samedi 26 septembre 2026

Une vision africaine

Il est né en 2001 et dédie son quatrième long-métrage à son petit frère disparu. Enfant d'un père suisse et d'une mère kényane, Damien Hauser m'était inconnu jusqu'à ce que je découvre Memory of Princess Mumbi. J'ai appris l'existence de ce film un matin d'août et décidé d'aller le voir dans la journée. Un intérêt soudain, lié d'abord à son origine africaine...

Mes amis des Fiches du Cinéma comparent cette originale production aux oeuvres de Terry Gilliam ou Guy Maddin (cf. index des réalisateurs). Nous sommes projetés dans le Kenya du futur, année 2093 ou 2094. Jeune cinéaste, Kuve prépare un documentaire sur les conséquences d'un long conflit désormais terminé. Un gouvernement réactionnaire aurait conduit les hommes à rejeter toutes les technologies innovantes dont ils se servaient auparavant. L'artiste, cela dit, utilise encore l'I.A. pour ses créations. Au cours d'un casting, il rencontre une jeune femme dont il tombe amoureux. Elle devient sa muse. Ses méthodes de travail évoluent, mais ses sentiments sont menacés: la belle a connu un prince quand elle était encore un bébé et une prophétie dit qu'il réapparaîtra pour la demander en mariage, le jour où elle aura atteint ses 21 ans. Vous l'aurez compris: comme celui d'avant-hier, mon film de ce midi mélange les genres. Je l'ai trouvé à la fois étonnant et plein de poésie...

Parce qu'il est également question de tournages, il est bien sûr possible d'y voir aussi une mise en abyme de la création cinématographique. Pour prendre du plaisir, je pense que le mieux - disons le plus simple - consiste à se "laisser faire" et à embarquer dans les images sans se poser de questions immédiates sur ce qu'elles peuvent bien vouloir raconter. Memory of Princess Mumbi ne dure qu'une heure vingt, mais c'est assez pour nous offrir un voyage inédit, dans un monde étrangement familier bien que tout à fait inconnu. Et ce pour le prix d'une place de cinéma. Les acteurs improvisent beaucoup, l'auteur s'étant pour sa part "attaché à capturer, dit-il, (de) petits instants d'humanité empreints de beauté". J'imagine que sa présence directe sur le plateau comme personnage secondaire l'y aura aidé... et en tout cas, le résultat s'avère probant. Nous avons de la chance que, passé par de nombreux festivals, cet opus soit ensuite arrivé jusqu'à nous. Et dans combien de salles ? Je l'ignore. S'il est disponible dans l'une des vôtres, je vous incite à vite en profiter !

Memory of Princess Mumbi
Film suisso-kényan de Damien Hauser
/ 2025
Terry Gilliam, c'est Brazil, The fisher king ou encore Zero theorem. Guy Maddin ? La chambre interdite. S'il est vrai que le jeune réalisateur présenté aujourd'hui marche dans leurs pas, c'est plutôt prometteur. Pourrons-nous dès lors voir ses trois premiers longs-métrages ? Pas sûr. J'essayerai quant à moi d'au moins ne pas trop vite oublier son nom. Pour d'autres "évasions africaines", voyez Yeleen, Inland ou Soumsoum !

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