mardi 12 mai 2020

Cannes...

Snif... le 73ème Festival de Cannes aurait dû commencer ce mardi. Plutôt que de l'attendre en vain, je me suis dit qu'il serait intéressant d'étudier certaines de ses caractéristiques pour évaluer sa pertinence dans le monde d'aujourd'hui (et, a fortiori, dans celui de demain). Idée de départ: le cinéma a besoin d'un tel rendez-vous international !

N'empêche: la bonne organisation d'un événement de cette ampleur demande inévitablement qu'un calendrier très précis soit respecté. Pendant la manifestation, la ville prend parfois des airs de camp retranché, dans le centre et vers le Palais, sur la fameuse Croisette. Ce n'est pas toujours facile à vivre pour les habitants du quotidien ! En outre, une fois que des dates précises sont définies, on imagine qu'il est difficile de les décaler: or, rapidement, les organisateurs cannois ont expliqué cette année qu'ils auraient eu du mal à faire venir les Italiens, Coréens, Chinois, Iraniens... et tout s'est écroulé. J'ai assez hâte d'observer comment tout cela se redressera (ou pas)...

Pierre Lescure, le président, et Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, ont du pain sur la planche. Les côtés glamour du barnum font qu'on le réduit souvent - moi le premier - à un défilé de paillettes. Tout ça pour que quelques happy few puissent savourer des cocktails en regardant de vagues films d'auteur d'un oeil blasé ? Le cliché a la peau dure. Il y a sans aucun doute une part de vérité dans cette critique récurrente et, au fond, les oeuvres de la sélection officielle ne sont d'abord vues que par une poignée de "privilégiés". Renoncer à Cannes pour cette raison ? Ce serait vraiment triste. Certains (bons !) films n'arriveraient peut-être jamais jusqu'à nous...

Cela souligné, soyons lucides: Cannes n'existerait pas sans ses VIP. Cette année, le réalisateur américain Spike Lee, 63 ans, était désigné comme président du jury. Tout un petit monde doit bien être organisé à l'avance pour participer aux festivités cannoises - même s'il reste possible aussi... de les bouder, purement et simplement. Les stars sont reines, mais elles ne viennent jamais seules: rien que la presse spécialisée regroupe des centaines de personnes, bien évidemment. Bref, face à l'essor des diverses plateformes numériques, le Festival paraît parfois d'un autre temps. Et je l'aime entre autres pour cela ! Oublier le cinéma en salles semble tout à fait impossible, en réalité...

Je ne suis pas naïf pour autant: Cannes, c'est aussi du gros business. Il y a quelques semaines, j'ai lu un article intéressant qui expliquait comment des marques comme Chopard, L'Oréal ou Renault parrainent la manifestation: il paraît logique qu'elles attendent un certain retour sur investissement, ne serait-ce qu'en termes d'image, précisément. Face à cela, d'aucuns s'inquiètent de l'impact écologique du Festival. C'est également justifié car, oui, sa bonne tenue suppose notamment que plusieurs milliers de personnes se déplacent - souvent en avion - jusqu'à la côte méditerranéenne française, déjà fortement éprouvée. Conclusion personnelle: peut-être faudra-t-il... réinventer le Festival !

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Et, bien sûr, je ne détiens pas la vérité...
Je sais que Cannes n'est pas toujours aussi populaire qu'à ses débuts. Dès lors, si vous souhaitez en discuter, j'attends vos commentaires...

6 commentaires:

  1. Je ne considère pas ce Festival comme un grand barnum à paillettes malgré l'arrivée et le défilé sur tapis rouge, mais comme un grand brassage de films qu'on ne verrait peut-être évidemment pas sans le festival. Je me précipite souvent sur les films estampillés de la palme (pas d'or, mais le logo), toutes sélections confondues.
    J'ai vu des merveilles.
    Le défilé de marques Chopard, L'Oréal ou Renault me hérisse par contre le poil. Quand je vois aujourd'hui le redémarrage des pubs, ça me fait grincer les dents. Dès lundi autour de chez moi, les panneaux dont les affiches s'arrachaient ont été remplacés... autre débat.
    Je regrette que ce Festival ne soit pas plus accessible aux cinéphiles sans robe au décolleté vertigineux ou smoking au prix indécent, amoureux des films. J'y suis allée une fois je ne pense pas que j'y retournerai si l'organisation reste la même.
    Lors d'un festival beaucoup moins prestigieux comme celui de Beaune où je vais chaque année, les soirées d'ouverture et de clôture sont bondées. Sauf que dès que la soirée est terminée et que le film va démarrer, la salle se vide... mais les cinéphiles sont restés sur le carreau car les personnes qui ont eu leurs places réservées n'ont aucune envie de voir le film... C'est judte the place to be, pendant une demi-heure ! Ça me fait enrager.

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  2. Merci pour ce long commentaire. Je souscris très largement à ce que tu as écrit. Les pubs m'énervent aussi le plus souvent. Je me dis toutefois que ces sponsors doivent permettre de faire venir quelques grands noms supplémentaires: c'est toujours ça de pris.

    Sur le fait que le Festival ne soit pas (assez) ouvert aux cinéphiles, je te rejoins complètement. Des ami(e)s à moi parviennent régulièrement à obtenir une accréditation pour voir des films, mais le rapport reste trop distant... et nuit à l'image que l'on peut se faire parfois d'un certain cinéma. Ce qui est dommage...

    Après, je suis d'accord avec toi aussi pour regretter que les festivals plus modestes attirent des pique-assiettes pas franchement amateurs de cinéma. C'est le cas de tout ce qui est public et gratuit, je suppose. Et je dois dire que, pour ma part, je déplore aussi l'attitude d'une partie de la critique dans les grands festivals, capable d'écrire des critiques incendiaires sur les films sans vraiment expliquer en quoi ils sont si déplaisants. Bref...

    Cannes parle désormais de s'associer à d'autres Festivals et d'utiliser Internet. J'ai entendu dire par ailleurs que Frémaux et Lescure n'étaient pas forcément d'accord sur ce qu'il conviendrait de faire. À suivre...

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  3. Ah oui les pique assiettes, quel fléau !
    Les anonymes qui se pavanent sur le tapis rouge de Beaune parce que le Maire leur a envoyé une invitation... à mourir de rire.

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  4. J'en connais qui accourent dès qu'il a des choses à manger ou des personnes connues à rencontrer...

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  5. Les fameux buffets !!! Ma hantise ! Moi qui ai toujours faim et qui suis bien élevée, j'ai toujours un mal de chien à me sustenter. Quand j'avais ma Mouche, il se chargeait d'y aller avec son marteau et sa faucille.
    Ceux qui sont servis et restent collés à la table... je les exterminerais avec joie.

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  6. Les vrais "crampons de buffet" y restent même une fois le film commencé.
    Ou soupirent qu'ils n'ont pas terminé quand le véritable événement démarre...

    Dans une vie antérieure, j'en ai vu pas mal, des comme ça. C'est limite drôle, parfois.

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