mardi 19 mars 2013

Fragment d'Afrique

Je veux découvrir le cinéma africain. Exprimé ainsi, mon désir paraît démesuré, comme s'il était possible, à partir de quelques films seulement, de capter l'âme d'un continent aux mille et une facettes. Disons que je souhaite m'ouvrir à ces cultures. Pour commencer, il y a maintenant quelques semaines, j'ai regardé Un homme qui crie, film venu du Tchad et lauréat du Prix du jury au Festival de Cannes 2010.

Le scénario nous conduit dans un pays en guerre. Un conflit qui reste largement hors-champ, le film s'intéressant à deux personnages, Adam, gardien de piscine dans un hôtel de luxe, et son fils Abdel. Pour une simple question d'âge, le plus jeune menace la position sociale du plus âgé, ce qui rend la communication entre eux difficile. En apparence, Un homme qui crie porte mal son titre -  un vers d'Aimé Césaire. C’est une œuvre traversée de longs silences. L'expression même des non-dits. Si vous espériez un long-métrage bavard et explicatif, vous pourriez être dérouté par son rythme. Caméra fixe et absence de dialogues: c'est pesant, mais assumé comme tel. Un style, peut-être - j'attendrai d'avoir vu d'autres films du réalisateur pour en juger avec peut-être un peu plus de pertinence.

J'ignore tout de Youssouf Djaoro et Diouc Koma, les acteurs principaux de ce drame. Le second, qui interprète Abdel, a aussi joué dans plusieurs films français. Certaines de ses fibres relient objectivement Un homme qui crie à l'Europe: il est de production franco-belge et, comme je l’ai dit, il a été consacré sur la Croisette. D'autres prix sont venus sillonner son parcours, l'un lui étant décerné au nom du Vatican, lors de la Mostra de Venise. J'élude volontairement la question du mérite: malgré sa lenteur, le film m'a plu. Puisqu’il s'agit du premier film africain que je présente, j'espère désormais que ce ne sera pas le seul et que je ne vous ferai pas attendre cinq ans de plus pour en chroniquer un autre. Nous verrons.

Un homme qui crie
Film tchadien de Mahamat-Saleh Haroun (2010)
Pas facile de comparer ce long-métrage à un autre. J'apprécie toutefois de m'aventurer ainsi hors des sentiers cinématographiques battus. Si vous voulez m'imiter, je peux toujours vous conseiller d'aller sur ma page "Cinéma du monde". Et si ça vous paraît éloigné de vos repères artistiques, souvenez-vous que, cette année-là, le jury du Festival de Cannes était présidé par Tim Burton. Et qu'il avait offert une Palme d'or controversée à un film thaïlandais déjà évoqué ici: Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures.

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Un autre regard ?

Pascale ("Sur la route du cinéma") parle du film également.

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