dimanche 13 février 2022

Quelque chose de pourri

Vous l'aurez peut-être remarqué: en ce début d'année, je n'arrive pas à me fixer sur un genre de cinéma particulier. J'enchaîne donc ce midi sans me soucier de transition et avec un thriller politique: El reino. L'un des grands gagnants des Goya espagnols en 2019, avec sept Prix reçus, dont celui du meilleur réalisateur - et après treize nominations.

Tout a l'air de réussir à Manuel López Vidal, homme politique local influent et qui se verrait bien défendre ses convictions au plus haut. Seulement voilà: bien que parfaitement huilée, sa belle mécanique s'enraye soudain lorsqu'il est impliqué dans un probable détournement de subventions européennes, source présumée d'un enrichissement personnel pour lui et plusieurs cadres de son parti... notamment. Débute alors pour Manuel une longue course de fond contre les médias et l'opinion publique, afin de rétablir au mieux sa réputation écornée. Faut-il le croire blanc comme neige ? Je vais vous laisser l'envisager. Au rythme de la parfaite B.O. d'Olivier Arson, compositeur français né à Paris en 1979, El reino est un film qui ne cesse jamais d'avancer. Toute la question est très précisément de savoir si c'est vers l'abîme ou vers la lumière, ce qui, au fil des révélations, favorise un suspense haletant. Et, dans le rôle principal, Antonio de la Torre est superbe. L'absence d'autres visages connus ne nuit en rien à la force du propos. Bien que pourri, ce "royaume" (la traduction du titre) reste fascinant !

El reino
Film espagnol de Rodrigo Sorogoyen (2018)

Une belle réussite que ce brûlot consacré aux arcanes de la politique locale et à ses brebis galeuses: une fois encore, toute ressemblance éventuelle avec de vrais leaders n'est pas nécessairement fortuite. Président, côté français, n'avait pas tout à fait la même intensité. Quant à L'exercice de l'État, il ne traite pas pile du même sujet. Autant donc s'amuser de tout cela avec Guibord s'en va-t-en guerre !

----------
Vous préférez rester aux environs de Madrid ?

D'accord ! C'est peut-être l'occasion d'aller voir Pascale, Dasola et Lui.

2 commentaires:

  1. Un film éreintant, haletant et un acteur époustouflant.

    RépondreSupprimer
  2. Nous sommes d'accord en tous points. Cet Antonio de la Torre est un grand !

    RépondreSupprimer