samedi 11 avril 2026

Leur propre chemin

Je pense avoir encore démontré lundi que mon intérêt pour le cinéma italien classique augmente. Et il y a aussi de bons films contemporains. Exemple: Le dernier pour la route, un (étonnant) road movie sur fond de misère sociale. Je veux vous rassurer: il n'a rien de trop plombant. Pour info, je dois sa découverte à l'équipe des Fiches du Cinéma. Merci !

Carlobianchi et Doriano passent de bar en bar, visiblement désoeuvrés. Hier exilé en Argentine, leur ami Genio fait son retour. Les deux buveurs s'imaginent qu'ils l'accueilleront dès sa descente d'avion, en souvenir d'un temps où le trio faisait les quatre cents coups, sans souci véritable de ce qui arriverait le lendemain. Le hasard les place face à un garçon qui aurait l'âge d'un fils, Julio, un - timide - étudiant en architecture qu'ils embarquent alors dans leur interminable déambulation nocturne. Allez, je ne veux pas trop en dire sur ce film sorti en France mercredi...

Le dernier pour la route
est empli de cette mélancolie souriante souvent très caractéristique de l'Italie (et de son cinéma). La situation réelle de ses "héros" est bien compliquée, mais on s'en amuse aussi. D'ailleurs, chaque fois que l'un des protagonistes aurait quelque chose d'important à dire, soit il l'oublie, soit ses propos les plus sentencieux sont couverts par un bruit quelconque - et ensuite jamais répétés. Résultat: une tendre ironie traverse tout le scénario, avec un regard bienveillant porté sur des personnages mi-désillusionnés, mi-décalés. C'est aussi, à mes yeux, une façon de nous rappeler que le pays change et que certains regardent passer les trains, faute d'avoir pu les arrêter. D'autres les prennent, ces trains, et filent vers une promesse d'avenir. Un certain optimisme peut prévaloir. Et, qui sait ? nous faire... du bien !

Le dernier pour la route
(Le città di pianura)
Film italien de Francesco Sossai / 2025
Les "villes de plaine" que le titre original offre à notre regard français ne sont pas forcément les destinations les plus prisées des touristes. J'insiste cependant: j'ai beaucoup aimé ce nouveau voyage en Italie. Mes compagnons de route m'ont rappelé le duo de Sideways, souvenir largement effacé désormais, que j'aimerais sûrement retrouver un jour. Prendre la route et tracer droit devant ! C'est, peut-être, une solution...

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Pour finir, un petit rappel...

Vous pouvez aussi trouver les articles des Fiches sur une page d'Actu.fr.

4 commentaires:

  1. C'est en partant pour voir ce film que j'ai loupé une marche...
    Je ne regrette qu'à moitié car voir des hommes (même italiens) imbibés ne me tentaient que moyennement mais j'avais envie d'entendre parler italien.

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    1. Il est certain que Carlobianchi et Doriano n'ont guère de limites du côté de la bouteille.
      Cela dit, le film ne se réduit pas à cette dimension alcoolisée... et aurait donc pu te plaire.

      Je répète ce que je t'ai dit par ailleurs : bon courage et prompt rétablissement à toi !

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  2. Vu l'année dernière à Cannes. C'est excellent, mais très curieusement, j'oublie régulièrement que je l'ai vu. peut être que je ne me suis pas fait à son titre français. En tout cas, c'est très original pour un film italien contemporain.

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    1. Le titre italien a de fait une toute autre allure (et un sens qui doit mieux être compris là-bas).
      Content que tu aies aimé le film, Vincent ! Si tu repasses ici, ce serait sympa d'expliciter un peu.

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