dimanche 23 octobre 2016

Arte autrement

J'ai enchaîné deux expériences cinéma: après être allé voir trois films en salles une même soirée, j'ai poursuivi avec le Arte Kino Festival. Souvenez-vous: je vous ai parlé de cette initiative de la petite chaîne franco-allemande le 30 septembre dernier. J'ai choisi de découvrir cinq des dix longs-métrages diffusés en ligne. À savoir, dans l'ordre...

La jeune fille sans mains
Film français de Sébastien Laudenbach

Ce joli dessin animé ne ressemble à aucun de ceux que j'avais vus jusqu'alors. C'est un fait: comme d'autres avant lui, il adapte un conte traditionnel des frères Grimm, mais il sort nettement du lot commun par l'originalité de sa forme. Les traits des différents personnages restent souvent indéfinis et changent en permanence: ils semblent ainsi le plus souvent en cours de création. L'histoire racontée demeure elle-même assez ordinaire: un meunier avide de richesses signe un pacte avec le Diable et y sacrifie sa fille, qui devra fuir longtemps pour échapper au démon. Présenté à Cannes au printemps et primé à Annecy en juin, le film sort en salles le 14 décembre prochain. Si vous êtes attentifs aux voix, vous entendrez ici celles d'Anaïs Demoustier, Jérémie Elkaïm et Sacha Bourdo, entre autres...

A good wife
Film serbe de Mirjana Karanovic

Il me semble que la réalisatrice fait ici ses débuts derrière la caméra. Elle qui est aussi l'une des actrices les plus connues dans son pays s'est également adjugé le rôle principal. L'occasion, donc, de prêter ses traits à une épouse-modèle, qui découvre que son mari a commis des crimes de guerre et, presque simultanément, qu'elle a un cancer. Vous l'aurez compris: le film est bien loin d'être une comédie. L'étude de moeurs est cependant assez réussie et le personnage central attachant. Le scénario, lui, reste sur les rails attendus, sans surprise véritable, tant dans son déroulé que vis-à-vis de son aboutissement. Rien de honteux là-dedans, mais un récit un peu trop conventionnel. La nationalité du film n'a pas suffi pas à entretenir ma curiosité. Aucune date de sortie sur les écrans français n'est encore annoncée...

John from
Film portugais de João Nicolau

Vous l'avez peut-être déjà vu: le long-métrage a été diffusé en France à partir du 25 mai dernier. Il tourne autour de Rita, une adolescente lisboète qui semble s'ennuyer ferme pendant ses longues vacances estivales. Un peu de fantaisie s'introduit dans ce très morne quotidien quand la jeune fille découvre Filipe, son nouveau voisin, un papa célibataire d'une vingtaine d'années son aîné. Amour ? Passion ? Tendresse ? C'est difficile de définir la vraie nature des sentiments qui animent une gamine à l'âge de devenir une femme. Le film choisit de s'en émouvoir avec elle, sans jamais s'en moquer, et c'est beau. Parce qu'il est également question de la Mélanésie, le Portugal prend des allures d'île lointaine... et c'est beau aussi (et un peu onirique). Quelque chose dans le récit est doucement parvenu à m'embarquer...

Suntan
Film grec d'Argyris Papadimitropoulos

On reste au sud de l'Europe, mais on change à 100% d'atmosphère. Cette fois, la caméra tourne son objectif vers Kostis, un médecin quadragénaire, débarqué un banal matin d'hiver sur l'île grecque d'Antiparos. Ce décor planté, une ellipse nous transporte jusqu'à l'été suivant, à la période où, du fait de l'afflux de touristes, notre toubib est supposé avoir un maximum de travail. De fait, il est vite débordé par une bande de jeunes qui a envahi son cabinet. La situation s'inverse ensuite, quand le docteur retrouve le groupe à la plage. Vaguement solaire jusqu'alors, le film vire alors au pseudo-thriller pour décortiquer la personnalité d'un homme solitaire et instable. Très sincèrement, cela ne m'a pas passionné. J'ai trouvé ce descriptif longuet et j'ajouterai qu'il ne débouche sur rien. Un coup dans l'eau...

Wild
Film allemand de Nicolette Krebitz

J'aime le cinéma quand il amène un peu de fantastique dans le banal. C'est le cas dans ce long-métrage, où une jeune employée de bureau aperçoit un jour un loup, à deux pas de son immeuble. Surprise d'abord, mais rapidement séduite, la belle tente d'approcher la bête. En fait, déterminée à l'apprivoiser, elle monte une expédition de nuit pour la retrouver, l'endormir à l'aide d'un anesthésiant ultra-puissant et... l'installer chez elle ! C'est apparemment la condition sine qua non de son épanouissement personnel. Mouais... au départ plutôt attiré par le sujet, j'ai regretté ensuite un traitement bancal ou maladroit. L'idée, dirait-on, était de montrer une jeune femme devenir sauvage. Pourquoi pas ? Seulement voilà, j'ai trouvé certaines scènes vulgaires ou, de fait, trop peu crédibles. Même si la fin est plutôt bien filmée...

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Un petit bilan chiffré s'impose...

47.785 internautes se sont intéressés au Festival - dans 38 pays différents. Les films ont été vus à 8.547 reprises. Quant aux fiches publiées pour présenter les longs-métrages et leurs bandes-annonces officielles, elles ont fait l'objet de 332.812 pages vues. Des résultats que les promoteurs de cette expérience semblent juger satisfaisants.

Et le gagnant est...
L'annonce date du vendredi de la semaine dernière: le choix du public s'est porté sur A good wife. Content, donc, d'avoir vu le film lauréat !

Comment puis-je conclure, désormais ?
Au final, mon expérience du Arte Kino Festival est assez contrastée. Comme vous l'aurez compris, j'ai une opinion mitigée de quelques-uns des films que j'ai choisis - et, pour le moment, pas d'opinion du tout sur les cinq que j'ai laissés de côté. Si l'opération est reconduite l'année prochaine, je ne sais pas si je voudrai y participer à nouveau. Pour parler maintenant de choses positives, je souligne que j'ai pris plaisir à découvrir ainsi (gratuitement !) cinq films inédits, européens et contemporains. Sur petit écran, c'est un fait, mais quand même ! Ce n'est pas tous les jours que la télé rend un tel service au cinéma. J'espère donc - raisonnablement - que cette belle idée fera des petits.

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