Égaré entre Troie et Ithaque, je n'ai pas célébré le 90ème anniversaire de la naissance de Robert Redford - c'était le 18 août. J'aurais pu choisir de n'évoquer l'acteur que le 16 septembre, un an après sa disparition. Mais finalement, je crois bon de présenter Willie Boy dès aujourd'hui. J'en avais moi-même entendu parler l'an passé, à l'heure des hommages.
Notre ami Bob interprète un shérif, Chris Cooper, gardien de l'ordre officiel dans un coin de Californie doté - entre autres - d'une réserve indienne. Descendu d'un train, un jeune Païute vient juste d'y revenir dans l'espoir d'épouser une femme de sa tribu, dont il est amoureux. L'idée déplait fort à certains ! Une nuit, le couple encore "clandestin" subit l'assaut d'un petit groupe mené par le père de la belle, que Willie est soudain obligé de tuer pour sauver sa peau. Les pauvres tourtereaux entament alors une cavale forcée. Avec Cooper, lancé à leurs trousses...
Sachez-le: je ne vous ai parlé que des premiers instants d'un western d'apparence assez classique et toutefois surprenant à bien des égards. Face à l'intense Robert Blake, Robert Redford devient un anti-héros soumis à des injonctions contradictoires, comme on dit de nos jours. Parfois, Cooper donne l'impression d'effectuer la sale besogne d'hommes ouvertement racistes, qui préfèrent, eux, éviter de se salir les mains. Dans d'autres séquences, il apparaît plus dur, pris au piège de son ego. Willie Boy apparaît dès lors comme un film à rebours de la politique conservatrice (et suprémaciste !) que les Étatsuniens adoptent parfois. Ce n'est pas un film pamphlétaire, mais c'est un film qui fait réfléchir. On retiendra qu'avant de le réaliser, le scénariste-metteur en scène était longtemps resté sur la liste noire des studios, inspirée des travaux du si sympathique sénateur Joseph McCarthy. J'en reparlerai, promis. D'ici là, j'espère que vous pourrez voir ce film, rare... et donc précieux !
Willie Boy (Tell them Willie Boy is here)
Film américain d'Abraham Polonsky / 1969
Il m'amuse plutôt de constater que le titre original est plus revendicatif que celui (raccourci et neutre ?) retenu pour l'exploitation dans les pays francophones. Le film, de fait, nous parle de la difficulté de s'affirmer comme porteur d'une identité propre et très respectable. Vaste débat ! Les peuples amérindiens d'aujourd'hui vous intéressent ? Un film récent comme Les chansons que mes frères m'ont apprises mérite d'être vu...
----------
Un mot sur le principal personnage féminin...
Cette Lola est incarnée par Katharine Ross, 29 ans, avec qui Redford jouait déjà dans Butch Cassidy et le Kid juste quelques mois plus tôt. Cette fois, ils n'ont pour ainsi dire aucune vraie scène commune. D'abord connue à la télé, l'actrice a fait une carrière cinéma honorable. En 1967, elle jouait Elaine - la fille de Mrs. Robinson ! - dans Le lauréat.
Et, pour finir, de petits liens vers des blogs-amis...
Dasola et Princécranoir ont mentionné le film dans un texte-hommage dédié à Redford. Je crois avoir compris qu'ils l'ont également apprécié. J'espère bien qu'ils passeront par ici pour nous en dire un peu plus long !
Notre ami Bob interprète un shérif, Chris Cooper, gardien de l'ordre officiel dans un coin de Californie doté - entre autres - d'une réserve indienne. Descendu d'un train, un jeune Païute vient juste d'y revenir dans l'espoir d'épouser une femme de sa tribu, dont il est amoureux. L'idée déplait fort à certains ! Une nuit, le couple encore "clandestin" subit l'assaut d'un petit groupe mené par le père de la belle, que Willie est soudain obligé de tuer pour sauver sa peau. Les pauvres tourtereaux entament alors une cavale forcée. Avec Cooper, lancé à leurs trousses...
Sachez-le: je ne vous ai parlé que des premiers instants d'un western d'apparence assez classique et toutefois surprenant à bien des égards. Face à l'intense Robert Blake, Robert Redford devient un anti-héros soumis à des injonctions contradictoires, comme on dit de nos jours. Parfois, Cooper donne l'impression d'effectuer la sale besogne d'hommes ouvertement racistes, qui préfèrent, eux, éviter de se salir les mains. Dans d'autres séquences, il apparaît plus dur, pris au piège de son ego. Willie Boy apparaît dès lors comme un film à rebours de la politique conservatrice (et suprémaciste !) que les Étatsuniens adoptent parfois. Ce n'est pas un film pamphlétaire, mais c'est un film qui fait réfléchir. On retiendra qu'avant de le réaliser, le scénariste-metteur en scène était longtemps resté sur la liste noire des studios, inspirée des travaux du si sympathique sénateur Joseph McCarthy. J'en reparlerai, promis. D'ici là, j'espère que vous pourrez voir ce film, rare... et donc précieux !
Willie Boy (Tell them Willie Boy is here)
Film américain d'Abraham Polonsky / 1969
Il m'amuse plutôt de constater que le titre original est plus revendicatif que celui (raccourci et neutre ?) retenu pour l'exploitation dans les pays francophones. Le film, de fait, nous parle de la difficulté de s'affirmer comme porteur d'une identité propre et très respectable. Vaste débat ! Les peuples amérindiens d'aujourd'hui vous intéressent ? Un film récent comme Les chansons que mes frères m'ont apprises mérite d'être vu...
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Un mot sur le principal personnage féminin...
Cette Lola est incarnée par Katharine Ross, 29 ans, avec qui Redford jouait déjà dans Butch Cassidy et le Kid juste quelques mois plus tôt. Cette fois, ils n'ont pour ainsi dire aucune vraie scène commune. D'abord connue à la télé, l'actrice a fait une carrière cinéma honorable. En 1967, elle jouait Elaine - la fille de Mrs. Robinson ! - dans Le lauréat.
Et, pour finir, de petits liens vers des blogs-amis...
Dasola et Princécranoir ont mentionné le film dans un texte-hommage dédié à Redford. Je crois avoir compris qu'ils l'ont également apprécié. J'espère bien qu'ils passeront par ici pour nous en dire un peu plus long !

Je ne crois pas connaître ce film. Et c'est marrant Bob qui interprète un personnage du nom de Chris Cooper qui est acteur.
RépondreSupprimerSinon, Robert Redford n'a pas disparu : il est mort ! Pardon cela fait encore grincheuse mais je n'aime pas cette... métaphore ?
Peut-être que le film te plairait. Si tu as l'occasion de le découvrir, je serais curieux de ton avis.
SupprimerDisparu, décédé, trépassé ou mort : Bob n'est "plus des nôtres", en tout cas, mais il reste ses films !