jeudi 28 juillet 2016

Sorti de l'écran

Quel cinéphile n'a jamais rêvé de quitter son fauteuil ou son canapé pour rejoindre les héros de son long-métrage préféré ? Dans La rose pourpre du Caire, la situation est inversée: un personnage du film dans le film repère une spectatrice dans la salle et sort alors de l'écran pour venir la rencontrer. Disons-le: j'estime que c'est une jolie idée...

La légende cinéphile affirme que, parmi tous ses films, Woody Allen conserve une préférence pour cet opus. Quant à moi, je souhaite reconnaître sans délai qu'il m'a (très) légèrement déçu. J'en attendais une émotion plus forte, mais attention: il n'est pas mauvais du tout ! Dans le rôle principal, Mia Farrow est même excellente, d'une justesse absolue dans ce rôle de femme effacée qui voit soudain son rêve s'incarner. Le film reconstituant avec maestria l'Amérique populaire des années 30, il est facile et rapide de croire à l'absolue fascination de ce personnage pour le septième art. La rose pourpre du Caire porte d'ailleurs en son sein un véritable éloge du cinéma, présenté comme un remède possible et efficace à la morosité et/ou la banalité de nos existences. De quoi nous mettre un peu de baume au coeur...

Au sujet de ce film toujours, Woody Allen affirmait avoir écrit une fin heureuse. J'imagine que vous ne serez pas tous d'accord avec lui. Quand le générique est apparu, sublimé par une vieille chanson écrite pour Fred Astaire, je me suis senti d'humeur plutôt mélancolique. Objectivement, il me faut souligner qu'en moins de 90 minutes chrono, le long-métrage aura également eu le temps de m'emmener vers plusieurs sensations, sans oublier de me faire rire par moments. En fait, il avance sur un fil si ténu qu'il paraît fragile, à deux doigts parfois de ne plus avancer et de reproduire les mêmes motifs. Miraculeusement, il évite le piège et ce qui aurait pu être nunuche devant la caméra d'un autre réalisateur continue de fonctionner ici. En son temps, plutôt apprécié par le public français, La rose pourpre du Caire reçut un César du meilleur film étranger. Il me semble bien que trente ans après, il est resté l'un des Woody Allen les plus aimés.

La rose pourpre du Caire
Film américain de Woody Allen (1985)

Amener un personnage de fiction dans la vraie vie, notre ami binoclard l'avait déjà fait, d'une autre manière, dans Tombe les filles et tais-toi ! (1972) - je ne l'ai pas vu et ne peux donc rien en dire. Maintenant, si vous tenez à revoir Mia Farrow dans un rôle similaire et devant la même caméra, je vous recommande vivement Alice ! Peut-être mon deuxième Woody préféré, après Stardust memories...

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Pour lire un autre avis sur le film...

Je vous laisse le choix: vous rendre chez Lui et/ou chez Princécranoir.

14 commentaires:

  1. Hello Martin,
    Voilà une bonne idée de visionnage ! Un grand Woody Allen (même si tu parais légèrement déçu), qui mêle magie du cinéma, portrait de temps difficiles et mélancolie. Surtout, devait suivre ensuite une extraordinaire série de films : Hannah et ses soeurs (son deuxième plus beau film), Radio Days, September, Une autre femme et Crimes et Délits (son plus beau film).
    Strum

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  2. Et si tu aimes les allez-retours entre personnages de fiction et réalité, il y aussi Harry dans tous ses états, autre très bon Woody, sous forte influence celui-là de Fellini et Bergman.
    Strum

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  3. @Strum 1:

    Oui, j'ai été très légèrement déçu, ce qui arrive parfois quand on a beaucoup d'attente, mais aussi peut-être parce que c'était mon troisième programme du jour, et parce que je suis devenu très exigeant avec l'ami Woody.

    Des autres films que tu cites (merci !), je n'ai vu que "Radio days", auquel je n'ai que modérément accroché, mais dont j'apprécie l'inspiration première. Je verrai sûrement les autres, à commencer par celui qui est en ma possession: "Hannah et ses soeurs".

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  4. @Strum 2:

    Je note aussi la référence "Harry dans tous ses états". Merci beaucoup ! De toute manière, tout Woody m'intéresse et j'en ai encore quelques-uns sous le coude.

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  5. Un très joli film, mais ce n'est pas mon Woody préféré.

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  6. Le mien non plus, mais il est quand même très réussi, je trouve.
    Si tu repasses ici, dis-nous auquel va ta préférence, Chonchon.

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  7. Je l'ai vu il y a longtemps et j'en garde un très bon souvenir même s'il faudrait que je le revoie. J'avais trouvé le film frais, original et touchant :)

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  8. Frais, original et touchant... je suis assez d'accord avec tous ces qualificatifs. Merci d'être passée, Tina.

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  9. Superbe et émouvant, c'est un film à destination de tous les amoureux du cinéma. Et grâce aux rires qu'il déclenche, c'est même un film à portée quasi-universelle. Merci pour le lien :-)

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  10. Ah mais c'est MON préféré aussi celui-là !
    Le rêve ultime du cinéphile, qu'un personnage s'adresse à moi, descende dans la salle. Oh j'espère que je l'ai en DVD, tu m'as donné envie.

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  11. @Princécranoir:

    Ah oui, je ne sais pas si le film est universaliste, mais il me paraît très clair qu'en restant fidèle à bon nombre de ses thèmes les plus classiques, Tonton Woody adresse par ce film ses salutations distinguées au peuple cinéphile. Ce qui rend le personnage joué par Mia Farrow très attachant.

    Y'a pas d'quoi pour le lien !

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  12. @Pascale:

    Ouaip, je suis assez d'accord avec toi, même si je prendrai aussi un malin plaisir à jouer les finauds en ajoutant que certains personnages, j'aime autant qu'ils restent bien sagement sur leur écran. Non mais !

    J'ajoute que j'espère aussi que tu pourras revoir le film en DVD ! Et nous en reparler chez toi...

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  13. Oui je n'aimerais pas me retrouver nez à nez avec Jason Statham :-) (pour ne citer que lui... quant à vivre une petite aventure, j'aimerais mieux... tu connais la liste...)

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  14. Logique pour Jason. Pour le reste, oui, je vois un peu... la liste est longue et, semble-t-il, s'étend encore régulièrement.

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