efforce alors d'apprivoiser celui qui va devenir son ami et, tolérant et protecteur, va finalement lui offrir l'une des plus belles affections de cinéma. Le jeune acteur, Henry Thomas, est digne d'éloges. J'aime à penser que, s'il est aussi expressif, si E.T. l'extra-terrestre est un film si sensible, c'est aussi que la créature "existe" réellement. Aujourd'hui, les comédiens joueraient très probablement devant un écran vert, avant qu'une série d'images de synthèse viennent s'incruster en phase de post-production. Le choix (contraint ?) des techniques de l'animatronique "à l'ancienne" apporte un charme auquel je suis très sensible. Une raison supplémentaire qui fait qu'à mes yeux, le film vaut encore d'être (re)vu... et aimé.

E.T. l'extra-terrestre
Film américain de Steven Spielberg (1982)

Revoir ce long-métrage renforce aussi ce que je pense de son auteur. Bien qu'il n'ait pas signé que des chefs d'oeuvre, Steven Spielberg tient une part importante dans l'histoire du cinéma populaire américain. Mémoire rafraîchie, je trouve également qu'un (bon) film comme Super 8 ne tient finalement pas vraiment la comparaison. Pour trouver trace d'une émotion encore plus grande dans un genre comparable, je vous conseille dès lors de privilégier une oeuvre comme Les Goonies. L'idéal: la partager avec un enfant d'aujourd'hui.

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