jeudi 8 mars 2018

#MoiAussi

Je veux tout de suite rassurer ceux d'entre vous qui me connaissent personnellement: je n'ai jamais eu à souffrir d'une agression sexuelle. Je tenais juste à saisir l'opportunité de cette journée internationale des droits des femmes pour m'exprimer sur l'actualité des combats féministes en Occident. Même si je suis un homme. Nobody's perfect.

Il y a d'abord eu #MeToo, mot-clé démultiplié sur les réseaux sociaux américains après que quelques femmes ont eu le courage d'évoquer leur statut de victime. La démarche m'a paru à la fois forte et digne. Je demeure plus mesuré sur le #BalanceTonPorc, car je suis inquiet quand la société se substitue à la justice pour désigner des coupables. Cela dit, voir une femme de médias aussi puissante qu'Oprah Winfrey déclarer qu'un nouveau jour était en train de se lever est un signal encourageant pour l'avenir. Je suis convaincu que l'égalité des droits entre femmes et homme ne peut qu'être bénéfique à toutes et tous. Et est-ce que cela veut dire également "égalité de moyens" ? J'y viens.

À l'initiative de la Fondation des Femmes, des personnalités publiques françaises militent désormais pour que la parole libérée se transforme en actions (#MaintenantOnAgit). C'est mon espoir aussi: que les buzz suscités par les soudaines révélations et entreprises individuelles conduisent à un renforcement concret des droits sociaux collectifs. Néanmoins, pour ce qui est du cinéma, est-ce qu'il faut que cela passe par des quotas ? Spontanément, je l'admets: je n'y suis pas favorable. La discrimination positive me paraît une méthode assez contestable pour arriver à l'égalité. Si l'objectif n'est que de répartir des crédits de manière équitable, le 50/50 absolu me semble une réponse absurde, car de nature à créer une autre différence de traitement. Quelle serait la bonne solution, alors ? Je n'ai pas trouvé de réponse...

Je crois tout de même, sur le long terme, aux vertus de l'éducation. Chaque petit garçon qui observe (et apprend !) des comportements égalitaires entre les femmes et les hommes me semble pouvoir être préservé du machisme - ou a minima de ses formes les plus violentes. Est-ce qu'il faut que cela passe par de nouvelles lois ? Peut-être, oui. C'est vrai que j'ai du mal à croire que la totale sous-représentation des femmes dans l'univers de l'image, entre autres, ne tient en réalité qu'à leur faible envie d'en faire partie. Et, puisque nous présentons souvent nos pays occidentaux en références de sociétés, j'aimerais que les hommes d'ici donnent l'exemple à ceux d'ailleurs, en acceptant comme naturelle la présence de l'autre sexe. Du coup, plus de femmes cinéastes, monteuses, directrices photo ou scénaristes, je vote pour !

Idéaliste oui, mais pas tout à fait naïf, je ne peux que constater toutefois que le septième art continue de nous abreuver d'images fortes de femmes violentées. J'ai même l'impression qu'une mode tourne autour des (super-)héroïnes badass, qui savent aussi donner des coups... après en avoir reçu ! La photo juste au-dessus est issue de Revenge, un film que je n'ai pas vu, où une fille assez jolie/sexy est violée par un ami de son mari et abandonnée pour morte au fond d'un canyon. Déterminée, la belle s'empare alors de tout un arsenal pour traquer, retrouver et liquider son agresseur et les témoins. Apparemment, la jeune réalisatrice du film trouve cela moderne. Quelque chose en moi tique devant cette esthétique de la violence "inversée". Au final, mes sentiments à l'égard de ce sujet sensible restent contrastés: j'espère par exemple continuer de pouvoir voir certains films durs pour leurs personnages féminins. Du coup, je crois que le mieux serait que le débat se prolonge et que des solutions nouvelles puissent ainsi émerger. Si je résume: #CeN'EstQu'UnDébut !

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Maintenant, je vous invite à échanger en commentaires...

Ces prochains jours, je serai attentif à vos (éventuelles) réactions. Une précision: les chroniques, elles, s'interrompent pour une semaine.

4 commentaires:

  1. Que dire ?
    Trop vaste et compliqué en quelques mots.
    Quand on dit que Kathrin Bigelow, par exemple, fait un cinéma d'homme, c'est à hurler. Quand je lis ça je me dis que ça ne me serait même pas venu à l'idée de le penser.
    En résumé et pour caricaturer : les hommes sont des brutes et les femmes des petites fleurs fragiles...

    Ce que j'admire et qui m'épate chez les hommes et les femmes c'est leur courage, face à certaines situations ou par leur audace. Le courage n'a ni genre ni sexe.

    Pour la lutte et l'égalité, le respect e tutti quanti... Y'a du boulot !

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  2. Tu as raison: ce n'est pas possible de faire le tour du sujet en quelques lignes.
    Et oui, les femmes considérées comme des petites fleurs fragiles, c'est ridicule !

    Bien d'accord avec toi aussi sur l'idée du courage ou de l'audace. Et, effectivement, il reste plein de boulot à faire pour le respect (réciproque) et l'égalité. Je suis curieux en tout cas de voir comment vont aboutir les discussions en cours dans le milieu du cinéma.

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  3. Effectivement, il faut que les choses changent et je suis certaine que ce #MeToo même s'il y a toujours quelques dérives (comme dans tout mouvement) ne fera que du bien. Les choses bougent lentement mais sûrement. Mais c'est tout un système à faire évoluer, toutes les choses qui se déroulent derrière, pas toujours bien connu par le grand public.

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  4. Oui, le mouvement semble avoir pris de la force, pour le bien de toutes (et tous).
    J'espère que tout cela ne retombera pas comme un soufflé. Il reste tant à faire sous d'autres latitudes !

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