vendredi 27 juillet 2012

Le village et l'assassin

Une chronique de Martin

Je crois bien que je n'avais pas eu l'occasion de revoir Sleepy Hollow depuis sa sortie en salles. Après deux films déjà, ce conte gothique marquait donc la troisième coopération Johnny Depp / Tim Burton.

J'en avais vraiment conservé un excellent souvenir. Encore étudiant à l'époque, je me rappelle l'avoir découvert dans une salle art et essai d'Avignon, en VO. Un ami et moi avions plongé dans cette ambiance avec délectation, un peu aussi sous le charme de Christina Ricci. Même si, pour ma part, je dois admettre que je la préfère en brune...

Sleepy Hollow, c'est le nom d'un village isolé au nord de New York. Dans l'Amérique de 1799, le dénommé Ichabod Crane y vient enquêter sur une série de meurtres. Plusieurs des villageois ont été retrouvés morts, leur tête tranchée ayant à chaque fois... disparu ! Oeuvre d'un esprit vengeur, d'après plusieurs édiles locales. Inflexible sur la vertu de la science, l'inspecteur Crane juge, lui, qu'un assassin profite des superstitions de ses voisins pour tuer en toute impunité. Le fin mot de l'histoire, c'est à vous de le découvrir. Ce scénario somme toute assez classique est issu de l'adaptation d'un texte littéraire. Sa transposition à l'écran permet toutes les fantaisies visuelles. L'habitude du septième art dans ses plus beaux atours fait que j'ai été moins ébloui qu'en 2000 - année de la diffusion du film dans les salles françaises. Reste qu'il n'a pas obtenu pour rien l'Oscar de la meilleure direction artistique. Sans trop d'effets spéciaux outranciers, le style adopté a quelque chose de tout à fait flamboyant.

Après, objectivement, et avec le recul, l'enquête policière proprement dite passe au second plan. On l'oublierait, pour un peu ! L'explication du pourquoi du comment tombe même presque à plat. Quand le dénouement approche, le méchant de l'histoire se sent pousser des ailes et, croyant être venu au terme de sa quête sanguinaire, raconte tout au héros avant de le tuer. Un procédé digne d'un (mauvais) James Bond. Dommage, car la durée du film reste brève - à peine plus d'une heure trente, générique compris. L'une des scènes où Ichabod / Johnny réfléchit à voix haute laisse penser que Tim Burton aurait pu mieux faire pour la révélation finale. Tel quel, Sleepy Hollow reste un spectacle agréable. J'apprécie notamment d'y voir quelques visages connus dans les rôles secondaires, Michael Gambon, Jeffrey Jones ou Christopher Walken. Avec également le passage-éclair de Christopher Lee, les pointures relèvent la sauce, sans parvenir exactement à emporter le morceau.

Sleepy Hollow
Film américain de Tim Burton (1999)
Finalement, le long-métrage est la première incursion de son auteur dans l'univers gothique, si on laisse toutefois de côté l'exception L'étrange Noël de Monsieur Jack, dont il était le producteur. Produit par Francis Ford Coppola, ce nouvel opus avait dû me surprendre agréablement, quand je l'ai vu la première fois. La démesure graphique m'impressionne moins, désormais. Je crois préférer toutefois ce film à Dark shadows, en réalité. Je finis par me dire que la vraie noirceur gothique est à chercher du côté de la famille Addams ! Et voilà une autre piste cinéma à explorer de nouveau...

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Et qu'en pensent les autres cinéphiles ?
Dans l'ensemble, je l'ignore. "L'oeil sur l'écran" n'aime pas !

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